novembre 2, 2026

Ciné Jonction : films québécois, documentaires et répertoire sur grand écran à Gatineau

Un texte de José Lafleur 

Depuis 2019, Ciné Jonction propose divers visionnements, dans une formule conviviale, où courts métrages, documentaires, fictions, films d’animation, nouveaux films ou films plus anciens sont projetés sur grand écran. 

C’est que jadis, plusieurs films québécois et de répertoire ne se rendaient pas forcément à Gatineau. Ou rarement. « Encore aujourd’hui, certains films ont très peu ou pas de vitrine ici. Ils sont parfois présentés qu’un seul jour », se désole Isabelle. « On vient donc leur donner une première ou deuxième chance de rejoindre et de rencontrer les cinéphiles de l’Outaouais ». Elle, c’est Isabelle. Isabelle Myre Lacasse, la coordonnatrice et programmatrice de Ciné Jonction. 

Et la plupart du temps, les visionnements sont suivis d’un espace de discussion. « Créer un film, c’est une chose, rencontrer le public, c’est une tout autre expérience », mentionne-t-elle. « Et les créateurs sont vraiment contents de venir nous rencontrer et d’échanger avec nous, à Gatineau. Ce sont toujours de belles rencontres ». 

André-Line Beauparlant, cinéaste et directrice artistique en compagnie d’Isabelle Myre Lacasse, coordonnatrice et programmatrice de Ciné Jonction lors du panel de discussions qui a suivi la projection du film « Mon amour, c’est pour le restant de mes jours ». Crédit : Kathleen Allen, Orcean. 

Isabelle Myre Lacasse : de la scène au cinéma avec Ciné Jonction

Et Isabelle profite pleinement de ces belles rencontres, elle qui est membre de l’Union des artistes et œuvre dans le milieu comme comédienne au théâtre et au petit écran depuis plusieurs années. 

Sa rencontre avec les arts de la scène remonte à son secondaire, alors qu’elle participe à un stage d’une semaine au programme de théâtre de l’Université d’Ottawa. « Ce n’était même pas mon premier choix », dit-elle en riant. « Et c’est là, pour la première fois, que j’ai pu explorer le jeu, vêtue de superbes costumes. La semaine s’est terminée avec une représentation devant public. Mon père y était! C’est fou quand j’y repense, parce que tout part de là, en réalité ». 

À la suite de ses études secondaires, Isabelle commence par compléter une technique en documentation au Cégep de l’Outaouais, « question d’avoir une sécurité ». Elle décide ensuite de suivre pleinement sa passion et obtient, en 2001, son baccalauréat en théâtre de l’Université d’Ottawa.  

Sa carrière débute par une tournée de théâtre jeunesse, au Québec et en Ontario, qui lui permet de se professionnaliser. Cette expérience vient aussi lui donner l’élan pour la suite de sa carrière. « Après la tournée, j’ai suivi beaucoup d’ateliers de jeu et d’écriture à Montréal. En explorant diverses approches et techniques, je me suis rendu compte que c’est le jeu devant la caméra qui m’interpellait davantage, qui me correspondait le mieux. Ça me permettait de sortir de moi-même. C’est d’ailleurs comme ça que j’ai eu la piqûre pour le cinéma et la télévision ». 

Coordonnatrice et programmatrice de Ciné Jonction : le rôle d’Isabelle Myre Lacasse

Et de fil en aiguille, cette passion pour la culture et le septième art la mène vers Ciné Jonction. Et cette amour du cinéma, Isabelle la met généreusement à profit, car elle a des antennes pour dénicher les petites perles qui auraient pu échapper aux cinéphiles d’ici. 

Tout comme le jeu devant la caméra, son rôle de coordonnatrice et programmatrice lui permet de se surpasser. « À la base, je suis une personne intravertie et timide », confie Isabelle. « Les divers chapeaux que je porte à Ciné Jonction demeurent des défis pour moi, car je dois parfois sortir de mes zones de confort ». En effet, elle est souvent appelée à coanimer des panels de discussion, à faire du démarchage et à développer des partenariats avec de grandes organisations, comme l’Office national du film ou encore, le Festival International du Film sur l’Art. 

Sans surprise, quand on lui demande quel est son film préféré, elle répond, du tac au tac, « il y en a plusieurs! ». Évidemment, elle en a tant visionnés. Cependant, elle ajoute rapidement, « C.R.A.Z.Y., c’est un classique, je sais. J’ai aussi un énorme coup de cœur pour Camion de Rafaël Ouellet. Un film très marquant qui porte sur les relations fraternelles, les non-dits, l’incommunicabilité entre les familles ». 

Visionnement du film « UZEB en fusion » et panel de discussions avec le réalisateur, Philippe Frenette-Roy. Crédit : Isabelle Myre Lacasse. 

Billetterie solidaire, Passeurs culturels et partenariats : un cinéma accessible à Gatineau

Pour cet organisme à but non lucratif, l’accès à la culture est important. Pour Isabelle aussi. « On ne veut pas de barrière financière. On s’est donc inspiré de la Maison des arts littéraires pour offrir, nous aussi, une billetterie solidaire. Les cinéphiles sont donc libres de choisir ce qui convient le mieux à leur budget ». 

Rendre accessible le cinéma aux plus jeunes fait également partie de leurs objectifs. En septembre, l’organisation s’est d’ailleurs jointe à l’impressionnant réseau des Passeurs culturels pour les étudiant·es en éducation de l’Université du Québec en Outaouais.  

Aussi, un cinéma qui se rapproche des quartiers et des gens. Grâce à des partenariats avec notamment la Ville de Gatineau, le Cégep de l’Outaouais, l’Université du Québec en Outaouais ou encore, le Salon du livre de l’Outaouais, Ciné Jonction arrive à tenir des visionnements un peu partout, à Gatineau et dans différents cadres. Il rejoint également la communauté en tissant des liens avec des organismes tels que Jeunesse Idem et Mères au front. 

Communauté étudiante en éducation de l’Université du Québec en Outaouais (UQO). Crédit : Université du Québec en Outaouais. 

Programmation novembre-décembre 2026 : les projections de Ciné Jonction à Gatineau

Nervures, Nina Roza, Vieille corneille et La méthode scandinave : les films à surveiller

  • Projection de Nervures en présence du cinéaste Raymond St-Jean, le 9 novembre, à la salle Jean-Despréz. 
  • Nina Roza, un film de Geneviève Dulude-De Celles, le 17 novembre, au studio-théâtre du campus Félix-Leclerc du Cégep de l’Outaouais. 
  • Vieille corneille, un docu-fiction musical consacré à l’icône québécoise Louise Forestier et signé Martin Villeneuve, le 23 novembre, à la salle Jean-Despréz. 
  • La meilleure façon, c’est par accident, un documentaire de Noémie D. Leclerc, une musique de Hubert Lenoir, le 23 novembre, à la salle Jean-Despréz. 
  • Projection de La méthode scandinave en présence de la réalisatrice Anik Salas, le 7 décembre, à la salle Jean-Despréz. Un panel de discussions suivra la projection. 

Envie de vous laisser tenter? 

Allez visionner les bandes-annonces disponibles sur le site Web de Ciné-Jonction. Mais attention, ce sera difficile de résister, car les films sont choisis avec soin. Pour vous. Pour nous. Bon cinéma! 

Lancement des saisons respectives de la Maison des arts littéraires et de Ciné Jonction avec, entre autres, la projection du film « Les Furies » à la Place Laval. Crédit : Isabelle Myre Lacasse. 

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