juillet 7, 2026

Festival de la fibre Twist 2026 : arts textiles, marché de laine et ateliers à Saint-André-Avellin

Un texte de José Lafleur 

Rares sont les personnes qui, sur leur curriculum vitae, peuvent affirmer avoir occupé, tour à tour, les métiers de productrice de télévision et d’éleveuse de chèvres. Très rares en fait. Pourtant, c’est le cas d’Amélie Blanchard qui est aussi fondatrice de son « festival de rêve », le Festival de la fibre Twist qui aura lieu du 7 au 9 août, à Saint-André-Avellin

Cette 14e édition réunira encore une fois, près de 8 000 personnes dans la Petite-Nation. Des gens tous passionnés par les métiers de tradition, les fibres naturelles, les animaux et le savoir-faire.  

Au menu : un marché textile et des fournitures spécialisées, des ateliers interactifs, des démonstrations et des activités pour les enfants.  

Marché textile. Crédit : Laure Poiret. 

Amélie Blanchard : la fondatrice derrière le Festival de la fibre Twist

« Je suis en train de tremper de la laine, je fais de la teinture aujourd’hui », lance tout bonnement Amélie, au bout du fil. « Je vais aller m’asseoir pour me concentrer ». Et c’est ainsi qu’elle se raconte (ou raconte son fabuleux destin, c’est selon). 

Amélie Blanchard, fondatrice du Festival de la fibre Twist. Crédit : Amélie Blanchard. 

Franco-ontarienne native d’Ottawa, Amélie est habitée par l’univers télévisuel. C’est ce qui l’amène à réaliser un baccalauréat en télévision à l’Université du Québec à Montréal, l’UQAM. Pendant une douzaine d’années, elle produit des documentaires et des séries pour le Web. Certaines coproductions l’amènent notamment en France et en Italie. « J’ai beaucoup voyagé », se rappelle-t-elle. 

En marge de cette carrière florissante, elle et son conjoint caressent le rêve de fonder un projet commun. En 2008, ils trouvent une ferme dans le patelin de Saint-André-Avellin et achètent deux petites chèvres. « C’était mon trip country pour la fille de ville que je suis », dit Amélie en rigolant. Et ainsi, pendant quelques années, se chevauchent ses deux métiers de productrice télé et d’éleveuse de chèvres. « Gérer des équipes à distance, ce n’était pas évident », admet Amélie. En 2012, elle décide alors de se lancer à temps complet, de plonger et de s’assumer pleinement comme entrepreneure. 

De la ferme de chèvres cachemire à un festival de laine au Québec

« J’avais plein d’idées! », s’exclame la curieuse, passionnée et déterminée Amélie, « mais je devais d’abord apprendre les rouages du métier d’entrepreneure ». Elle participe donc à un incubateur agricole avec le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, la MAPAQ. Elle complète un diplôme d’études collégiales en lancement d’entreprise agricole. Et, au travers de tout ça, elle démarre son projet de ferme, La chèvre d’œuvre. Ce qui a débuté comme un projet d’élevage d’animaux reproducteurs et pour la viande, est aujourd’hui devenu une ferme de chèvres cachemire. « Quand j’ai découvert ces chèvres-là, il y a quelque chose qui a titillé en moi. Je suis tombée dans la marmite ». Sa ferme compte aujourd’hui, une cinquantaine de ces attachantes chèvres cachemire. 

Lors d’une formation au Olds College of Agriculture & Technology, en Alberta, elle tombe sur un festival, où plein de jeunes travaillent avec des rouets et tripent sur la fibre. « C’est à ce moment-là que je me suis dit qu’un festival de laine ça n’existait pas vraiment au Québec. J’avais envie d’une formule inspirante, moderne, je voulais dépoussiérer les arts textiles ». Et c’est ainsi qu’elle commence à visualiser son « festival de rêve ». 

Atelier de teinture de laine. Crédit : Laure Poiret. 

Pour bien le préparer et le tisser ce festival de rêve, elle se joint au Cercle des fileuses de Ripon et, tour à tour, elle apprend à travailler avec un rouet, à filer, à préparer et à teindre la laine. À tondre les moutons aussi. « J’ai également participé à un camp de filage dans le Vermont donné par une artiste californienne », mentionne-t-elle. 

« Mes aptitudes en gestion, trouver des fonds, travailler avec les artistes, ça fait partie de mon background ». Ses connaissances en marketing, en branding et en communication ainsi que son carnet de contacts bien garni lui ont aussi bien servi. 

Métier à tisser. Crédit : Laure Poiret. 

Programmation 2026 : que voir et faire au Festival de la fibre Twist ?

 Amélie et sa petite équipe nous donnent donc rendez-vous au Complexe Whissell, au cœur de la municipalité de Saint-André-Avellin. Et on ne sera pas les seul·es. Selon la fondatrice, le côté festif et interactif du festival en attire plusieurs. « Les festivaliers viennent d’un peu partout, mais surtout du Québec, de l’Ontario et des maritimes. Il y a aussi quelques Américains », confirme Amélie.  

Marché textile : plus de 130 artisans et créateurs textiles

À lui seul, le marché textile réunit plus de 130 artistes et artisan·es textiles. De la broderie au tissage en passant par le tricot et le filage, les festivalier·ères peuvent y dénicher une gamme de fournitures spécialisées. Aussi, des œuvres uniques. 

Ateliers de tricot, filage, teinture naturelle et crochet

« Pour les ateliers, c’est simple. Tu t’inscris et tu viens faire quelque chose avec tes mains », lance Amélie. Et des ateliers interactifs et des démonstrations, il y en a pour tous les goûts (crochet, vannerie, impression textile, teinture naturelle, etc.). « On a même Marjolein Dallinga, une costumière renommée du Cirque du Soleil qui donne l’un des ateliers de feutrage », dit-elle fièrement. 

Activités pour enfants et démonstrations de chiens de berger

En nouveauté cette année, un chapiteau animé de bord en bord toute la fin de semaine, avec des activités pour les enfants comme la corde à danser en laine et des ateliers de feutrage et coloriage. Les démonstrations de chiens de berger sont aussi toujours très populaires. 

Démonstration de chiens de berger. Crédit : Laure Poiret. 

Musique et gastronomie locale

Et pour compléter le tout, des performances musicales offertes en partenariat avec le Festival de musique Ripon Trad et une foire alimentaire regroupant des producteurs et restaurateurs de chez nous. 

Comme vous êtes à même de le constater, nombreuses sont les raisons de mettre le cap vers la Petite-Nation et d’aller découvrir ou redécouvrir ce Festival unique en son genre et surtout, ses artisan·es, dont Amélie. 

Pour la programmation complète et s’inscrire aux ateliers, visitez le site Web du Festival de la fibre Twist

*** 

Pssst : si vous ratez le Festival, que vous êtes passionné par les arts textiles et à la recherche de fournitures spécialisées, arrêtez-vous chez Wööl emporium de laine, à Montebello. C’est le magasin qu’Amélie a ouvert en pleine pandémie!

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