Gens qui bouquinent au Salon du livre de l’Outaouais
février 3, 2026

Quand générosité et littérature ne font qu’un.

Un texte de José Lafleur

Elle s’appelle Cora. Elle a cette joie de vivre qui est contagieuse. Elle est curieuse, généreuse et ouverte. Prête à tout essayer. Ça s’entend tout de suite. Son accent français aussi. Et elle bénévole au Salon du livre de l’Outaouais.

Au bout du fil, elle se raconte. Passionnée par l’archéologie, elle est allée faire ses études en Grèce, un sol riche en fouille. Outre son intérêt marqué pour l’histoire, elle a dû se rendre à l’évidence que ce n’était pas un métier qui lui permettrait de s’épanouir pleinement. « Avec mes p’tits bouts d’os, c’était pas mal solitaire comme boulot », mentionne-t-elle en rigolant. En grand besoin de contact et d’interaction avec autrui, elle s’est donc tournée vers l’éducation. Après la complétion de son diplôme comme enseignante-documentaliste, c’est en Espagne qu’elle a élu domicile, avec son amoureux, pour débuter son nouveau chapitre de carrière. Son premier fils, Simon, y est d’ailleurs né. Toujours en quête d’aventures et d’expériences, au bout de quatre ans, elle dépose deux dossiers de candidature pour obtenir un autre mandat à l’étranger, soit à Athènes, en Grèce ou à Ottawa, au Canada.

Vous l’aurez deviné, c’est le Canada qui l’emporte et en 2011, Cora et sa petite famille s’installent dans la région de la capitale nationale. « Je suis tombée amoureuse tout de suite. C’était comme une évidence. J’adore ce pays, les gens qui l’habitent! Son histoire est jeune et vivante, elle est en train de se construire. Ça ne ressemble à rien de ce que je connaissais [médiéval ou classique]. C’est très stimulant intellectuellement ».

Durant l’hiver qui suit son arrivée au Canada, elle fait la découverte du Salon du livre de l’Outaouais (SLO), avec Simon, encore haut comme trois pommes. « Ça a été très fort, très intéressant comme premier contact avec la littérature canadienne. Hyper accueillant », confie-t-elle. « Je me rappelle encore le kiosque d’Amnistie internationale, où l’on nous avait invités à réaliser des dessins pour les prisonniers dans le monde ». Ces échanges, ces découvertes, cette ouverture vers autrui ont résonné chez Cora. Ces rendez-vous annuels ont également marqué l’imaginaire du jeune Simon qui, de retour à la maison, à l’aide de ses albums jeunesse et de ses peluches devenues auteur·trices, a recréé un mini Salon du livre dans sa chambre. « C’était trop chou! ».

Salon du livre de l’Outaouais recréé par Simon – Crédit : Cora & Simon

Depuis, son rapport avec le SLO n’a fait que grandir. En tant qu’enseignante-documentaliste, elle s’est toujours donné le défi de dénicher des bouquins pour chacun des jeunes, car « suivre leur parcours littéraire est vraiment stimulant ». Tous les ans, elle amène ses classes « vivre » le Salon et inscris même quelques-unes d’entre elles au concours Lance ton balado! Deux de leurs projets se sont d’ailleurs illustrés par le passé. Elle coordonne également annuellement le passage de la Tournée jeunesse Desjardins dans son école et met sur pied de petits groupes pour favoriser les échanges entre les jeunes et les auteur·trices.

Et depuis l’édition 2024, elle s’est jointe à l’équipe des quelque 220 bénévoles du Salon du livre de l’Outaouais. Elle est de ces personnes dévouées qui donnent généreusement de leur temps en épaulant l’équipe du Salon, l’instant de quelques jours. Leur contribution est incommensurable au succès de l’événement. « Ici, on m’accompagne pour m’aider à faire des choses pour les autres. C’est ça, le Canada. On est capable de développer cette part de nous. C’est un cadeau que l’on nous fait ».

De l’équipe verte qui trie les matières résiduelles, aux bénévoles responsables des différents accueils, du transport, des renseignements ou encore, de la billetterie, les tâches sont nombreuses et variées. Cette année, Cora sera accompagnée de sa collègue Béatrice. Toutes deux seront de l’équipe dédiée à l’accueil des auteur·trices. « Ce poste est toujours un beau prétexte pour faire le tour des kiosques et aller nous présenter. On va vers des gens vers qui on n’aurait pas forcément été. Et on est souvent agréablement surprises ».

Bénévoles de l’Équipe des visites scolaires – Crédit : Salon du livre de l’Outaouais
Bénévoles responsables de l’accréditation – Crédit : Salon du livre de l’Outaouais

C’est donc toute une équipe qui nous donne rendez-vous, du 19 au 22 février prochains, au mythique Palais des congrès de Gatineau, sous la thématique Entre nos mains. « Ça me parle beaucoup comme thème, car tu peux y ajouter ce que tu veux. C’est très inclusif. Pour moi, comme prof, quand je pense à mes jeunes élèves, c’est l’avenir entre nos mains qui me vient tout de suite en tête ».

Le Salon du livre de l’Outaouais est, sans contredit, la grande messe des épicurien.nes littéraires. C’est un rendez-vous empreint de rencontres, d’échanges et de découvertes. Avouons-le, il fait bon de bouquiner au Salon. Les auteur·trices viennent de partout, en commençant par chez nous. En effet, 53 plumes d’ici seront de l’événement, dont 10 d’entre elles en seront à leur tout premier Salon. Certains de ces talents régionaux seront en dédicaces, d’autres également de la programmation. Pour en nommer que quelques-uns, LouNat qui « flirt » avec le slam de poésie et France Légaré qui signe une biographie hommage à son grand-père.

Bénévole qui accueille une famille à la billetterie – Crédit : Salon du livre de l’Outaouais

Aussi à surveiller, la programmation hors-les-murs qui propose des activités satellites qui tournent autour du livre. En collaboration avec Ciné-Jonction, notons la projection du film Mille secrets mille dangers d’un gars originaire de l’Outaouais, Philippe Falardeau, au Musée canadien de l’histoire. Et des occasions pour sortir des sentiers battus, il y en a tout plein! Il s’agit juste d’être curieux·euses. C’est justement ça le Salon, laisser sa curiosité l’emporter. Et aller à la rencontre de l’autre.

Pssst! Si vous avez en main une carte Multi de la Société de transport de l’Outaouais, obtenez un « 2 pour 1 » sur le droit d’entrée quotidien au Salon. Et pour les personnes qui ont un bracelet-passeport 4 jours du SLO, le transport en commun est inclus. Aussi, n’oubliez pas que les enfants de 12 ans et moins voyagent gratuitement, en tout temps, avec une personne qui paie son passage. Pour planifier votre déplacement jusqu’au Palais des congrès de Gatineau, utilisez le Plani-bus au www.sto.ca
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