août 4, 2025

L’art s’expose en grand dans les rues de Gatineau

Jusqu’au 3 octobre, le Sentier culturel invite à redécouvrir Gatineau à travers une trentaine d’œuvres disséminées dans l’espace public.

Des artistes de l’Outaouais investissent l’espace public. Chacun·e son histoire, chacun·e sa touche. Mais tous·tes participent à faire de la ville une véritable galerie d’art à ciel ouvert. Dans ce décor, le public redécouvre sa ville au fil des œuvres, et s’approprie tout un territoire insoupçonné.

C’est d’ailleurs l’objectif de l’initiative Sentier culturel qu’accueille la ville de Gatineau jusqu’au 3 octobre. 24 installations et 16 fresques hautes en couleur sont à découvrir. Parmi les artistes de la partie, Alex Davro participe pour la deuxième fois à cet événement.

Alex Davro présentant sa fresque intitulée Rez-de-jardin. Crédit Photo : Gracieuseté

Après une installation utilisant la réalité augmentée (édition 2024), elle revient au sentier avec une fresque intitulée Rez-de-jardin. Située dans le Vieux-Hull, exactement au 135 rue Eddy, la murale vise « à enjoliver le quartier et à apporter de la couleur au quotidien des gens » , explique l’artiste.

Après avoir présenté une première phase de sa fresque, elle ajoute cet été une deuxième phase sur le même bâtiment qui couvrira le deuxième étage et un mur du stationnement. Pour ce faire, Alex, qui a troqué depuis 2022 sa carrière dans la coopération internationale pour les pinceaux, s’est initiée cette année aux techniques de la peinture en nacelle.

Loin du sentier, une autre réalisation illustre l’engagement de l’artiste au sein de la communauté. Sollicitée par la Ligue des voisins du Manoir des Trembles pour créer une illustration de chandail, elle a rapidement élargi le projet à une murale au centre communautaire des Trembles.

« Le slogan, c’était Ici, on est aux petits oiseaux ! parce que les rues du quartier portent des noms d’oiseaux », sourit-elle.

Une déambulation artistique plurielle

Au fil du Sentier culturel, d’autres artistes transforment les rues de Gatineau en terrain d’expression. Jean-François Lacombe signe Gatineau Bizarro, une sculpture qui présente une version de la figure d’Aphrodite, « mais actualisée avec un hoodie et un écran CRT en lieu de tête ». « L’œuvre convie à voir les nuances de la ville : les terrains vagues et espaces interstices, les constructions vernaculaires et populaires qui racontent un pan de notre relation au territoire », explique Jean-François Lacombe qui propose un regard poétique sur ce qui échappe à la planification urbaine. Une ode aux marges, où la nature reprend ses droits et où l’imaginaire s’épanouit.

Dans un tout autre registre, M. Chadid attire les regards avec deux œuvres singulières. L’Ours et la clarté, installée devant le musée canadien de l’histoire, cette sculpture monumentale de métal aux arêtes géométriques s’illumine au passage du soleil grâce à ses insertions de plexiglas coloré. Bleu azur, vert émeraude, rose nacré… autant de nuances translucides qui projettent au sol des reflets mouvants. L’œuvre invite à la contemplation, fusionnant force brute et délicatesse lumineuse.

Sa deuxième installation, Havre de paix, imagine un monde où proies et prédateurs se retrouvent autour d’une source d’eau, dans une cohabitation pacifique. Une métaphore douce sur la tolérance et le vivre-ensemble.

Une mémoire déplacée au cœur du Vieux-Hull

Témoignage d’un projet de colonisation interrompu, l’installation Vieille école, signée Lieven Meyer représente une ancienne école de rang, originaire d’Abitibi, qui a été relocalisée et réinterprétée dans le parc Vaudreuil. Déformée, renversée, tournée vers l’extérieur, elle évoque l’histoire rurale effacée, le déplacement, mais aussi la mutation des récits collectifs.

Pour découvrir ces créations et plus d’une trentaine d’autres qui revendiquent un espace à l’art dans la ville, des visites guidées gratuites sont proposées tous les samedis, du 1er juin au 7 septembre.

Le départ se fait à 10 h devant la Maison du tourisme (101, rue Laurier), pour une balade d’environ une heure et demie, qui se conclut dans la ruelle Aubry — un lieu parfait pour casser la croûte et poursuivre la discussion.

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