avril 9, 2026

Festival Transistor : 10 ans de passion pour la baladodiffusion en Outaouais 

Un texte de José Lafleur 

Prenant d’assaut quelques-unes des bonnes adresses du Vieux-Aylmer, à Gatineau, le Festival Transistor est l’instigateur, depuis déjà 10 ans, de rencontres inédites entre créateur·trices et mordus de baladodiffusions en tous genres. Au menu : tables rondes de discussion, séances d’écoute collective ou immersive, mises en récit avec prestation et même, un gala de lutte. Parce que oui, la lutte a su développer son créneau au sein des podcasts. Bref, tous y trouvent leur compte. En commençant par le duo fondateur, Steven Boivin et Julien Morissette

C’est que ces gars-là aiment se faire raconter des histoires. Depuis qu’ils sont tout-petits. Ou en raconter, c’est selon. 

« Créer, formuler et partager des récits en puisant dans le conte, c’est l’ADN qui dicte nos projets des 10 dernières années », mentionne fièrement Morissette. 

En jasant avec ces gars-là, on sent tout de suite leur complicité, la passion qui les anime, les unit. Et tout ça a commencé par la musique. Pour la courte histoire, Julien jouait au sein du groupe Tracteur Jack, alors que Steven faisait partie de Langue de chemise. « On se connaissait sans se connaître », se rappelle Boivin. « On s’est officiellement croisé quand Joanie Michaud a fait appel à nous comme musiciens. Pas longtemps après, Julien montait une « carte blanche » à l’espace René-Provost. Il m’a dit amène ta guitare, j’ai quelque chose pour toi ». 

L’amitié, l’amour des univers sonores et de l’Outaouais. 

Cette « carte blanche » fut la première mouture de « En direct de » avec David ThibodeauMartin VanasseJean-Denis ScottJulien Morissette et Steven Boivin. Un balado présenté devant auditoire par une gang de chums. Il n’en fallait pas plus pour déclencher quelque chose chez Julien et Steven. 

Les cofondateurs du Festival Transistor, Julien Morissette et Steven Boivin. Crédit : Etienne Ranger, LeDroit. 

Tous deux forts d’un background musical et de diffusion, ils ont décidé de jumeler leurs forces ainsi que leur passion pour la radio, un médium sonore qu’ils affectionnent particulièrement, les univers sonores et la mise en récit. La région de l’Outaouais aussi. Les gens, les rencontres et les échanges francs, tout autant.  

Sortir les créateurs des studios : l’ADN du festival 

« On voulait sortir les créateurs des studios, les présenter aux auditeurs. Les auteurs eux, ont cette chance avec les salons du livre. Ça existait ailleurs, mais pas ici. On voulait intégrer ça dans l’offre culturelle de Gatineau », dit Morissette. 

Festival Transistor 2019. Crédit : Lévy L. Marquis. 

« Au lieu d’aller à Montréal comme plusieurs, on avait le goût de créer chez nous, avec des talents de la région, et d’attirer d’autres artistes à venir travailler en Outaouais », confie Boivin. « La création a un pouvoir d’attraction, ça rassemble les gens. Il y a désormais un réseau d’artistes qui viennent créer et repartent ensuite. Ils rencontrent le public d’ici, découvrent nos réalités transfrontalières et linguistiques. Ça leur donne une autre perspective de la région ». 

Les cofondateurs racontent que plusieurs artistes ont eu la chance de se produire devant un auditoire, pour la première fois, à Gatineau. Et lors de leur retour au Festival Transistor, quelques années plus tard, les gens de la région sont fiers d’avoir été témoins de leurs tout débuts, de voir et d’entendre aujourd’hui, où ils sont rendus dans leur cheminement. 

Le secret d’un bon balado selon les fondateurs 

Selon les gars, ça prend des histoires qui se racontent bien. Peu importe le sujet (humour, littérature, musique, sports, etc.). Et tout se passe dans la voix, le plus vieil outil de transmission qui, malgré les écrans et la technologie, continue de vivre. Encore aujourd’hui. 

Aussi, l’effet de proximité. « On doit arriver à tisser un lien avec l’auditeur. Si c’est un ratio un raconteur, un auditeur, c’est plus facile. Si c’est une discussion à plusieurs, l’auditeur doit sentir qu’on lui a réservé un siège autour de la table », révèle Morissette. « La voix, c’est un véhicule d’émotions, de franchise. Dans un balado, le seul sens qui est stimulé, c’est l’écoute. On doit donc arriver à évoquer des images, susciter l’imagination, à faire travailler notre public ». 

Et ça fonctionne, car les balados, les podcasts, les documentaires sonores ont gagné en popularité. De plus en plus de contenus sont présentés devant auditoires. « Les gens se déplacent, ils recherchent cet effet de proximité là, le contact. C’est une écoute complètement différente », mentionne Boivin. « On rit, on pleure, on boit, mais on le fait en gang. C’est ultra rassembleur ». 

La disparition de Coyote Comeau – Festival Transistor 2025. Crédit : Jonathan Lorange. 

En effet, les gens aiment vivre des moments uniques, spontanés. Faire « partie » de l’expérience culturelle. Les premières, les éléments d’exclusivité aussi. Et les contextes d’écoute varient, allant d’une formule 5@7 à une expérience plus captive, immersive.  

Une 10e édition anniversaire à ne pas manquer 

Les cofondateurs ramènent des éléments de production coups de cœur et des clins d’œil des dernières années. « Pour la première édition, on avait créé un happening dans le Vieux-Hull, où se trouve aujourd’hui, la Place Laval. C’était une soirée méchoui sous une grande tente. Sur scène, La soirée est encore jeune », se rappelle Morissette. « Pour la 10édition, Olivier Niquet sera de retour parmi nous, les gars du podcast Ça ou Ça aussi ». 

Première édition du Festival Transistor. Crédit : Sarah Scott. 

C’est simple. Dans le même festival, on peut assister à une table ronde avec des créateurs hyper niches et à un gala de lutte. On peut y rencontrer des artistes connus, d’autres avec des démarches uniques. « Et cet éventail-là, c’est très représentatif de ce qu’on est, ici en Outaouais ». Les cofondateurs sont fiers de ça. De cette accessibilité. De cette diversité qui fait, en quelque sorte, leur marque de commerce. 

Séance d’écoute, Enfermée : expérience immersive sonore sur le coma – Festival Transistor 2025. Crédit : Jonathan Lorange. 

Curieuses et curieux comme dirait Bégin, c’est un rendez-vous pour le 10e Festival Transistor qui se tiendra du 23 au 26 avril prochains. La programmation aura pignon sur rue dans différents lieux qui se prêtent à l’écoute et aux rencontres, dont le Cabaret La Basoche du Centre culturel du Vieux-Aylmer ainsi que la toute nouvelle bibliothèque Lucy-Faris et le Centre Aydelu

Les incontournables de la programmation 2026 

  • Les voix humaines, un balado qui porte sur la vie de la comédienne Monique Miller et qui sera lancé ce printemps (samedi 25 avril, au Cabaret La Basoche). 
  • Les ateliers Radio-Canada pour initier les 12 à 17 ans à la production de reportages et de bulletins de nouvelles (dimanche 26 avril, à la bibliothèque Lucy-Faris). 
  • Le facteur de l’espace, lancement de la 2e saison d’une adaptation audio de la bande dessinée écrite et illustrée par Guillaume Perreault. L’humoriste Charles Beauchesne qui prête sa voix à Bob et de nombreux personnages sera du Festival (samedi 25 avril, au Cabaret La Basoche). 
  • Et le fameux gala de lutte Mystery Wrestling (dimanche 26 avril, au Centre Aydelu).  

Pour ne rien rater, consultez la programmation complète du Festival Transistor

Impossible d’assister à l’événement? Pas de souci,  Transistor Média a un super catalogue de balados disponibles en ligne. Bonne écoute!  

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