novembre 10, 2025

Les Culturiades : quand la reconnaissance propulse les créateur·trices vers de nouveaux horizons

Vous aimez vibrer devant une pièce, vous laisser emporter par un roman ou vous perdre dans les textures d’une toile ? En tant qu’amateur·trice de culture, vous êtes bien plus qu’un public passif : vous jouez un rôle actif dans le parcours des artistes, en tant que témoin et parfois moteur. Chaque œuvre choisie, chaque billet acheté, chaque émotion partagée contribue à faire rayonner la création.

Certain·es artistes ont vu leur travail salué par leurs pairs aux Culturiades — un gala qui célèbre le talent artistique et culturel de l’Outaouais. Organisée par Culture Outaouais, cette soirée met en lumière les créateur·trices émergent·es, les professionnel·les et les organismes qui font vibrer la région.

Les Culturiades ne se limitent pas à remettre des prix : elles révèlent des trajectoires, des voix singulières, des démarches à découvrir. Chaque lauréat·e incarne une facette vivante de la création locale, et leur reconnaissance témoigne de l’effervescence artistique qui anime l’Outaouais. En explorant leur travail, vous prolongez ce geste de reconnaissance et contribuez, vous aussi, à faire vivre la culture.

Voici quelques lauréat·es dont le parcours illustre pleinement la portée de cette distinction.

Mathieu Lacombe, ministre de la Culture et des Communications et Julien Morissette
Source : Marie-Andrée Blais

Julien Morissette : Artiste de l’année 2024

Réalisateur, concepteur et musicien originaire de l’Outaouais, Julien Morissette se souvient de l’émotion ressentie lors de la remise de son prix.

« J’ai accueilli ce prix avec beaucoup de surprise et d’étonnement. Recevoir cette distinction en novembre dernier a été une belle reconnaissance de la part du milieu en Outaouais, explique-t-il.

« Dans un secteur culturel qui fait face à des défis de structure, de financement et de couverture médiatique, savoir que mon travail est reconnu par un jury de pairs et par la communauté donne de la crédibilité à ma démarche. » ajoute-t-il

Cette reconnaissance, insiste-t-il, agit comme une « tape dans le dos » et une source de motivation pour continuer à créer.

Morissette est aussi directeur artistique de Transistor Média, la boîte de production balado qu’il a cofondée et qui a reçu la Bourse de résidence de création 2023.

« Cette bourse nous a donné le luxe du temps et un lieu pour créer, à la maison Fairview. Nous avons pu travailler deux semaines sur un projet de création, sans viser un résultat concret immédiat. C’est précieux de pouvoir explorer, remettre en question, creuser des idées, sans être dans une logique stricte de productivité. Ces espaces manquent dans les démarches artistiques. »

S’il touche à la musique, à la réalisation et aux arts numériques, un fil conducteur traverse toute sa démarche : raconter des histoires avec les sons, la parole, la musique, mais avec un cachet bien local.

« Dans mes projets numériques, mes installations, mes créations sonores, je vois la pertinence d’écrire des récits qui se déroulent ici, dans lesquels les gens de la région peuvent se reconnaître, mais aussi qui permettent à d’autres, au Québec ou à l’étranger, de découvrir notre paysage et d’y associer des voix, des récits, des histoires », soutient Julien Morissette.

Nadine Deschamps, coordonnatrice régionale, direction de contenu éditorial et partenariats pour Télé-Québec et Lauranne Faubert
Source : Marie-Andrée Blais

Lauranne Faubert-Guay : Coup de cœur 2024

La danseuse et chorégraphe Lauranne Faubert-Guay a reçu le prix Coup de cœur 2024. Basée à Montpellier, en Outaouais, elle se dit profondément touchée par cette marque de reconnaissance pour son art et sa discipline.

« Ce prix m’a fait chaud au cœur. Il s’agit d’une belle et généreuse marque de reconnaissance de la part d’une institution essentielle dans le milieu culturel en Outaouais. »

Pour elle, cette distinction est aussi un tremplin. « Il est difficile de me prononcer sur les effets directs, mais je présume qu’il a donné plus de visibilité à mes dernières réalisations. Certainement, il favorisera le développement de ma carrière et facilitera mes démarches de rayonnement. »

Engagée dans le milieu de la danse contemporaine comme chercheure, chorégraphe et interprète, elle a fondé en 2020 le studio Devenir(s) corps, un lieu de résidence et de pratique des arts vivants dans la Petite-Nation. Sa mission : développer et démocratiser les arts vivants en milieu rural.

Galerie UQO
Source : Maude Poulin

Marie-Hélène Leblanc : la Galerie UQO consacrée

En 2019, la Galerie UQO a reçu le prix Organisme de l’année, une étape importante dans le parcours de cette galerie universitaire née en 2015. Pour sa directrice et commissaire, Marie-Hélène Leblanc, cette distinction venait souligner un travail collectif.

« En 2018-2019 seulement, trois projets majeurs ont été réalisés – Temporaire, Re : Travailler ensemble et La robe de chair au Musée national. Ces initiatives ont contribué à positionner la Galerie comme un espace incontournable de recherche, d’expérimentations et de diffusion. »

Ce prix a confirmé le rôle unique que peut jouer une galerie universitaire dans une région comme Gatineau-Ottawa, en incitant l’institution à multiplier les collaborations et à mieux s’intégrer à la communauté artistique.

Depuis sa création en 2015, la Galerie UQO s’impose comme un lieu de recherche et de diffusion en arts contemporains où convergent théorie, critique et engagement social par l’innovation artistique et commissariale.

Source : Culture Outaouais

Manon Larin-Picard : Radio-Hull, une idée née de la pandémie

En 2020, le Centre de production DAÏMÔN a été récompensé par le prix Organisme de l’année. Sa directrice générale, Manon Larin-Picard, se souvient du contexte particulier :

« Nous avons été récompensés pour la mise en place du projet Radio-Hull, né en pleine pandémie. Nous voulions offrir des occasions de création et de diffusion qui respectaient les normes sanitaires, tout en demeurant artistiquement pertinentes. »

Ce festival, diffusé sur les ondes FM et en ligne, est aujourd’hui devenu un rendez-vous annuel de 28 jours, 24 heures sur 24. Il continue de rassembler artistes et public, tout en confirmant la pertinence des arts médiatiques et numériques dans la région.

Par ailleurs, cette reconnaissance a renforcé notre rôle dans la communauté. Depuis 2020, le nombre des membres du Centre de production DAÏMÔN qui accueille et soutient divers artistes, est passé de 75 à plus de 200, preuve que les arts médiatiques et numériques sont désormais au cœur des pratiques artistiques de la région. 

Une reconnaissance qui dépasse le symbolique

Au fil des années, le gala Les Culturiades a prouvé qu’il allait bien au-delà de la remise de prix. Il encourage la création, favorise les collaborations et donnent un élan aux artistes comme aux organismes.

Comme le résume Manon Larin-Picard, ce qui est célébré, au-delà des projets eux-même, c’est l’engagement collectif des équipes et des communautés artistiques à maintenir un bouillonnement culturel, même dans les périodes les plus difficiles.

Et si votre prochaine sortie culturelle devenait un hommage à ces créateur·trices ? Explorez leurs univers, laissez-vous surprendre, et devenez, à votre manière, un vecteur de leur rayonnement.

Suivez les récipiendaires sur Tout culture pour ne rien manquer de leur programmation :

Transitor Média

Devenir(s) Corps

Galerie UQO

Centre de production Daïmôn

Aussi, pour découvrir les lauréat·es des six dernières années, rendez-vous sur le site de Culture Outaouais.

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