Me, Myself and I Mémoire(s) de maîtrise : l’ellipse et sa négation dans le récit de soi
Me, Myself and I
Un midi que je partais le plus loin possible de mon [deuxième] lycée, je mangeais avec un clochard. Il avait une de ces grosses boîtes en bois qui font de la musique quand on tourne une manivelle. Je crois qu’on appelle ça un orgue de Barbarie.
Je fume à côté de lui, il m’en demande une, on parle. Et il joue. Musique classique, des notes simples, le soleil du début du printemps qui tape. C’est bucolique, en dehors du temps. Les gens sourient. Et donnent. Ça plait aux enfants et aux parents, ça rend nostalgique d’une époque qu’on n’a pas connue.
Au fur et à mesure de la discussion, il m’avoue un secret, très fier de lui : y’a rien dans sa boîte. Il l’ouvre par l’arrière et me montre. Juste un lecteur de CD portable, sa manivelle tourne dans le vide. Il l’avait fabriquée avec des pièces trouvées à la décharge.
C’était rien que de la prestidigitation, du marketing.
[…]
Me, Myself and I présente les recherches d’Andy Eychenne, étudiant à la maîtrise en muséologie et pratiques des arts, explorant les différentes possibilités d’appropriation de l’ellipse en tant que procédé narratif dans le contexte du récit de soi. Comment l’ellipse se manifeste-t-elle lorsque l’on se raconte – à soi-même ou aux autres – et comment peut-on réussir à apprivoiser ce phénomène comme outil de narration pour se réapproprier son récit personnel?
Cette exposition propose plusieurs tentatives de traductions matérielles et conceptuelles du procédé elliptique, autrement dit, de ce qui se passe dans le blanc de la marge, dans l’entre-deux cases.
-Andy Eychenne
À propos de l’emplacement
Galerie UQO
101 rue Saint-Jean-Bosco
Gatineau J8Y 3G5