La performance et le poids des objets : décaisser et exposer
La performance et le poids des objets : décaisser et exposer
Pour la première fois depuis son acquisition par le Musée des beaux-arts du Canada en 2017, Raphaël de Groot présentera Le Poids des objets – Les Actes (2009-2016), une œuvre réunissant 1500 objets récoltés par l’artiste, dont toutes les étapes d’entreposage seront présentées au public. L’exposition performative d’une durée de six semaines rend visible le processus normalement inaccessible de la préservation des objets en contexte muséal, tout en poursuivant la réflexion de l’artiste sur le soin que l’on peut porter à la trace.
Raphaëlle de Groot développe une pratique socialement engagée au moyen de la performance, du dessin, de la sculpture et de l’installation. Sa démarche interdisciplinaire s’articule autour du processus créatif, du corps en action, de la récolte d’objets et récits, ainsi que la collaboration avec diverses communautés. Figure incontournable de la scène artistique québécoise et canadienne, Raphaëlle de Groot poursuit une réflexion approfondie sur la trace, l’accumulation, la mémoire, le soin, l’échange et la précarité. Elle a, en outre, exploré le potentiel révisionniste de plusieurs collections historiques et ses œuvres ont été acquises par de nombreux musées. Son importance institutionnelle et critique a également été consacrée par l’obtention du Prix artistique Sobey en 2012 et la présentation de son travail à l’international.
Cette exposition met en valeur Le Poids des objets – Les Actes (2009-2016), l’œuvre la plus ambitieuse de Raphaëlle de Groot à avoir été réalisée. Cette œuvre, dont est tiré le titre de l’exposition, rassemble environ 1 500 objets embarrassants dont les propriétaires ne parviennent pas à se défaire. Offerts à l’artiste dans le cadre de diverses interventions menées sur sept ans de part et d’autre du pays ainsi qu’à l’étranger, ces objets ont ensuite été emboîtés les uns dans les autres et réunis dans une caisse de transport où ils ont cohabité, jusqu’à leur acquisition par le Musée des beaux-arts du Canada. Cette œuvre ambitieuse est présentée pour la toute première fois depuis son acquisition à la Galerie UQO. C’est l’occasion pour la Galerie de rendre ces objets visibles à nouveau, et de compléter la documentation et le protocole de mise à vue de l’œuvre. Du 4 au 25 novembre, les objets sont ainsi tour à tour décaissés, observés, documentés, puis installés en salle devant public et ce, par l’artiste, le Musée, la Galerie et par une relève étudiante en musées d’art. À mi-étape, l’œuvre sera activée par la performance, et ce avec la contribution du public, à la suite de quoi les objets seront réencaissés, du 25 novembre au 12 décembre. L’exposition transforme ainsi les gestes de soin, de documentation et d’exposition en une performance s’inscrivant dans la durée, sur six semaines.
Le travail méthodique de documentation, qui est à compléter par le Musée pour chaque acquisition, est amplifié ici en raison des besoins singuliers d’une œuvre qui mobilise des ressources exceptionnelles. En plus d’effectuer un constat d’état, les équipes du Musée et de la Galerie documenteront le procédé et rédigeront un protocole de mise à vue en prévision des présentations ultérieures. Avec ce protocole, Raphaëlle de Groot souhaite déléguer au Musée une part des responsabilités, afin que son œuvre à configuration et expression variables puisse être montrée, performée et exister en son absence. Les expertises complémentaires d’un musée national, d’une galerie universitaire et d’une chaire de recherche ont été réunies à cet effet. Au moyen d’une collaboration sans précédent entre diverses instances artistiques de l’Outaouais, de nouvelles relations régionales constructives ont été mises en place, réunissant des expertises complémentaires en vue d’améliorer la préservation et la valorisation de l’art contemporain. L’innovation de ce projet réside dans trois aspects. Il tient d’abord à la délégation au Musée d’une part des responsabilités de l’artiste, avec laquelle sont explorées l’étendue et les limites d’une œuvre muséalisée qui est particulièrement complexe. Elle repose ensuite sur une approche partenariale qui mobilise des expertises complémentaires permettant de répondre à cette complexité. Enfin, cette démarche contribue à accroître l’accessibilité de l’œuvre et, plus largement, à renouveler les conditions de préservation et de valorisation de l’art contemporain.
Partenariat
Ce projet est conjointement produit par la Galerie UQO, le Musée des beaux-arts du Canada et la Chaire institutionnelle de recherche en valorisation des transformations artistiques, culturelles et muséales. Il est réalisé dans le cadre des activités du Partenariat Des nouveaux usages des collections dans les musées d’art du Groupe de recherche et de réflexion de CIÉCO, du programme de Rayonnement national du Musée des beaux-arts du Canada, de l’Équipe Art et musée et du Développement partenariat Requalification documentaire en art contemporain. Il est rendu possible grâce au soutien financier du Conseil de recherche en sciences humaines du Canada, du Conseil des arts et des lettres du Québec, du Fonds des recherche du Québec et de la Ville de Gatineau. L’initiative Rayonnement national du Musée des beaux-arts du Canada est appuyée généreusement par Michael Nesbitt, avec du financement supplémentaire assuré par la Fondation du Musée des beaux-arts du Canada.
À propos de l’emplacement
Galerie UQO
101 rue Saint-Jean-Bosco
Gatineau J8Y 3G5