Un texte de José Lafleur 

Avec ses 118 places, on dit du Théâtre de l’Île qu’il est « le plus petit des grands théâtres québécois ». Niché dans un bâtiment patrimonial qui date de 1886, il peut également se vanter d’être le seul théâtre municipal au Québec. 

Sa programmation composée de productions professionnelles et communautaires attire, bon an mal an, plus de 600 abonné·es et 10 000 spectateur·trices. Depuis déjà 50 ans. Les gens y sont fidèles et pour cause, car juste avant le début de chaque représentation, on nous lance chaleureusement un beau « bienvenue chez vous, bienvenue au Théâtre de l’Île! ». Comment résister. 

La verrière du Théâtre de l’Île captée lors de l’entracte de « La cousine Germaine ». Crédit : José Lafleur. 

Parmi ces âmes fidèles, Chantal Chamberland. Native du Vieux-Hull, ça fait 36 ans qu’elle travaille fièrement comme commis-caissière au Théâtre de l’Île. Quand on lui demande à quand la retraite, elle répond tout bonnement, du tac au tac, « je suis bien ici, je vais partir quand ça va me tenter ». Parce que c’est vrai qu’il fait bon de se retrouver au Théâtre de l’Île, lové entre les murs de pierre légendaires pour se laisser transporter, l’instant d’une production théâtrale, d’ici ou d’ailleurs. 

Chantal Chamberland : 36 ans de passion au service du Théâtre de l’Île

C’est un concours de circonstances ou plutôt, un concours de « connaissances » qui a amené Chantal à travailler au Théâtre de l’Île. C’est que sa réputation de travaillante et de vaillante la précédait. 

Dans sa jeunesse, elle est rapidement initiée au bénévolat. « S’entraider les uns les autres et rendre service, c’était important pour mes parents », confie celle qui a notamment été bénévole aux Jeux du Québec. « J’étais au réveil des athlètes. Je m’en rappelle très bien parce que c’était de bonne heure! », lance-t-elle en riant. Aussi, comme l’une de ses amies était aux prises avec la paralysie cérébrale, elle a souvent donné généreusement de son temps pour emballer des cadeaux au profit de cette cause, pendant la période des Fêtes, aux Galeries de Hull.  

Dès l’âge du secondaire, durant la période estivale, Chantal commence à travailler au réfectoire chez les Sœurs Grises. « C’est ma voisine qui m’avait fait rentrer. J’épluchais des patates au sous-sol et je faisais du café (parfois salé!) ». Et, pendant qu’elle complète son cours professionnel long en coiffure et esthétique pour femme à l’école secondaire de l’Île le jour, elle travaille comme réceptionniste au Collège Saint-Joseph de Hull, les soirs et les fins de semaine. 

En 1982, alors qu’elle complète son premier programme, elle décide de parfaire ses compétences. « Je suis finalement restée un an de plus pour faire le cours en coiffure pour hommes et quelques cours de français. On peut donc dire que j’ai gradué deux fois plutôt qu’une de la même école », dit-elle à la blague. 

Dès ses premiers stages, Chantal doit malheureusement se rendre à l’évidence. Son nouveau métier est physiquement difficile et elle cumule plusieurs maux de dos. Se succèdent alors différents boulots en tous genres et du bénévolat pour diverses causes. Ses antennes demeurent cependant ouvertes, à la recherche d’un nouveau défi professionnel qui saura la combler. C’est alors qu’elle tombe sur l’offre d’emploi de commis-caissière au Théâtre de l’Île. « Lorsque je suis allée porter mon curriculum vitae, la dame m’a reconnue », se rappelle-t-elle. « Elle savait que j’étais sérieuse et travaillante. Elle m’a tout de suite recommandée au gestionnaire ». C’est ainsi qu’en janvier 1990, Chantal débute son histoire d’amour avec le Théâtre de l’Île. 

Chantal Chamberland, commis-caissière au Théâtre de l’Île. Crédit : José Lafleur. 

Chantal Chamberland au Théâtre de l’Île : les débuts et Gilles Provost

Avant d’y travailler, Chantal a été spectatrice. C’est grâce à la femme de son cousin qu’elle se retrouve, pour la première fois, dans l’enceinte du Théâtre de l’Île. « À Noël, ma cousine par mariage nous avait offert des billets. En arrivant, je me rappelle avoir dit tout haut, c’est vraiment beau ici ». 

Et aujourd’hui, elle le trouve toujours aussi beau cet ancien château d’eau. « Le pont en pierre et maintenant la verrière, je trouve ça beau l’évolution et les rénovations. On a de jolis jardins, les clients aiment les fleurs et plusieurs viennent prendre leurs photos de mariage ici ». 

Le ruisseau de la Brasserie et les alentours du Théâtre de l’Île. Crédit : José Lafleur. 

À son arrivée au Théâtre, c’est le directeur artistique de l’époque, Gilles Provost qui l’accueille et la prend sous son aile. « C’était un grand farceur Gilles », mentionne affectueusement Chantal. « Avec le plus grand sérieux du monde, un jour il me dit, tu sais que pour vendre des billets ici, il y a une règle. Il faut aller danser sur le pont ». Et cette douce folie a été la trame de fond de leur amitié qui s’est développée au fil des ans, où ils ont travaillé ensemble. 

Chantal, c’est un petit bout de femme, au franc-parler, qui du haut de ses 62 ans déborde encore d’énergie. Avec elle, on a toujours l’heure juste. Bienveillante, elle aime sa clientèle, elle la connaît et n’hésite pas à la conseiller. Elle est aussi toujours à l’écoute, « avec l’air climatisé, les dames ont parfois froid. Je me suis donc organisée pour qu’on achète des pashminas pour pouvoir leur prêter lorsque c’est plus frisquet, les soirs de spectacle ». 

Cette passion pour le service à la clientèle et le Théâtre de l’Île, elle la transmet à la relève puisque c’est elle qui forme l’équipe de commis-caissier·ères. « C’est important de voir les pièces qui sont présentées ou du moins, de lire les scénarios si on veut être en mesure de bien répondre aux clients ». 

Et quand on lui parle des pièces présentées au cours de sa carrière, c’est simple, elle les a pratiquement toutes vues. Son coup de cœur? « Le soldat de chocolat », répond-elle spontanément. « Cette pièce-là m’a vraiment marquée. Les comédiens étaient fantastiques et que dire des costumes d’époque. Je m’en rappelle encore ». 

Des moments marquants comme celui-ci, le Théâtre de l’île a su en créer et en mettre en scène pendant 50 ans. Et il continue d’en offrir, encore cette saison. 

Programmation 2026-2027 du Théâtre de l’Île : pièces et dates à retenir

Sur les planches cette année, 16 comédien·nes professionnel·les et concepteur·trices de la région participeront à quatre productions professionnelles, alors que 10 citoyen·nes-acteur·trices prendront part à une production communautaire. 

Lancement de la programmation 2026-2027 du Théâtre de l’Île, où la présidente de la Commission des arts, de la culture, des lettres et du patrimoine et conseillère municipale du district de l’Orée-du-Parc, Mme Isabelle N. Miron (en haut à droite), et la responsable du Théâtre de l’Île, Mme Isabelle Cloutier, sont accompagnées de plusieurs artistes de la prochaine saison. Crédit : Ville de Gatineau. 

Bébé d’Hull, Point Nemo, CLUE : les 5 productions au Théâtre de l’Île en 2026-2027

Pour tous les détails sur chacune des productions et vous procurer des billets, visitez le site Web de la Ville de Gatineau. Et maintenant… Place au théâtre! 

Pssst! Détenteurs d’une carte Accès Gatineau+, obtenez un rabais de 15 % sur les représentations du mercredi soir au Théâtre de l’Île.

Un texte de José Lafleur 

« L’Orchestre symphonique de Gatineau (OSG) fait vibrer la musique classique tout en célébrant la diversité des styles, offrant un tremplin à la relève et mettant en lumière les artistes d’ici et d’ailleurs », peut-on lire sur leur site Web. Dominic Gauthier, aujourd’hui contrebassiste professionnel, peut en témoigner. 

En effet, son premier contact avec l’OSG remonte à 2016, alors qu’il était étudiant au Conservatoire de musique de Gatineau. « On avait joué Carmina Burina, à la salle Odyssée de la Maison de la culture de Gatineau », se rappelle-t-il. 

10 ans plus tard, Dominic s’apprête à rejouer cette même pièce, au même endroit, en concert d’ouverture de la 20e saison de l’OSG, mais cette fois-ci, à titre de musicien professionnel. 

Dominic Gauthier, contrebassiste professionnel, Orchestre symphonique de Gatineau. Crédit : Chris Morgan / Morgan Marketing.  

Du génie mécanique au Conservatoire de musique de Gatineau : une reconversion musicale

C’est que la musique s’est tout doucement infiltrée dans la vie de Dominic. Tout d’abord, avec ses chums avec qui il a joué dans de nombreux bands de garage. Ensuite, via le programme Tout en musique de l’école primaire Massé, où il a touché à pas mal tout, allant des harmonies et chorales, aux ensembles de percussions et divers instruments. « C’était génial! », dit-il. Cette passion l’a aussi suivi pendant son secondaire, mais c’est au niveau collégial que le déclic s’est réellement fait. 

Cheminant au sein du programme de génie mécanique au Cégep de l’Outaouais, Dominic a réalisé au fil des ans qu’il se cherchait, se posait énormément de questions quant à son avenir. « J’ai dû me rendre à l’évidence que les cours de musique que je suivais en dehors du Cégep me faisaient plus tripper ». Lui qui ne vient pas d’une famille de musiciens, s’est donc permis quelques recherches pour voir si une carrière en musique était même envisageable. 

C’est ainsi qu’il a fait la découverte du Conservatoire de musique de Gatineau. « J’ai parlé avec un professeur pour lui expliquer mon parcours. Comme je jouais déjà de la basse électrique, il m’a tout de suite invité à venir essayer la contrebasse. Il m’a dit que ça pourrait être un bon fit pour moi », confie Dominic. « J’y suis allé et j’ai adoré! Une fois sur place, ils m’ont prêté un instrument et j’ai pu pratiquer trois à quatre fois par semaine pour me préparer aux auditions. J’ai aussi suivi quelques cours ». 

Du haut de ses 19 ans, Dominic a dû débuter son parcours musical par une année en préconservatoire pour une importante mise à niveau. « Si tu veux espérer faire une carrière comme musicien professionnel, habituellement tu commences dès l’école primaire. Pour la contrebasse, c’est généralement à la mi-adolescence. J’ai donc travaillé très fort pour me rattraper », dit celui qui étudiait à l’époque, avec des jeunes de 13-14 ans. 

Débuts comme contrebassiste professionnel : de Montréal aux orchestres du Québec et de l’Ontario

Bien en selle sur son X, Dominic a poursuivi ses études universitaires au Conservatoire de musique de Montréal. « Les talents venaient de partout pour étudier, le niveau était très compétitif. C’était une belle motivation! ». 

Et motivé il était, car à la suite de son baccalauréat, Dominic a acheminé son curriculum vitae à divers orchestres aux quatre coins du Québec et de l’Ontario. « C’est un métier qui nous demande beaucoup de polyvalence, on doit aimer se déplacer », dit-il en riant au bout du fil. L’instant d’un concert ou deux, à titre de musicien professionnel surnuméraire ou, pigiste si vous préférez, il a ainsi joint les rangs de l’Orchestre Symphonique de Trois-Rivières, de l’Orchestre de l’Agora de Montréal, du Ottawa Symphony Orchestra et du Niagara Symphony Falls pour n’en nommer que quelques-uns. Et c’est en 2022 que Dominic a collaboré, pour la première fois, à titre de contrebassiste professionnel avec l’Orchestre symphonique de Gatineau. 

L’Orchestre symphonique de Gatineau à l’église de Saint-Grégoire-de-Nazianze, à Buckingham. Crédit : Chris Morgan / Morgan Marketing.  

De retour à Gatineau après ses études montréalaises, Dominic a réussi à terminer ses études au deuxième cycle universitaire et à obtenir, en 2026, sa maîtrise. Aujourd’hui, afin de vivre pleinement de sa carrière parsemée de musique, en plus de sa présence au sein de l’OSG, il enseigne au programme Boîte à musique du Centre de pédiatrie sociale de Gatineau. Il est également professeur privé de contrebasse et enseignant à l’École de musique de l’Outaouais. Dominic prête aussi un fier coup de main administratif à la Société de musique de chambre de Gatineau. 

Contrebasse et polyvalence : jouer du classique, du folk et du jazz à Gatineau

« La contrebasse, c’est un instrument hyper polyvalent qui se prête bien à différents styles de musique », explique Dominic. « Et ça tombe bien, car j’aime vraiment les univers classique, folk et jazz. Je me suis donc promis de me démarquer [des autres musiciens] par ma polyvalence ». 

D’ailleurs, selon lui le jazz est un jeu musical, « c’est un thème avec des accords et des improvisations. C’est un langage que j’ai appris à maîtriser et qui me sert bien lorsque l’on joue des répertoires plus populaires ». 

Programmation 2026-2027 de l’OSG : six concerts à la salle Odyssée de Gatineau

Pour la saison 2026-2027 qui souligne son 20e anniversaire, l’OSG s’offre six concerts éclectiques qui seront présentés à la salle Odyssée de la Maison de la culture de Gatineau. « C’est une belle programmation qui permet de rejoindre ou d’initier différents publics », mentionne Dominic. « Et grâce à l’OSG, on continue de cultiver cette culture classique qui a débuté, il y a plus de 40 ans à Gatineau, avec l’Orchestre de chambre de Hull ». 

Le musicien polyvalent qu’est Dominic est d’ailleurs bien heureux de pouvoir naviguer différents univers cette saison. « Beethoven, c’est tough à la contrebasse. Nos pages sont pleines de notes, ça demande une concentration hors pair. Jouer des symphonies comme celle-ci, c’est digne d’un programme olympien. J’adore ça! ». 

Partition pour contrebasse, 5e Symphonie de Beethoven. Crédit : Dominic Gauthier.  

Et celui qui flirt régulièrement avec le jazz et le folk, est comme un poisson dans l’eau quand vient le temps de jouer des répertoires plus pop. 

À surveiller : Geneviève Leclerc, Symphoniquement Rock ! et Beethoven à la salle Odyssée

Notamment à surveiller au cours de la prochaine saison, L’Amour en rappel de Geneviève Leclerc qui chantera du Piaf, Bécaud, Dalida et Plamondon. 

Geneviève Leclerc au lancement de la saison 2026-2027 de l’Orchestre symphonique de Gatineau. Crédit : Chris Morgan / Morgan Marketing.  

Aussi, Symphoniquement Rock! qui se veut un hommage à des groupes de musique tels que Queen, Supertramp, Genesis et Metallica. 

« Ces concerts-là sont une belle occasion de découvrir ou de redécouvrir la musique classique, aussi de l’apprivoiser », nous recommande chaudement Dominic. 

Pour tous les détails de la saison 2026-2027 de l’Orchestre symphonique de Gatineau ainsi que réserver vos billets, visitez leur profil sur Tout culture. 

Un texte de José Lafleur 

Rares sont les personnes qui, sur leur curriculum vitae, peuvent affirmer avoir occupé, tour à tour, les métiers de productrice de télévision et d’éleveuse de chèvres. Très rares en fait. Pourtant, c’est le cas d’Amélie Blanchard qui est aussi fondatrice de son « festival de rêve », le Festival de la fibre Twist qui aura lieu du 7 au 9 août, à Saint-André-Avellin. 

Cette 14e édition réunira encore une fois, près de 8 000 personnes dans la Petite-Nation. Des gens tous passionnés par les métiers de tradition, les fibres naturelles, les animaux et le savoir-faire.  

Au menu : un marché textile et des fournitures spécialisées, des ateliers interactifs, des démonstrations et des activités pour les enfants.  

Marché textile. Crédit : Laure Poiret. 

Amélie Blanchard : la fondatrice derrière le Festival de la fibre Twist

« Je suis en train de tremper de la laine, je fais de la teinture aujourd’hui », lance tout bonnement Amélie, au bout du fil. « Je vais aller m’asseoir pour me concentrer ». Et c’est ainsi qu’elle se raconte (ou raconte son fabuleux destin, c’est selon). 

Amélie Blanchard, fondatrice du Festival de la fibre Twist. Crédit : Amélie Blanchard. 

Franco-ontarienne native d’Ottawa, Amélie est habitée par l’univers télévisuel. C’est ce qui l’amène à réaliser un baccalauréat en télévision à l’Université du Québec à Montréal, l’UQAM. Pendant une douzaine d’années, elle produit des documentaires et des séries pour le Web. Certaines coproductions l’amènent notamment en France et en Italie. « J’ai beaucoup voyagé », se rappelle-t-elle. 

En marge de cette carrière florissante, elle et son conjoint caressent le rêve de fonder un projet commun. En 2008, ils trouvent une ferme dans le patelin de Saint-André-Avellin et achètent deux petites chèvres. « C’était mon trip country pour la fille de ville que je suis », dit Amélie en rigolant. Et ainsi, pendant quelques années, se chevauchent ses deux métiers de productrice télé et d’éleveuse de chèvres. « Gérer des équipes à distance, ce n’était pas évident », admet Amélie. En 2012, elle décide alors de se lancer à temps complet, de plonger et de s’assumer pleinement comme entrepreneure. 

De la ferme de chèvres cachemire à un festival de laine au Québec

« J’avais plein d’idées! », s’exclame la curieuse, passionnée et déterminée Amélie, « mais je devais d’abord apprendre les rouages du métier d’entrepreneure ». Elle participe donc à un incubateur agricole avec le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, la MAPAQ. Elle complète un diplôme d’études collégiales en lancement d’entreprise agricole. Et, au travers de tout ça, elle démarre son projet de ferme, La chèvre d’œuvre. Ce qui a débuté comme un projet d’élevage d’animaux reproducteurs et pour la viande, est aujourd’hui devenu une ferme de chèvres cachemire. « Quand j’ai découvert ces chèvres-là, il y a quelque chose qui a titillé en moi. Je suis tombée dans la marmite ». Sa ferme compte aujourd’hui, une cinquantaine de ces attachantes chèvres cachemire. 

Lors d’une formation au Olds College of Agriculture & Technology, en Alberta, elle tombe sur un festival, où plein de jeunes travaillent avec des rouets et tripent sur la fibre. « C’est à ce moment-là que je me suis dit qu’un festival de laine ça n’existait pas vraiment au Québec. J’avais envie d’une formule inspirante, moderne, je voulais dépoussiérer les arts textiles ». Et c’est ainsi qu’elle commence à visualiser son « festival de rêve ». 

Atelier de teinture de laine. Crédit : Laure Poiret. 

Pour bien le préparer et le tisser ce festival de rêve, elle se joint au Cercle des fileuses de Ripon et, tour à tour, elle apprend à travailler avec un rouet, à filer, à préparer et à teindre la laine. À tondre les moutons aussi. « J’ai également participé à un camp de filage dans le Vermont donné par une artiste californienne », mentionne-t-elle. 

« Mes aptitudes en gestion, trouver des fonds, travailler avec les artistes, ça fait partie de mon background ». Ses connaissances en marketing, en branding et en communication ainsi que son carnet de contacts bien garni lui ont aussi bien servi. 

Métier à tisser. Crédit : Laure Poiret. 

Programmation 2026 : que voir et faire au Festival de la fibre Twist ?

 Amélie et sa petite équipe nous donnent donc rendez-vous au Complexe Whissell, au cœur de la municipalité de Saint-André-Avellin. Et on ne sera pas les seul·es. Selon la fondatrice, le côté festif et interactif du festival en attire plusieurs. « Les festivaliers viennent d’un peu partout, mais surtout du Québec, de l’Ontario et des maritimes. Il y a aussi quelques Américains », confirme Amélie.  

Marché textile : plus de 130 artisans et créateurs textiles

À lui seul, le marché textile réunit plus de 130 artistes et artisan·es textiles. De la broderie au tissage en passant par le tricot et le filage, les festivalier·ères peuvent y dénicher une gamme de fournitures spécialisées. Aussi, des œuvres uniques. 

Ateliers de tricot, filage, teinture naturelle et crochet

« Pour les ateliers, c’est simple. Tu t’inscris et tu viens faire quelque chose avec tes mains », lance Amélie. Et des ateliers interactifs et des démonstrations, il y en a pour tous les goûts (crochet, vannerie, impression textile, teinture naturelle, etc.). « On a même Marjolein Dallinga, une costumière renommée du Cirque du Soleil qui donne l’un des ateliers de feutrage », dit-elle fièrement. 

Activités pour enfants et démonstrations de chiens de berger

En nouveauté cette année, un chapiteau animé de bord en bord toute la fin de semaine, avec des activités pour les enfants comme la corde à danser en laine et des ateliers de feutrage et coloriage. Les démonstrations de chiens de berger sont aussi toujours très populaires. 

Démonstration de chiens de berger. Crédit : Laure Poiret. 

Musique et gastronomie locale

Et pour compléter le tout, des performances musicales offertes en partenariat avec le Festival de musique Ripon Trad et une foire alimentaire regroupant des producteurs et restaurateurs de chez nous. 

Comme vous êtes à même de le constater, nombreuses sont les raisons de mettre le cap vers la Petite-Nation et d’aller découvrir ou redécouvrir ce Festival unique en son genre et surtout, ses artisan·es, dont Amélie. 

Pour la programmation complète et s’inscrire aux ateliers, visitez le site Web du Festival de la fibre Twist. 

*** 

Pssst : si vous ratez le Festival, que vous êtes passionné par les arts textiles et à la recherche de fournitures spécialisées, arrêtez-vous chez Wööl emporium de laine, à Montebello. C’est le magasin qu’Amélie a ouvert en pleine pandémie!

Un texte de José Lafleur

Lové aux abords du lac du même nom, Le Presbytère de Blue Sea, dans la Vallée-de-la-Gatineau, est devenu, au fil des ans, le cœur du village. Un lieu accueillant, vibrant et inclusif, où il fait bon se rassembler pour créer, exposer, jouer, échanger et apprendre les uns des autres. Résident·es, vacancier·es et visiteur·trices sont les bienvenu·es.

« Entre vernissages éclatés, symposium artistique, performances musicales, ateliers, rencontres humaines et moments de pur émerveillement… il y aura mille raisons de venir vivre le Presbytère avec nous », peut-on d’ailleurs lire sur leur page Facebook lors du dévoilement de la programmation estivale 2026.

Ce lieu, qui a su se frayer un chemin au sein de cette communauté rurale, est le fruit d’une vision caressée par l’artiste peintre, Sylvie Grégoire.

Une artiste à l’origine d’un lieu culturel rassembleur 

Sylvie, c’est une fille de Hull qui a passé quasi tous ses étés à Blue Sea. À ses 18 ans, le chalet familial devient leur résidence principale. L’amour de la nature et des grands espaces l’anime, l’inspire depuis toujours. Encore aujourd’hui, dans sa « petite cabane » située tout près du lac, où elle peint à temps complet.

Durant son adolescence, elle tombe sous le charme fou de la femme d’à côté, Mme Rousseau, la mère d’une famille haïtienne emménagée dans le lodge voisin. « Cette femme accueillait, rassemblait tout le monde, je l’aimais d’amour », raconte affectueusement Sylvie. « Son fils Jimmy ne m’intéressait pas à l’époque, mais notre longue amitié s’est transformée en une réelle histoire d’amour. Ça fait 40 ans qu’on est ensemble et on a deux beaux grands garçons ».

Bachelière en arts visuels, Sylvie crée beaucoup. Tout le temps. Avec les années, ses compétences et sa bienveillance envers autrui l’amènent à enseigner. D’abord en francisation, puis en arts visuels auprès de jeunes adultes aux prises avec des défis de santé mentale ou vivant avec une déficience intellectuelle, du côté de Maniwaki. « L’art, c’est thérapeutique », mentionne Sylvie. « Quand ils créaient, on ne les entendait pas de la journée. Ils étaient complètement en éveil, dans le moment présent. J’étais passionnée par leur travail ».

Et ces œuvres, l’art « brut » de ses étudiants, Sylvie tenait à les exposer, mais à l’époque, les lieux d’exposition se faisaient rares dans la Haute-Gatineau.

Au-delà de la chasse et de la pêche, la culture en milieu rural 

Comme dans plusieurs municipalités du Québec, au début des années 2010, Blue Sea fait l’acquisition du presbytère afin de lui donner une deuxième vocation. « On voulait en faire un grand restaurant », se rappelle Sylvie. « Je leur ai dit, ce n’est pas d’un restaurant, mais d’un projet d’économie sociale qu’on a besoin ici. Moi j’en ai un projet pour vous. Vous ne ferez pas d’argent, mais ça va être porteur ».

Vendre l’idée de la culture dans un milieu naturellement axé sur la chasse et la pêche n’a pas été facile. Le projet a connu quelques oppositions, mais une fois la communauté ralliée et le presbytère restauré, comme on dit en anglais, the rest is history.

Une équipe s’est alors mise en place pour former le premier conseil d’administration, « on était une gang vraiment dynamique », dit Sylvie. Les expositions ont pris forme, une bibliothèque de livres d’art aussi, même un jardin de légumes biologiques. Les gens du coin et les visiteurs ont commencé à s’arrêter. « Il y a tellement de gens qui sont venus me raconter leur enfance à Blue Sea ou encore, que leur père écrivait de la poésie dans le coin et voulaient laisser le recueil sur place. D’autres me confiaient travailler ou être parents de jeunes déficients intellectuels ».

Bibliothèque de livres d’art. Crédit : Le Presbytère de Blue Sea.

Les gens ont également commencé à venir prendre le thé dans les théières dénichées par Sylvie et à placoter les dimanches après-midi. « Une grosse soupe aux lentilles parfumait les locaux », se rappelle Sylvie. Ce genre de rituel s’est installé tout doucement, tout naturellement. Et le Presbytère est ainsi devenu le repère de toute une communauté. Au-delà des arts visuels.

Jam musical extérieur. Crédit : Le Presbytère de Blue Sea.

Un lieu vivant qui continue de rassembler la communauté

Elle voulait organiser une journée sportive à Blue Sea, sur les lieux du Presbytère. Elle, c’est Nathalie Jobin, une infirmière semi-retraitée de Maniwaki. « Je suis donc allée faire un pitch aux membres du conseil d’administration pour mettre sur pied un événement qui rallierait les arts et l’activité physique », se rappelle-t-elle. Mission accomplie, car La Vallée en mouvement est aujourd’hui, devenue une tradition automnale, voire une religion au sein de la municipalité.

Et c’est en s’impliquant ainsi que Nathalie a repris le flambeau et accepté, en 2019, la présidence du conseil d’administration du Presbytère de Blue Sea. « Par l’art, on continue d’instaurer des rencontres, de développer notre mission sociale et communautaire ». 

La Ruche d’art du Blisse : créer des liens par l’art

En effet, depuis juin 2025, grâce à l’appui du Centre intégré de santé et des services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), est née La Ruche d’art du Blisse. « Avec ce projet, on veut briser l’isolement en milieu rural et éveiller le côté artistique chez les jeunes et moins jeunes, car on a tous un artiste qui sommeille en nous », mentionne Nathalie d’une voix souriante.

Des ateliers créatifs pour tous les âges 

Les ateliers, en création libre ou guidée, rassemblent les gens de tous âges et deviennent par la bande, des occasions d’échange et de partage. Diverses thématiques sont offertes telles que des ateliers de broderie, de construction de cabanes d’oiseau, de peinture ou encore, d’initiation au djembé.

Atelier de création à La Ruche d’art du Blisse. Crédit : Le Presbytère de Blue Sea.

Aujourd’hui, une dizaine de magnifiques sculptures de l’artiste de Val-des-Monts, Béla Sìmo orne les alentours du Presbytère. Les villageois s’y rencontrent régulièrement pour créer, mais aussi, pour cuisiner, faire des casse-têtes, jouer à des jeux de société, aux cartes ou aux échecs. Aussi, pour chanter et jouer de la musique ensemble. Des fêtes s’organisent, car toutes les excuses sont bonnes pour réunir la communauté. 

Œuvres de l’artiste, Béla Sìmo devant Le Presbytère de Blue Sea. Crédit : Marjolijn Thie-ter Beek.

Un hommage à Sylvie Grégoire

Cet été, en guise de reconnaissance, l’une des salles du Presbytère sera dédiée à l’artiste Sylvie Grégoire. Cette dernière pourra y exposer ses œuvres dans le lieu qu’elle a su rêver et fonder, Le Presbytère de Blue Sea.

Visitez le Presbytère de Blue Sea cet été et découvrez sa programmation

Si vous prévoyez partir en cavale cet été, assurez-vous de mettre le cap vers la municipalité de Blue Sea et de vous arrêter au Presbytère, dans la Vallée-de-la-Gatineau. Vous y serez certainement chaudement accueillis par une vibrante communauté humaine et artistique.

À surveiller au cours de l’été 2026 :

Et pour ne rien rater, visitez le site Web du Presbytère de Blue Sea ou encore, leur page Facebook.

Un texte de José Lafleur 

Une école de théâtre musical reconnue en Outaouais depuis 1991 

Fondé par une femme de cœur, L’Artishow offre depuis 1991, des formations en théâtre musical, en chant et en danse aux jeunes de 5 à 17 ans. Même aux adultes. C’est également la création et la production de nombreuses œuvres originales, professionnelles et communautaires, diffusées ici ou ailleurs. Certaines sont d’ailleurs offertes en formule tournée scolaire pour stimuler le théâtre musical au Québec. L’Artishow offre aussi des camps d’été et un programme de théâtre musical-études. Et nombreux sont les jeunes de talent qui ont transité par cette école bien enracinée dans la communauté et qui ont pu déployer leurs ailes sous la bienveillance de la fondatrice, Jo-Anne Donoghue et de son équipe. 

Aujourd’hui, Les productions musicales L’Artishow ont pignon sur rue au 217, rue Montcalm, dans le secteur de Hull, à Gatineau. 

Murale ornant les locaux de L’Artishow. Crédit : José Lafleur. 

Le parcours de Jo-Anne Donoghue, fondatrice de L’Artishow 

Des débuts marqués par la musique et le chant classique 

Originaire d’Ottawa, Jo-Anne fait son primaire et son secondaire en Ontario. Elle apprend à jouer de la mandoline et de la guitare. Elle chante aussi au sein du trio chansonnier Balise et participe à une tournée franco-ontarienne en sol québécois. Cette tournée l’amène à faire la première partie de Micheline Scott et à découvrir la scène culturelle québécoise. À l’issue de cette tournée, on lui recommande chaudement de poursuivre ses études en musique. C’est que Jo-Anne chante très bien ce qui lui permet d’être acceptée en chant classique au Conservatoire de musique de Gatineau. 

« Ils m’ont pris parce que j’avais un type de voix particulier et plutôt rare, celle d’une future soprano dramatique. Ils ont vu mon potentiel et m’ont donné ma chance. À l’époque, je n’avais aucune notion en chant classique. J’apprenais et je chantais par instinct », confie Jo-Anne. « Ils m’ont acceptée, mais avec beaucoup de conditions ». 

C’est qu’elle est autodidacte. Aucun cours de chant ni d’instrument de musique. Et cet instinct naturel dicte, encore aujourd’hui, ses choix, son parcours de vie et de carrière. 

La création de L’Artishow et du spectacle Chanteurs de pomme 

« Dans ces années-là, si on voulait poursuivre nos études et faire carrière dans le domaine, ça se passait en Europe », raconte Jo-Anne. « Mais j’étais peureuse à l’époque et je n’étais même pas certaine de vouloir faire une carrière comme chanteuse classique. Une fois mon programme terminé au Conservatoire, je suis donc allée étudier à l’Université d’Ottawa ». Ses études ont cependant été interrompues puisqu’elle est tombée enceinte de son premier garçon, Tristan. 

En plus de son rôle de nouvelle-maman, Jo-Anne réalise des mandats en design graphique pour des compagnies. De fil en aiguille, elle est embauchée par le Musée d’Aylmer (un petit musée jadis situé sur la rue Principale) pour développer tout l’aspect visuel. Ce projet est financé par un programme de subvention et une fois ce dernier complété, l’agent responsable du programme lui demande tout bonnement « est-ce qu’il y a quelque chose que tu aimerais développer sur le plan culturel en Outaouais? ». Et Jo-Anne de lui répondre spontanément « oui, j’aimerais ça écrire et mettre en scène un opéra rock avec des jeunes ». Et c’est ainsi que la subvention lui est accordée et qu’est née, en 1991, la toute première œuvre originale en théâtre musical créée et produite par L’Artishow : Chanteurs de pomme. 35 ans plus tard, cette production est toujours offerte dans le cadre des tournées scolaires. 

Chanteurs de pomme. Crédit : Les productions musicales L’Artishow. 

Une école qui a formé de nombreux artistes québécois 

« Plusieurs personnes se sont greffées à ce premier projet. On a fait un appel à tous et une centaine de jeunes sont venus passer les auditions. Il y avait une grande demande, mais pas beaucoup d’opportunités en Outaouais dans ces années-là », se rappelle Jo-Anne. Elle s’est aussi rendu compte que plusieurs jeunes avaient du talent, mais nécessitaient de l’encadrement, de la formation et des cours de chant. Ce fut donc à son tour d’investir en eux. De développer leur potentiel comme le Conservatoire l’avait fait avec elle. 

Aujourd’hui, nombreux de ces jeunes font carrière dans le domaine artistique, dont notamment, Patrice Bélanger, Ariane Gauthier (Ari Cui Cui), Eva Avila, Laurence Latreille, Manuel Gasse, Jordan Donoghue, Renée Wilkin, Geneviève Leclerc et Nicolas Dromard. 

Camps d’été L’Artishow. Crédit : Les productions musicales L’Artishow. 

Une approche humaine et familiale : mentorat des jeunes talents

Mère de sang et de cœur 

« Je ne planifiais pas avoir d’enfant », confie-t-elle en riant. Et pourtant. Jo-Anne est la très fière maman de « trois belles surprises », Tristan, Morgane et Jordan, comme elle aime si bien les appeler. Elle est aussi grand-maman deux fois. Et mère de cœur de milliers de jeunes aux talents multiples. 

« Ils m’écrivent encore. Je m’en viens en Outaouais, est-ce qu’on peut prendre un café ensemble? ». Ces jeunes, ce sont ses anciens élèves de L’Artishow qui travaillent désormais dans le milieu artistique. Encore aujourd’hui, ils ont besoin de ses lumières, de son opinion, de ses conseils. Ils veulent lui partager ce qu’ils vivent. Ce qui les anime. C’est qu’elle est bienveillante, douce et généreuse cette Jo-Anne. Ça s’entend tout de suite. Pas étonnant que les jeunes veuillent garder contact avec elle. 

Une grande famille artistique qui traverse les générations 

Plusieurs des personnes qui gravitent autour de L’Artishow, dont notamment les professeurs, sont d’anciens élèves. Et certains élèves sont les enfants des anciens étudiants. Jo-Anne a également le bonheur de collaborer avec ses enfants et plus particulièrement, avec son fils aîné, Tristan Paquin. Ce dernier a été étudiant, artiste, ensuite professeur et il œuvre maintenant comme directeur de production et agent de tournée. 

Des projets créatifs en continu avec Tristan Paquin 

« Travailler avec Tristan c’est tout un privilège. On se ressemble, on est tous deux visionnaires, rêveurs », dit fièrement Jo-Anne. « C’est très facile de se comprendre, à plein de niveaux. On a énormément de conversations ce qui facilite les choses ». Une même passion les anime. L’une de leurs premières cocréations, basée sur une expérience de vie de Tristan à l’ère du numérique, fut Le héros des héros. Et mère et fils en sont aujourd’hui, à développer Appelez-moi Jean.  

Jo-Anne Donoghue et son fils, Tristan Paquin. Crédit : Lévy L. Marquis pour L’Avant-première. 

Pourquoi découvrir le théâtre musical avec L’Artishow 

Aujourd’hui, Jo-Anne a 65 ans, dont 43 belles années ont été consacrées à enseigner le chant. Ce qu’elle souhaite avant tout, c’est que les gens s’ouvrent et découvrent davantage le théâtre musical, « qu’ils viennent voir nos shows, viennent l’essayer, le vivre. Chant, danse, théâtre, c’est extraordinaire ces trois disciplines-là. C’est comme apprendre trois langues en même temps! ». 

Programmes, camps et productions à venir à Gatineau

Pour en savoir davantage sur les diverses formations, les productions communautaires et professionnelles ainsi que les tournées scolaires, rendez-vous sur le site Web de L’Artishow. 

Un texte de José Lafleur 

Prenant d’assaut quelques-unes des bonnes adresses du Vieux-Aylmer, à Gatineau, le Festival Transistor est l’instigateur, depuis déjà 10 ans, de rencontres inédites entre créateur·trices et mordus de baladodiffusions en tous genres. Au menu : tables rondes de discussion, séances d’écoute collective ou immersive, mises en récit avec prestation et même, un gala de lutte. Parce que oui, la lutte a su développer son créneau au sein des podcasts. Bref, tous y trouvent leur compte. En commençant par le duo fondateur, Steven Boivin et Julien Morissette. 

C’est que ces gars-là aiment se faire raconter des histoires. Depuis qu’ils sont tout-petits. Ou en raconter, c’est selon. 

« Créer, formuler et partager des récits en puisant dans le conte, c’est l’ADN qui dicte nos projets des 10 dernières années », mentionne fièrement Morissette. 

En jasant avec ces gars-là, on sent tout de suite leur complicité, la passion qui les anime, les unit. Et tout ça a commencé par la musique. Pour la courte histoire, Julien jouait au sein du groupe Tracteur Jack, alors que Steven faisait partie de Langue de chemise. « On se connaissait sans se connaître », se rappelle Boivin. « On s’est officiellement croisé quand Joanie Michaud a fait appel à nous comme musiciens. Pas longtemps après, Julien montait une « carte blanche » à l’espace René-Provost. Il m’a dit amène ta guitare, j’ai quelque chose pour toi ». 

L’amitié, l’amour des univers sonores et de l’Outaouais. 

Cette « carte blanche » fut la première mouture de « En direct de » avec David Thibodeau, Martin Vanasse, Jean-Denis Scott, Julien Morissette et Steven Boivin. Un balado présenté devant auditoire par une gang de chums. Il n’en fallait pas plus pour déclencher quelque chose chez Julien et Steven. 

Les cofondateurs du Festival Transistor, Julien Morissette et Steven Boivin. Crédit : Etienne Ranger, LeDroit. 

Tous deux forts d’un background musical et de diffusion, ils ont décidé de jumeler leurs forces ainsi que leur passion pour la radio, un médium sonore qu’ils affectionnent particulièrement, les univers sonores et la mise en récit. La région de l’Outaouais aussi. Les gens, les rencontres et les échanges francs, tout autant.  

Sortir les créateurs des studios : l’ADN du festival 

« On voulait sortir les créateurs des studios, les présenter aux auditeurs. Les auteurs eux, ont cette chance avec les salons du livre. Ça existait ailleurs, mais pas ici. On voulait intégrer ça dans l’offre culturelle de Gatineau », dit Morissette. 

Festival Transistor 2019. Crédit : Lévy L. Marquis. 

« Au lieu d’aller à Montréal comme plusieurs, on avait le goût de créer chez nous, avec des talents de la région, et d’attirer d’autres artistes à venir travailler en Outaouais », confie Boivin. « La création a un pouvoir d’attraction, ça rassemble les gens. Il y a désormais un réseau d’artistes qui viennent créer et repartent ensuite. Ils rencontrent le public d’ici, découvrent nos réalités transfrontalières et linguistiques. Ça leur donne une autre perspective de la région ». 

Les cofondateurs racontent que plusieurs artistes ont eu la chance de se produire devant un auditoire, pour la première fois, à Gatineau. Et lors de leur retour au Festival Transistor, quelques années plus tard, les gens de la région sont fiers d’avoir été témoins de leurs tout débuts, de voir et d’entendre aujourd’hui, où ils sont rendus dans leur cheminement. 

Le secret d’un bon balado selon les fondateurs 

Selon les gars, ça prend des histoires qui se racontent bien. Peu importe le sujet (humour, littérature, musique, sports, etc.). Et tout se passe dans la voix, le plus vieil outil de transmission qui, malgré les écrans et la technologie, continue de vivre. Encore aujourd’hui. 

Aussi, l’effet de proximité. « On doit arriver à tisser un lien avec l’auditeur. Si c’est un ratio un raconteur, un auditeur, c’est plus facile. Si c’est une discussion à plusieurs, l’auditeur doit sentir qu’on lui a réservé un siège autour de la table », révèle Morissette. « La voix, c’est un véhicule d’émotions, de franchise. Dans un balado, le seul sens qui est stimulé, c’est l’écoute. On doit donc arriver à évoquer des images, susciter l’imagination, à faire travailler notre public ». 

Et ça fonctionne, car les balados, les podcasts, les documentaires sonores ont gagné en popularité. De plus en plus de contenus sont présentés devant auditoires. « Les gens se déplacent, ils recherchent cet effet de proximité là, le contact. C’est une écoute complètement différente », mentionne Boivin. « On rit, on pleure, on boit, mais on le fait en gang. C’est ultra rassembleur ». 

La disparition de Coyote Comeau – Festival Transistor 2025. Crédit : Jonathan Lorange. 

En effet, les gens aiment vivre des moments uniques, spontanés. Faire « partie » de l’expérience culturelle. Les premières, les éléments d’exclusivité aussi. Et les contextes d’écoute varient, allant d’une formule 5@7 à une expérience plus captive, immersive.  

Une 10e édition anniversaire à ne pas manquer 

Les cofondateurs ramènent des éléments de production coups de cœur et des clins d’œil des dernières années. « Pour la première édition, on avait créé un happening dans le Vieux-Hull, où se trouve aujourd’hui, la Place Laval. C’était une soirée méchoui sous une grande tente. Sur scène, La soirée est encore jeune », se rappelle Morissette. « Pour la 10e édition, Olivier Niquet sera de retour parmi nous, les gars du podcast Ça ou Ça aussi ». 

Première édition du Festival Transistor. Crédit : Sarah Scott. 

C’est simple. Dans le même festival, on peut assister à une table ronde avec des créateurs hyper niches et à un gala de lutte. On peut y rencontrer des artistes connus, d’autres avec des démarches uniques. « Et cet éventail-là, c’est très représentatif de ce qu’on est, ici en Outaouais ». Les cofondateurs sont fiers de ça. De cette accessibilité. De cette diversité qui fait, en quelque sorte, leur marque de commerce. 

Séance d’écoute, Enfermée : expérience immersive sonore sur le coma – Festival Transistor 2025. Crédit : Jonathan Lorange. 

Curieuses et curieux comme dirait Bégin, c’est un rendez-vous pour le 10e Festival Transistor qui se tiendra du 23 au 26 avril prochains. La programmation aura pignon sur rue dans différents lieux qui se prêtent à l’écoute et aux rencontres, dont le Cabaret La Basoche du Centre culturel du Vieux-Aylmer ainsi que la toute nouvelle bibliothèque Lucy-Faris et le Centre Aydelu. 

Les incontournables de la programmation 2026 

Pour ne rien rater, consultez la programmation complète du Festival Transistor. 

Impossible d’assister à l’événement? Pas de souci,  Transistor Média a un super catalogue de balados disponibles en ligne. Bonne écoute!  

Un texte de José Lafleur

C’est fort la musique. C’est puissant. Ça rallie des communautés entières, comme celle, où habite Roberta depuis déjà 30 ans. Et c’est une succession de plusieurs notes qui l’ont amenée à jouer un rôle-clé dans la diffusion et l’accès à la culture, dont la musique, du côté de La Fab sur Mill, à Chelsea.

Une passion pour la musique depuis l’enfance

Roberta est née au New Jersey d’un père canadien et d’une mère américaine. Sa sœur aînée elle, s’est pointé le bout du nez en Colombie, alors que ses parents y travaillaient. Vous ne serez donc pas surpris de lire que plusieurs genres musicaux ont bercé et animé leur maisonnée.

“Music was always part of our lives. When I was growing up, I studied piano, joined dance classes and I sang in a choir. And being outside New York City, we had so many resources around us: theatre, jazz, blues. We were exposed to it all.”

Et comme tout est dans tout, c’est autour de 16 ans qu’elle fait son premier voyage de ski alpin dans la région et loge dans les environs de ce qui est aujourd’hui, l’auberge Le Moulin Wakefield Mill. Elle tombe sous le charme des Collines-de-l’Outaouais et se dit, “when I grow up, I’m going to live in a place like this”.

Une carrière en journalisme qui la mène de Toronto à Ottawa

Avant d’effectuer un retour dans la région, il y a Kingston, où elle complète son baccalauréat en sciences politiques et anglais. Diplôme en poche, elle part en cavale, en road trip jusque dans l’Ouest canadien. Elle rentre ensuite au bercail et travaille quelque temps au consulat canadien, à New York. Attitrée à l’information publique, elle épaule les gens dans leurs recherches.

Un jour, l’une de ses collègues lui lance, “you should be a journalist, you’ve got natural skills for it”. Cette phrase déclenche quelque chose en elle qui la mène vers Toronto, où elle y consacre une bonne partie de sa carrière comme journaliste pour le magazine Maclean’s.

S’ensuit éventuellement son entrée à la radio anglophone de Radio-Canada (CBC Radio) à titre de journaliste économique, à Ottawa. Elle contribue notamment à l’émission The Current, où elle réalise des docu-reportages. Concours de circonstances ou non, l’une de ses dernières contributions professionnelles porte sur la puissance de la musique au service des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

C’est que la musique déclenche des souvenirs. Elle en crée aussi beaucoup.

“I have such respect for what music does in our lives. It’s a language. It builds bridges, it heals us and makes us happy. It’s partially entertainment, but so much richer”.

De journaliste à actrice de la vie culturelle à Chelsea

C’est donc grâce à son boulot de journaliste que Roberta revient dans la région et s’installe à Chelsea, avec son mari. Elle ne fait pas que s’y installer, elle fraie son chemin au cœur d’une communauté tissée serrée. Elle se crée une deuxième famille.

Amatrice de musique, elle devient rapidement l’une des fidèles de l’église Unie Grace de Chelsea, où en parallèle des messes qui y sont célébrées, The Mill Community Place coordonne la présentation de spectacles en soirée.

Vient le jour, où on lui demande son aide pour en faire la promotion et éventuellement, pour élaborer la programmation. Et donc, quand l’idée de faire de cette église un réel lieu de diffusion culturelle prend forme, elle répond « présente ».

La transformation de l’église Unie Grace en salle de concert

En 2021, la coopérative de solidarité La Fab fait l’acquisition de l’église et entame des rénovations majeures de cet édifice patrimonial; un lieu naturel de rassemblement prisé depuis déjà 150 ans.

“You couldn’t rebuild an acoustic this good. Churches were built for someone to naturally project their voice without a microphone.”

Rénovations de l’église Unie Grace de Chelsea – Crédit : Sandy Foote, La Fab sur Mill

Toute la communauté se mobilise autour de ce projet culturel et une collecte de fonds leur permet d’acheter un magnifique piano Steinway qui depuis, orne la scène de la Salle de concert du Sanctuaire.

Cette « salle d’écoute » est en fait, un lieu intime et chaleureux qui peut accueillir jusqu’à 110 mélomanes. De tous âges. C’est que c’est important pour La Fab que cet espace demeure accessible pour tous. On y retrouve donc une programmation variée offerte à toute heure de la journée.

Salle de concert du Sanctuaire à La Fab sur Mill, Chelsea – Crédit : Sandy Foote, La Fab sur Mill

Une programmation musicale portée par la communauté

Aujourd’hui, cette coopérative fondée en 2010 regroupe plus de 300 membres actifs. Tous et toutes, des passionné·es d’arts visuels, de danse, de théâtre et de musique. Roberta est la codirectrice de la programmation musicale. Un rôle qu’elle partage avec Pam.

Ses instincts, ses réflexes de journaliste la guident dans l’élaboration de la programmation annuelle. Qu’est-ce que les gens ont envie d’entendre? Qu’y a-t-il de nouveau et d’intéressant? Est-ce chaque personne y trouvera son compte?

“When it comes to the acoustic, we have to listen to what the building tells us.”

C’est que le lieu se prête merveilleusement bien au jazz, au blues et à la musique classique. Et les talents viennent de partout pour s’y produire. Même des environs.

Roberta raconte que de nombreux artistes habitent le coin, dont plusieurs musiciens de l’Orchestre symphonique du Centre national des Arts.

“People come to us because they want to play in that sound. It makes them sound better. Here, they can express themselves. They take chances. They feel free to do that because the expectations are different. And that’s how they got to become professionals.”

Roberta sur la scène de la Salle de concert du Sanctuaire – Crédit : Sandy Foote, La Fab sur Mill

Un centre culturel dynamique dans les Collines-de-l’Outaouais

Aujourd’hui, La Fab sur Mill à Chelsea est bien plus qu’une salle de concert.

Cours de danse jeunesse à La Fab sur Mill, Chelsea – Crédit : Jessica Hodgson, Danse Chelsea Dance

Le centre culturel comprend également :

Galerie d’art de La Fab sur Mill à Chelsea – Crédit : Sandy Foote, La Fab sur Mill

Tout au long de l’année, le lieu accueille des ateliers, des expositions, des spectacles et des activités qui dynamisent la vie culturelle de la région.

Événements à venir à La Fab sur Mill

Au cours des prochaines semaines, La Fab sur Mill à Chelsea propose une programmation variée mêlant musique et arts visuels dans la Salle de concert du Sanctuaire ainsi que dans sa galerie d’art.

Concert du Quintette d’Ed Lister

Date : 22 mars 2026
Heure : 16 h à 18 h

Le 22 mars 2026, le quintette d’Ed Lister sera accompagné d’un pianiste pour un concert en après-midi dans la Salle de concert du Sanctuaire de La Fab sur Mill à Chelsea. Ce rendez-vous musical sera notamment l’occasion d’entendre le magnifique piano Steinway du lieu. Ne manquez pas cette occasion unique et procurez-vous vos billets pour le Quintette d’Ed Lister.

Spectacle de Lynn Miles et ses amis

Date : 25 avril 2026
Heure : 19 h 30 à 21 h 30

Le 25 avril 2026, la lauréate d’un prix Juno et six fois récipiendaire des Canadian Folk Music Awards, Lynn Miles, sera de passage à Chelsea pour une soirée musicale intimiste accompagnée d’artistes invités dans la Salle de concert du Sanctuaire de La Fab sur Mill. Réservez dès maintenant vos billets pour le spectacle de Lynn Miles pour assister à cette soirée musicale.

Exposition Joie de vivre de Chantal Leclerc

Dates : du 14 février au 22 mars 2026

Présentée dans la galerie d’art de La Fab sur Mill à Chelsea, l’exposition Joie de vivre met en lumière les œuvres de l’artiste Chantal Leclerc. L’exposition est accessible gratuitement au public. Pour en savoir plus, découvrez l’exposition Joie de vivre de Chantal Leclerc.

Exposition Quelque chose de libre d’Alix Parisien

Dates : du 14 février au 22 mars 2026

Dans la galerie de La Fab sur Mill à Chelsea, l’artiste Alix Parisien présente une série d’œuvres explorant la liberté et le mouvement. L’exposition est accessible gratuitement au public. Pour en apprendre davantage, découvrez l’exposition Quelque chose de libre d’Alix Parisien.

La musique, un fil conducteur qui rassemble

“I’m most proud of the generosity and ongoing support of the community. They keep on showing up and people will help however they can. It’s unbelievable.”

C’est fort la musique. C’est puissant. Ça rallie des communautés entières, comme celle, où habite Roberta depuis déjà 30 ans. Ça fait chaud au cœur et ça donne surtout le goût d’aller à leur rencontre.

Un texte de José Lafleur

Elle s’appelle Cora. Elle a cette joie de vivre qui est contagieuse. Elle est curieuse, généreuse et ouverte. Prête à tout essayer. Ça s’entend tout de suite. Son accent français aussi. Et elle bénévole au Salon du livre de l’Outaouais.

Au bout du fil, elle se raconte. Passionnée par l’archéologie, elle est allée faire ses études en Grèce, un sol riche en fouille. Outre son intérêt marqué pour l’histoire, elle a dû se rendre à l’évidence que ce n’était pas un métier qui lui permettrait de s’épanouir pleinement. « Avec mes p’tits bouts d’os, c’était pas mal solitaire comme boulot », mentionne-t-elle en rigolant. En grand besoin de contact et d’interaction avec autrui, elle s’est donc tournée vers l’éducation. Après la complétion de son diplôme comme enseignante-documentaliste, c’est en Espagne qu’elle a élu domicile, avec son amoureux, pour débuter son nouveau chapitre de carrière. Son premier fils, Simon, y est d’ailleurs né. Toujours en quête d’aventures et d’expériences, au bout de quatre ans, elle dépose deux dossiers de candidature pour obtenir un autre mandat à l’étranger, soit à Athènes, en Grèce ou à Ottawa, au Canada.

Vous l’aurez deviné, c’est le Canada qui l’emporte et en 2011, Cora et sa petite famille s’installent dans la région de la capitale nationale. « Je suis tombée amoureuse tout de suite. C’était comme une évidence. J’adore ce pays, les gens qui l’habitent! Son histoire est jeune et vivante, elle est en train de se construire. Ça ne ressemble à rien de ce que je connaissais [médiéval ou classique]. C’est très stimulant intellectuellement ».

Durant l’hiver qui suit son arrivée au Canada, elle fait la découverte du Salon du livre de l’Outaouais (SLO), avec Simon, encore haut comme trois pommes. « Ça a été très fort, très intéressant comme premier contact avec la littérature canadienne. Hyper accueillant », confie-t-elle. « Je me rappelle encore le kiosque d’Amnistie internationale, où l’on nous avait invités à réaliser des dessins pour les prisonniers dans le monde ». Ces échanges, ces découvertes, cette ouverture vers autrui ont résonné chez Cora. Ces rendez-vous annuels ont également marqué l’imaginaire du jeune Simon qui, de retour à la maison, à l’aide de ses albums jeunesse et de ses peluches devenues auteur·trices, a recréé un mini Salon du livre dans sa chambre. « C’était trop chou! ».

Salon du livre de l’Outaouais recréé par Simon – Crédit : Cora & Simon

Depuis, son rapport avec le SLO n’a fait que grandir. En tant qu’enseignante-documentaliste, elle s’est toujours donné le défi de dénicher des bouquins pour chacun des jeunes, car « suivre leur parcours littéraire est vraiment stimulant ». Tous les ans, elle amène ses classes « vivre » le Salon et inscris même quelques-unes d’entre elles au concours Lance ton balado! Deux de leurs projets se sont d’ailleurs illustrés par le passé. Elle coordonne également annuellement le passage de la Tournée jeunesse Desjardins dans son école et met sur pied de petits groupes pour favoriser les échanges entre les jeunes et les auteur·trices.

Et depuis l’édition 2024, elle s’est jointe à l’équipe des quelque 220 bénévoles du Salon du livre de l’Outaouais. Elle est de ces personnes dévouées qui donnent généreusement de leur temps en épaulant l’équipe du Salon, l’instant de quelques jours. Leur contribution est incommensurable au succès de l’événement. « Ici, on m’accompagne pour m’aider à faire des choses pour les autres. C’est ça, le Canada. On est capable de développer cette part de nous. C’est un cadeau que l’on nous fait ».

De l’équipe verte qui trie les matières résiduelles, aux bénévoles responsables des différents accueils, du transport, des renseignements ou encore, de la billetterie, les tâches sont nombreuses et variées. Cette année, Cora sera accompagnée de sa collègue Béatrice. Toutes deux seront de l’équipe dédiée à l’accueil des auteur·trices. « Ce poste est toujours un beau prétexte pour faire le tour des kiosques et aller nous présenter. On va vers des gens vers qui on n’aurait pas forcément été. Et on est souvent agréablement surprises ».

Bénévoles de l’Équipe des visites scolaires – Crédit : Salon du livre de l’Outaouais
Bénévoles responsables de l’accréditation – Crédit : Salon du livre de l’Outaouais

C’est donc toute une équipe qui nous donne rendez-vous, du 19 au 22 février prochains, au mythique Palais des congrès de Gatineau, sous la thématique Entre nos mains. « Ça me parle beaucoup comme thème, car tu peux y ajouter ce que tu veux. C’est très inclusif. Pour moi, comme prof, quand je pense à mes jeunes élèves, c’est l’avenir entre nos mains qui me vient tout de suite en tête ».

Le Salon du livre de l’Outaouais est, sans contredit, la grande messe des épicurien.nes littéraires. C’est un rendez-vous empreint de rencontres, d’échanges et de découvertes. Avouons-le, il fait bon de bouquiner au Salon. Les auteur·trices viennent de partout, en commençant par chez nous. En effet, 53 plumes d’ici seront de l’événement, dont 10 d’entre elles en seront à leur tout premier Salon. Certains de ces talents régionaux seront en dédicaces, d’autres également de la programmation. Pour en nommer que quelques-uns, LouNat qui « flirt » avec le slam de poésie et France Légaré qui signe une biographie hommage à son grand-père.

Bénévole qui accueille une famille à la billetterie – Crédit : Salon du livre de l’Outaouais

Aussi à surveiller, la programmation hors-les-murs qui propose des activités satellites qui tournent autour du livre. En collaboration avec Ciné-Jonction, notons la projection du film Mille secrets mille dangers d’un gars originaire de l’Outaouais, Philippe Falardeau, au Musée canadien de l’histoire. Et des occasions pour sortir des sentiers battus, il y en a tout plein! Il s’agit juste d’être curieux·euses. C’est justement ça le Salon, laisser sa curiosité l’emporter. Et aller à la rencontre de l’autre.

Pssst! Si vous avez en main une carte Multi de la Société de transport de l’Outaouais, obtenez un « 2 pour 1 » sur le droit d’entrée quotidien au Salon. Et pour les personnes qui ont un bracelet-passeport 4 jours du SLO, le transport en commun est inclus. Aussi, n’oubliez pas que les enfants de 12 ans et moins voyagent gratuitement, en tout temps, avec une personne qui paie son passage. Pour planifier votre déplacement jusqu’au Palais des congrès de Gatineau, utilisez le Plani-bus au www.sto.ca

En cette période de réjouissance, pourquoi ne pas donner un nouveau sens au temps des Fêtes en offrant ou en s’offrant la culture en cadeau?

Offrir la culture, c’est encourager les créateur·trices d’ici, soutenir l’économie locale et témoigner de notre solidarité envers une communauté artistique vibrante et dynamique. Chaque achat, petit ou grand, contribue à faire rayonner la culture ici, chez nous.

À l’heure où les enjeux de santé mentale occupent une place importante au sein de notre société, il est essentiel de rappeler que la culture constitue un précieux remède et un levier de prévention en matière de mieux-être. S’offrir une expérience culturelle, quelle qu’elle soit, c’est vivre des moments d’émotion où le temps est suspendu. Quand nos vies roulent à pleine vitesse, la culture nous procure une accalmie, nous libère du stress quotidien et nous invite à faire une pause en nous laissant envoûter.

Nous vous avons convaincu ou encore fait rêver? Dans ce cas, voici cinq idées 100 % Outaouais pour glisser sous le sapin et faire vibrer les cœurs.

Propulsion scène – Photo : Maude Poulin

1. Des billets pour un spectacle
Humour, théâtre, danse, musique : nos salles — la salle Odyssée, le Théâtre de l’Île, le Minotaure, l’Estacade, Propulsion scène, la Fab sur Mill, Les Productions Deux Vallées et bien d’autres — ont tout pour offrir une soirée inoubliable, sous le signe de la découverte ou de la nostalgie!

Si vous êtes plus du type festivals, certains événements proposent déjà en prévente leurs passeports, parfaits à glisser dans le bas de Noël! Le Salon du livre de l’Outaouais, le Festival d’humour de Gatineau, le FMG, l’Outaouais en fête ou l’Igloofest offrent tous des forfaits avantageux.

2. Un livre d’un auteur ou d’une autrice de l’Outaouais
Rendez-vous chez une librairie indépendante et laissez-vous guider vers les talents littéraires d’ici à travers leur vitrine consacrée aux créateurs et créatrices de la région.

Muraï céramique – Photo : Maude Poulin

3. Une création artisanale locale
Bijoux, céramique, arts visuels, objets décoratifs : un cadeau unique, créé avec soin, qui soutient directement un·e artiste d’ici. Pour trouver le cadeau parfait, visitez quelques boutiques ou ateliers de la région tels que la Galerie Old Chelsea, la Galerie Deux Regart, Laurin atelier galerie (secteur Buckingham), l’atelier de Danou Charette à Cantley, La Shed qui tourne et la boutique la Fouinerie du Centre d’exposition Napoléon-Bourassa à Montebello ou découvrez les artisans du Tour des ateliers Chelsea-Wakefield.

Le Centre d’art populaire du Québec et le Centre d’innovation des Premiers peuples offrent également des boutiques en ligne.

4. Une carte-cadeau culturelle
Offrir une carte-cadeau pour un lieu culturel que l’on aime demeure une option flexible et polyvalente : elle suggère une expérience sans l’imposer, tout en laissant à son détenteur la liberté de choisir ce qui lui plaît et de découvrir la culture locale à son rythme.

Festival de la fibre Twist – Photo : Maude Poulin

5. Une expérience culturelle à vivre ensemble
Atelier, visite guidée, activité immersive… offrir du temps partagé, c’est offrir ce qu’il y a de plus précieux.
Le Centre d’exposition l’Imagier offre une rétrospective des 50 ans du Centre dans l’exposition Au fil de l’imaginaire, à l’affiche jusqu’au 20 février 2026. Après une séance de patinage à la marina d’Aylmer quoi de mieux que de flâner et de rêver dans ce lieu mythique d’Aylmer, de découvrir les fondateurs Yvette et Pierre Debain et de devenir membre pour profiter de rabais dans les commerces locaux? Une belle façon de soutenir l’achat local.

Pour les plus aventureux·ses, Amuzart, et Muraï céramique offrent des ateliers à l’année, tandis que le Festival de la fibre Twist organise une retraite printanière à Montebello pour les amoureux·ses du tricot.

✨Joyeuses fêtes culturelles!✨

Vous aimez vibrer devant une pièce, vous laisser emporter par un roman ou vous perdre dans les textures d’une toile ? En tant qu’amateur·trice de culture, vous êtes bien plus qu’un public passif : vous jouez un rôle actif dans le parcours des artistes, en tant que témoin et parfois moteur. Chaque œuvre choisie, chaque billet acheté, chaque émotion partagée contribue à faire rayonner la création.

Certain·es artistes ont vu leur travail salué par leurs pairs aux Culturiades — un gala qui célèbre le talent artistique et culturel de l’Outaouais. Organisée par Culture Outaouais, cette soirée met en lumière les créateur·trices émergent·es, les professionnel·les et les organismes qui font vibrer la région.

Les Culturiades ne se limitent pas à remettre des prix : elles révèlent des trajectoires, des voix singulières, des démarches à découvrir. Chaque lauréat·e incarne une facette vivante de la création locale, et leur reconnaissance témoigne de l’effervescence artistique qui anime l’Outaouais. En explorant leur travail, vous prolongez ce geste de reconnaissance et contribuez, vous aussi, à faire vivre la culture.

Voici quelques lauréat·es dont le parcours illustre pleinement la portée de cette distinction.

Mathieu Lacombe, ministre de la Culture et des Communications et Julien Morissette
Source : Marie-Andrée Blais

Julien Morissette : Artiste de l’année 2024

Réalisateur, concepteur et musicien originaire de l’Outaouais, Julien Morissette se souvient de l’émotion ressentie lors de la remise de son prix.

« J’ai accueilli ce prix avec beaucoup de surprise et d’étonnement. Recevoir cette distinction en novembre dernier a été une belle reconnaissance de la part du milieu en Outaouais, explique-t-il.

« Dans un secteur culturel qui fait face à des défis de structure, de financement et de couverture médiatique, savoir que mon travail est reconnu par un jury de pairs et par la communauté donne de la crédibilité à ma démarche. » ajoute-t-il

Cette reconnaissance, insiste-t-il, agit comme une « tape dans le dos » et une source de motivation pour continuer à créer.

Morissette est aussi directeur artistique de Transistor Média, la boîte de production balado qu’il a cofondée et qui a reçu la Bourse de résidence de création 2023.

« Cette bourse nous a donné le luxe du temps et un lieu pour créer, à la maison Fairview. Nous avons pu travailler deux semaines sur un projet de création, sans viser un résultat concret immédiat. C’est précieux de pouvoir explorer, remettre en question, creuser des idées, sans être dans une logique stricte de productivité. Ces espaces manquent dans les démarches artistiques. »

S’il touche à la musique, à la réalisation et aux arts numériques, un fil conducteur traverse toute sa démarche : raconter des histoires avec les sons, la parole, la musique, mais avec un cachet bien local.

« Dans mes projets numériques, mes installations, mes créations sonores, je vois la pertinence d’écrire des récits qui se déroulent ici, dans lesquels les gens de la région peuvent se reconnaître, mais aussi qui permettent à d’autres, au Québec ou à l’étranger, de découvrir notre paysage et d’y associer des voix, des récits, des histoires », soutient Julien Morissette.

Nadine Deschamps, coordonnatrice régionale, direction de contenu éditorial et partenariats pour Télé-Québec et Lauranne Faubert
Source : Marie-Andrée Blais

Lauranne Faubert-Guay : Coup de cœur 2024

La danseuse et chorégraphe Lauranne Faubert-Guay a reçu le prix Coup de cœur 2024. Basée à Montpellier, en Outaouais, elle se dit profondément touchée par cette marque de reconnaissance pour son art et sa discipline.

« Ce prix m’a fait chaud au cœur. Il s’agit d’une belle et généreuse marque de reconnaissance de la part d’une institution essentielle dans le milieu culturel en Outaouais. »

Pour elle, cette distinction est aussi un tremplin. « Il est difficile de me prononcer sur les effets directs, mais je présume qu’il a donné plus de visibilité à mes dernières réalisations. Certainement, il favorisera le développement de ma carrière et facilitera mes démarches de rayonnement. »

Engagée dans le milieu de la danse contemporaine comme chercheure, chorégraphe et interprète, elle a fondé en 2020 le studio Devenir(s) corps, un lieu de résidence et de pratique des arts vivants dans la Petite-Nation. Sa mission : développer et démocratiser les arts vivants en milieu rural.

Galerie UQO
Source : Maude Poulin

Marie-Hélène Leblanc : la Galerie UQO consacrée

En 2019, la Galerie UQO a reçu le prix Organisme de l’année, une étape importante dans le parcours de cette galerie universitaire née en 2015. Pour sa directrice et commissaire, Marie-Hélène Leblanc, cette distinction venait souligner un travail collectif.

« En 2018-2019 seulement, trois projets majeurs ont été réalisés – Temporaire, Re : Travailler ensemble et La robe de chair au Musée national. Ces initiatives ont contribué à positionner la Galerie comme un espace incontournable de recherche, d’expérimentations et de diffusion. »

Ce prix a confirmé le rôle unique que peut jouer une galerie universitaire dans une région comme Gatineau-Ottawa, en incitant l’institution à multiplier les collaborations et à mieux s’intégrer à la communauté artistique.

Depuis sa création en 2015, la Galerie UQO s’impose comme un lieu de recherche et de diffusion en arts contemporains où convergent théorie, critique et engagement social par l’innovation artistique et commissariale.

Source : Culture Outaouais

Manon Larin-Picard : Radio-Hull, une idée née de la pandémie

En 2020, le Centre de production DAÏMÔN a été récompensé par le prix Organisme de l’année. Sa directrice générale, Manon Larin-Picard, se souvient du contexte particulier :

« Nous avons été récompensés pour la mise en place du projet Radio-Hull, né en pleine pandémie. Nous voulions offrir des occasions de création et de diffusion qui respectaient les normes sanitaires, tout en demeurant artistiquement pertinentes. »

Ce festival, diffusé sur les ondes FM et en ligne, est aujourd’hui devenu un rendez-vous annuel de 28 jours, 24 heures sur 24. Il continue de rassembler artistes et public, tout en confirmant la pertinence des arts médiatiques et numériques dans la région.

Par ailleurs, cette reconnaissance a renforcé notre rôle dans la communauté. Depuis 2020, le nombre des membres du Centre de production DAÏMÔN qui accueille et soutient divers artistes, est passé de 75 à plus de 200, preuve que les arts médiatiques et numériques sont désormais au cœur des pratiques artistiques de la région. 

Une reconnaissance qui dépasse le symbolique

Au fil des années, le gala Les Culturiades a prouvé qu’il allait bien au-delà de la remise de prix. Il encourage la création, favorise les collaborations et donnent un élan aux artistes comme aux organismes.

Comme le résume Manon Larin-Picard, ce qui est célébré, au-delà des projets eux-même, c’est l’engagement collectif des équipes et des communautés artistiques à maintenir un bouillonnement culturel, même dans les périodes les plus difficiles.

Et si votre prochaine sortie culturelle devenait un hommage à ces créateur·trices ? Explorez leurs univers, laissez-vous surprendre, et devenez, à votre manière, un vecteur de leur rayonnement.

Suivez les récipiendaires sur Tout culture pour ne rien manquer de leur programmation :

Transitor Média

Devenir(s) Corps

Galerie UQO

Centre de production Daïmôn

Aussi, pour découvrir les lauréat·es des six dernières années, rendez-vous sur le site de Culture Outaouais.

Il n’est pas difficile de trouver des activités culturelles à faire cet automne en Outaouais. Le vrai défi, c’est de choisir ! Heureusement, notre équipe a parcouru l’abondante offre de sorties culturelles en Outaouais grâce au calendrier Tout culture. Nous vous proposons donc ici 6 idées de sorties pour tous les goûts et tous les âges. Au menu: un cabaret littéraire dans le secteur du Vieux-Hull, une saison d’humour portée par la Maison de la culture, une immersion cinématographique dans les coulisses de la musique populaire des années 60, 70 et 80, trois concerts dans un lieu champêtre accueillant, et une programmation musicale variée au cœur du centre-ville. Sortez vos agendas et prenez des notes : voici 6 idées de sorties pour profiter pleinement de l’automne culturel en Outaouais !

Un cabaret littéraire qui ébranle les certitudes 

À l’Espace René-Provost, la Maison des arts littéraires de Gatineau présente Sororités noires du nouveau millénaire , une expérience littéraire aussi intime que percutante. Ce cabaret met en scène des duos d’autrices noires de différentes générations qui, par le biais de lettres échangées, explorent le thème de la sororité dans toute sa complexité. À travers ces dialogues sensibles et engagés, le spectacle soulève des questions cruciales sur la place des écrivaines afro-québécoises dans le paysage culturel, les solidarités possibles face aux injustices, et le pouvoir des mots pour résister à la misogynie et au racisme. Une proposition artistique audacieuse, profondément humaine, qui résonne avec les enjeux contemporains et invite à la réflexion collective.

Documentaires au cœur de l’histoire

Au Musée canadien de l’histoire, les Soirées CINÉ+ : musique Rétro vous proposent une immersion cinématographique dans les coulisses de la musique populaire des années 60, 70 et 80. En complément de l’exposition Rétro – La musique populaire au Canada, cette série de films documentaires révèle comment les artistes de l’époque ont influencé la société, bousculé les normes et marqué durablement la culture canadienne. À travers des récits poignants et des images d’archives vibrantes, ces projections offrent une perspective nouvelle sur trois décennies de créativité musicale. Une sortie idéale pour les mélomanes nostalgiques ou les curieux en quête de découvertes culturelles.

Des spectacles intimes dans une grange à Cantley

À seulement 20 minutes de Gatineau, aux abords de la Rivière Gatineau, se trouve La Grange de la Gatineau, un lieu de rassemblement intime installé dans une grange pionnière centenaire. Le cadre parfait pour découvrir ou redécouvrir des talents musicaux d’ici et d’ailleurs, surtout à l’automne ! Cette saison, l’équipe propose un concert jazz et soul avec l’icône canadienne Kellylee Evans, une soirée à sonorités latines avec Rachelle Behrens, et la venue d’une des « voix les plus belles et les plus captivantes de la scène Americana » Lynne Hanson.

Exposition L’âme de la ville/Nouveaux regards de Sophie Roy au Centre d’exposition Napoléon-Bourassa

Situé à l’intérieur du Centre d’action culturelle de la MRC de Papineau (CACP), au cœur de Montebello, le Centre d’exposition Napoléon-Bourassa propose une programmation annuelle aussi diversifiée que divertissante, incluant les métiers d’arts, la photographie, la peinture, et beaucoup d’autres disciplines. Cet automne, l’œuvre de Sophie Roy est mise en lumière à travers deux séries de portraits mêlant photographie, archives et art numérique. La collection L’âme de la ville explore les tensions entre l’enracinement et la mobilité, tandis que sa série Nouveaux regards présente des paysages inédits, où réalité et imaginaire se confondent.

Le CACP est aussi l’équipe derrière le Symposium d’art in situ, une biennale où des artistes créent des œuvres sculpturales et des installations en direct. L’événement de cette année, se tenant au cœur du village de Ripon, est maintenant terminé, mais on peut faire une escale à la Place du marché de la Petite-Nation afin de voir le résultat du travail des huit artistes invité·es de cette année, incluant l’artiste conceptuelle Samuelle Desjardins, le métallurgiste Mustapha Chadid et le sculpteur Denis Marceau.

Un automne en humour grâce à la Maison de la Culture de Gatineau

Bien que la salle la plus récompensée du Québec propose des spectacles de tout genre, son offre en humour reste une des pierres angulaires de sa programmation. Et cet automne, la Salle Odyssée propose plusieurs voix féminines de la scène humoristique québécoise. Mégan Brouillard revient avec Chiendent, un spectacle à l’humour vif et bien ancré dans son époque. Ève Côté propose son premier solo, porté par son style imagé et son ton gaspésien distinctif. Katherine Levac, quant à elle, retrouve le public avec une nouvelle proposition scénique. Parcourez la programmation de la Maison de la culture pour repérer d’autres spectacles d’humour présentés à la Salle Odyssée et à l’auditorium Nicolas-Gatineau. 

De la musique pour tous les goûts au Minotaure

Des plus grandes vedettes de la scène musicale québécoise aux talents émergents locaux, le Minotaure propose des soirées pour tous les goûts. Si vous aimez la musique rock, vous trouverez sûrement votre compte le 19 octobre prochain avec Didier Wampas Psycho Attack. Vous êtes plutôt du genre rap ? Le rappeur québécois Lost vous fera vibrer le 22 novembre. Vous aimez faire une différence pendant que vous vous divertissez ? Pépé et sa guitare sera en visite le 6 décembre pour une levée de fonds aux profits de Moisson Outaouais. Bref, toutes les raisons sont bonnes pour visiter le Minotaure, mais sa programmation musicale demeure la meilleure ! 


Vous avez maintenant de quoi enrichir vos journées et soirées d’automne en Outaouais. Pour découvrir encore plus d’idées et obtenir tous les détails, visitez toutculture.ca et suivez-nous sur Facebook et Instagram. Chaque lundi, nous y publions des suggestions pour vous aider à planifier vos sorties de la semaine. 

La cloche vient de sonner. Autour de moi, les chuchotements s’étirent jusqu’au cadre de porte tandis que les élèves s’éclipsent un à un.
Enfin… presque toutes et tous.
Une petite fille s’attarde à son bureau. Sa main commence à froisser la feuille sur laquelle elle a écrit ses contes réinventés, notre sujet du jour.
Elle me demande :
— Qu’est-ce qu’on fait avec ça? On le met au recyclage?
Un « NON! » théâtral sort de ma bouche. Juste assez fort et dramatique pour qu’elle relève les yeux.
— Surtout pas! Elles sont précieuses, tes idées. Prends-en bien soin, que j’ajoute, avec beaucoup de sérieux.
Son geste s’interrompt, sa feuille en équilibre entre deux destins : poubelle ou trésor.
Notre conversation se poursuit encore un peu et ce n’est qu’au moment où elle retourne ranger sa feuille dans son pupitre que je sais que la magie a opéré.
Ses doigts lissent le papier, sa colonne se redresse. Dans ce silence qui nous enveloppe, je vois bien plus qu’une feuille de papier qui se défroisse.
Je vois une petite fille qui vient de découvrir la valeur de ses idées.

Qui suis-je ?

Cette rencontre illustre parfaitement pourquoi j’ai choisi ce métier. Je me présente : je suis Stéphanie, autrice pour la jeunesse et ancienne enseignante.
Aujourd’hui, je consacre une grande partie de mon temps pour aller à la rencontre des enfants dans les écoles afin de leur faire découvrir le pouvoir des histoires. Celles qu’on lit, celles qu’on écrit, et surtout, celles qu’on partage.

Offrir la permission de créer

À travers mes expériences d’animation, j’ai compris que la plus grande contribution d’une autrice est la suivante :
Offrir la permission aux enfants de se voir comme des créatrices et des créateurs d’histoires, d’idées, de solutions, de rêves. Pas dans un futur lointain. Mais dès maintenant, dès aujourd’hui. Ce message a du poids quand il vient d’une personne qui a fait le pari de croire en ses idées.
Pensez-y : avant de publier un livre, une autrice ou un auteur doit développer ses concepts pendant des heures sans savoir où ils vont la mener, essuyer les (nombreux) refus d’éditeur·trices, continuer d’écrire malgré le doute qui la ronge. Personnellement, quand je dis à un enfant « tes idées ont de la valeur », je connais le courage que cela nécessite de leur faire confiance… vraiment!

Créer, c’est aussi persévérer

Quand un·e élève commence à se voir comme créateur·rice, quelque chose change.
Une confiance nouvelle s’installe, comme en témoigne cette phrase envoyée par une enseignante après l’une de mes visites :
Les élèves se sont sentis compétents. Je pense que ça va leur donner confiance en eux lors de prochaines situations d’écriture.
Et cette confiance devient vite un terreau fertile pour la persévérance. Car quand on croit que ses idées sont précieuses, on y porte attention. On accepte de les travailler. De les reprendre. De les pousser plus loin.
C’est exactement que ce la recherche confirme : ces rencontres démystifient le processus d’écriture. Elles montrent qu’écrire, c’est reprendre et améliorer son texte, encore et encore. Comme le font les écrivain·nes.

Le programme Culture à l’école : cette expérience est à portée de main : au Québec, le programme Culture à l’école rend ces rencontres possibles en couvrant la quasi-totalité des frais.
Les centaines de personnes qui figurent dans ce répertoire, notamment des artistes de l’Outaouais comme Andrée Poulin, Katia Canciani, Éric Péladeau, Paul Roux, rivalisent de créativité pour offrir des ateliers amusants et éducatifs.
Mais chacun·e d’entre nous venons porter le même message aux enfants, celui-là même que j’ai partagé avec cette fillette qui s’apprêtait à jeter ses idées au recyclage : tes histoires ont de la valeur, ta vision du monde mérite d’être entendue. À toi maintenant de les chérir, de les polir, de les partager fièrement. En cette nouvelle année, laissez-nous joindre notre voix à la vôtre.


À propos de l’autrice : Stéphanie Boyer est l’autrice de quinze livres pour la jeunesse, traduits en cinq langues ainsi que lauréate ou finaliste de plusieurs prix littéraires. Lorsqu’elle n’invente pas des histoires, Stéphanie les fait circuler comme conseillère pédagogique, chargée de cours et animatrice dans les écoles. Elle accompagne chaque année des centaines d’enseignant·es et rejoint des milliers d’élèves en classe guidée par cette conviction : l’imagination est une forme d’intelligence précieuse qui mérite d’être cultivée. 

Crédit photo : Jonathan Lorange


Jusqu’au 3 octobre, le Sentier culturel invite à redécouvrir Gatineau à travers une trentaine d’œuvres disséminées dans l’espace public.

Des artistes de l’Outaouais investissent l’espace public. Chacun·e son histoire, chacun·e sa touche. Mais tous·tes participent à faire de la ville une véritable galerie d’art à ciel ouvert. Dans ce décor, le public redécouvre sa ville au fil des œuvres, et s’approprie tout un territoire insoupçonné.

C’est d’ailleurs l’objectif de l’initiative Sentier culturel qu’accueille la ville de Gatineau jusqu’au 3 octobre. 24 installations et 16 fresques hautes en couleur sont à découvrir. Parmi les artistes de la partie, Alex Davro participe pour la deuxième fois à cet événement.

Alex Davro présentant sa fresque intitulée Rez-de-jardin. Crédit Photo : Gracieuseté

Après une installation utilisant la réalité augmentée (édition 2024), elle revient au sentier avec une fresque intitulée Rez-de-jardin. Située dans le Vieux-Hull, exactement au 135 rue Eddy, la murale vise « à enjoliver le quartier et à apporter de la couleur au quotidien des gens » , explique l’artiste.

Après avoir présenté une première phase de sa fresque, elle ajoute cet été une deuxième phase sur le même bâtiment qui couvrira le deuxième étage et un mur du stationnement. Pour ce faire, Alex, qui a troqué depuis 2022 sa carrière dans la coopération internationale pour les pinceaux, s’est initiée cette année aux techniques de la peinture en nacelle.

Loin du sentier, une autre réalisation illustre l’engagement de l’artiste au sein de la communauté. Sollicitée par la Ligue des voisins du Manoir des Trembles pour créer une illustration de chandail, elle a rapidement élargi le projet à une murale au centre communautaire des Trembles.

« Le slogan, c’était Ici, on est aux petits oiseaux ! parce que les rues du quartier portent des noms d’oiseaux », sourit-elle.

Une déambulation artistique plurielle

Au fil du Sentier culturel, d’autres artistes transforment les rues de Gatineau en terrain d’expression. Jean-François Lacombe signe Gatineau Bizarro, une sculpture qui présente une version de la figure d’Aphrodite, « mais actualisée avec un hoodie et un écran CRT en lieu de tête ». « L’œuvre convie à voir les nuances de la ville : les terrains vagues et espaces interstices, les constructions vernaculaires et populaires qui racontent un pan de notre relation au territoire », explique Jean-François Lacombe qui propose un regard poétique sur ce qui échappe à la planification urbaine. Une ode aux marges, où la nature reprend ses droits et où l’imaginaire s’épanouit.

Dans un tout autre registre, M. Chadid attire les regards avec deux œuvres singulières. L’Ours et la clarté, installée devant le musée canadien de l’histoire, cette sculpture monumentale de métal aux arêtes géométriques s’illumine au passage du soleil grâce à ses insertions de plexiglas coloré. Bleu azur, vert émeraude, rose nacré… autant de nuances translucides qui projettent au sol des reflets mouvants. L’œuvre invite à la contemplation, fusionnant force brute et délicatesse lumineuse.

Sa deuxième installation, Havre de paix, imagine un monde où proies et prédateurs se retrouvent autour d’une source d’eau, dans une cohabitation pacifique. Une métaphore douce sur la tolérance et le vivre-ensemble.

Une mémoire déplacée au cœur du Vieux-Hull

Témoignage d’un projet de colonisation interrompu, l’installation Vieille école, signée Lieven Meyer représente une ancienne école de rang, originaire d’Abitibi, qui a été relocalisée et réinterprétée dans le parc Vaudreuil. Déformée, renversée, tournée vers l’extérieur, elle évoque l’histoire rurale effacée, le déplacement, mais aussi la mutation des récits collectifs.

Pour découvrir ces créations et plus d’une trentaine d’autres qui revendiquent un espace à l’art dans la ville, des visites guidées gratuites sont proposées tous les samedis, du 1er juin au 7 septembre.

Le départ se fait à 10 h devant la Maison du tourisme (101, rue Laurier), pour une balade d’environ une heure et demie, qui se conclut dans la ruelle Aubry — un lieu parfait pour casser la croûte et poursuivre la discussion.

Il n’est pas difficile de trouver des activités culturelles à faire l’été en Outaouais, mais le défi est de faire une sélection ! Heureusement, notre équipe a défriché l’abondante offre de sorties culturelles en Outaouais grâce au calendrier Tout culture, et vous présente ici 6 idées d’activités estivales pour tous les goûts et tous les âges ! On vous présente une série théâtrale en nature, un centre culturel dans un lieu pittoresque, un festival ancré en milieu rural et un autre qui vous fera monter au ciel, et deux séries d’événements modernes dans des lieux patrimoniaux. Sortez vos agendas et prenez des notes : voici 6 idées de sorties culturelles en Outaouais pour profiter de l’été au maximum ! 

Une nouvelle édition de Molière dans le Parc 

Crédit photo : Sylvain Sabatié Photographie  

Une de nos traditions estivales préférées, le Fâcheux Théâtre est de retour avec une nouvelle édition de Molière dans le Parc. Du 16 au 26 juillet au Parc Fontaine dans le secteur Hull, la compagnie de théâtre, qui a récolté le prix Organisme de l’année lors du Gala Les Culturiades 2024, nous propose une réinterprétation de L’École des femmes, un des grands succès de Molière. Adaptée en prose par Sylvain Sabatié, la pièce nous raconte l’histoire d’Arnolphe et de sa pupille Agnès, qu’il tient dans l’ignorance et la soumission afin de la marier. À vous de découvrir l’interprétation qu’en fera l’équipe du Fâcheux Théâtre, qui a le don d’adapter les classiques de Molière de manière à adresser nos enjeux sociaux modernes.   

Programmation estivale au Presbytère de Blue Sea 

Un des secrets les mieux gardés dans la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau, le Presbytère de Blue Sea est une ruche d’activités culturelles et communautaires. Nouveauté cette année : le Café culture Le Blisse, qui propose des ateliers créatifs, une ruche d’art, et des soirées de jam musical. La galerie du Presbytère accueillera plusieurs expositions cet été, incluant celle de Béla Simó, sculpteur notable de Val-des-Monts, qui sera accompagné par la harpiste Lucile Hildesheim pour le vernissage qui aura lieu le 19 juillet. Le 23 août on vous invite à la Presby’Fête, un après-midi festif placé sous le signe de la découverte, du partage et de la créativité.  

L’édition 2025 du FMG 

Le Festival de montgolfières de Gatineau (FMG) fête bientôt ses 40 ans et l’événement a beaucoup évolué au fil des années, devenant un des plus grands événements estivaux en Outaouais. Quoique les montgolfières sont toujours de la partie, c’est la programmation culturelle qui prime aujourd’hui. Du 27 au 31 août, le parc de la Baie à Gatineau sera l’hôte d’innombrables prestations artistiques, incluant de la musique, de l’humour, de la danse, des artistes drags, et même de la magie ! À la programmation on trouve notamment plusieurs artistes locaux, incluant la musicienne Mia Kelly, le magicien Daniel Coutu et le groupe Maple Whiskey. Du plaisir garanti pour toute la famille ! 

Une saison de concerts à Propulsion scène 

Crédit photo : Propulsion scène

Depuis 2012, Propulsions scène vise à rendre accessible la culture dans le secteur du Vieux-Gatineau. Nichée à l’intérieur d’une ancienne grange au cœur de la place Notre-Dame, la salle de spectacle intime accueille plusieurs événements culturels pendant les mois plus cléments. Cette saison vous y trouverez notamment un hommage à Plume Latraverse avec Daniel Morissette, un cabaret avec l’auteur-compositeur-interprète Wassim, le retour du guitariste renommé Van Hoan et une soirée avec la musicienne folk franco-ontarienne Geneviève RB. Si vous ne connaissez pas encore cet endroit charmant et accueillant, voici l’occasion de le découvrir ! 

Les beaux dimanches au Musée de l’Auberge Symmes 

Situé dans le secteur patrimonial du Vieux-Aylmer, le Musée de l’Auberge Symmes est un bijou architectural et historique. En plus de ses expositions permanentes, le musée propose également une programmation variée pour tous les âges. Sa série musicale Les beaux dimanches propose des concerts gratuits de musique classique et jazz dans les jardins de l’Auberge. Vous pouvez même rehausser l’expérience en réservant une table pour prendre le thé pendant le concert à coût très raisonnable. Les concerts seront suivis d’une visite guidée gratuite du musée avec l’historien Roger Blanchette. Profitez de votre visite pour faire l’expérience Vol à l’Aquatic Club, la nouvelle thématique de la chambre d’évasion du musée.  

Festival Petite Nation en fête à Thurso 

Le centre-ville de Thurso sera l’hôte d’une grande scène extérieure du 14 au 16 août pour accueillir le festival de musique Petite Nation en fête. Incluant des activités pour toute la famille, des camions de rue pour combler vos fringales, et une programmation musicale entièrement québécoise, le festival Petite Nation en fête est un rendez-vous estival à ne pas manquer ! Vous y trouverez notamment un hommage aux Colocs et un hommage aux Cowboys Fringants, en plus de prestations d’artistes tels que l’auteure-compositrice Sara Dufour, le chanteur country originaire de Maniwaki Matt Lang, et la rockeuse légendaire Marjo.

Avec des centaines d’activités culturelles sur l’ensemble du territoire, vous ne manquerez pas d’inspiration pour planifier vos vacances estivales en Outaouais. Vous en cherchez plus ? Découvrez d’autres événements et ateliers créatifs en consultant le calendrier d’activités ou abonnez-vous à notre infolettre ! 

Par Amine Harmach

La transmission est tout un art pour Stéphanie Tenasco, artiste qui représente fièrement la Première Nation Kitigan Zibi Anishinabeg de l’Outaouais et s’efforce de perpétuer leurs traditions.

Originaire de la communauté de Kitigan Zibi, où elle est née et a grandi, elle figure aujourd’hui parmi les divers·ses acteur·trice culturel·les partenaires du Centre d’innovation des Premiers Peuples.

Enfant, Stéphanie découvre l’art de créer toutes sortes d’œuvres, notamment en travaillant le cuir et en s’initiant au perlage pour confectionner des bijoux, des mocassins, des régalia et des mitaines, entre autres.

Tout a commencé à l’âge de huit ans, lorsqu’elle participe à un petit atelier de quelques jours. « Ma mère m’a envoyée au centre culturel local, où quelques femmes aînées nous enseignaient à fabriquer des mocassins, des mitaines et à faire du perlage », raconte-t-elle. Depuis, elle n’a jamais arrêté, continuant à perfectionner son savoir-faire.

Portée par l’héritage transmis de génération en génération, elle met tout son cœur et son âme dans chacune de ses créations, de la petite à la plus grande : des petits bijoux en forme de fraise, un symbole qui marque le temps de sa naissance en juin, au mur végétal qu’elle a signé, installé à l’Université d’Ottawa et qui fait six étages totalisant 23 mètres de hauteur.

« Je n’aurais jamais imaginé qu’en 1988, je serais encore ici en 2025, toujours aussi passionnée, et transmettant ce que j’ai appris enfant de ces femmes », confie cette passeuse qui affirme ne pas se considérer comme une artiste.

Créer pour exister

Pour Stéphanie Tenasco, également chanteuse et danseuse, chaque création autochtone, tout comme le travail communautaire, joue un rôle crucial dans la visibilité des Premières Nations « Nous faisons partie de l’histoire, nous existons toujours. Et nous sommes fiers de notre identité. »

Active dans sa communauté, elle s’investit aussi dans la revitalisation de la langue algonquine, s’inscrivant dans la Décennie des langues autochtones proclamée par les Nations Unies (2022-2032).

Elle documente, préserve et développe des outils pour « apprendre, entendre et voir cette langue essentielle », dit-elle.Et son travail est une affaire de famille : elle collabore étroitement avec sa mère, enseignante retraitée de langue algonquine, qui a contribué à plusieurs projets de traduction pour Ottawa, Gatineau, ainsi que d’autres organisations au Québec et en Ontario.Ensemble, elles créent des supports pédagogiques destinés aux écoles et aux organismes communautaires.

Pour rendre l’apprentissage de l’algonquin plus dynamique et attrayant, Stéphanie a lancé plusieurs initiatives numériques.« Algonquin Language Learning » est l’une de ses chaînes YouTube où sont regroupés environ 130 courtes vidéos pour apprendre des mots et phrases simples en algonquin.

On cite aussi « Kinew and Zabet », une autre chaîne mettant en scène deux marionnettes qui, en algonquin et en anglais, participent à des activités saisonnières comme la pêche, la raquette ou l’entaillage des érables. « Je voulais rendre l’apprentissage attrayant et dynamique », explique celle qui participe également à diverses expositions et initiatives artistiques.

Dans la même veine, elle a également participé à la création d’une application mobile d’apprentissage de la langue algonquine, lancée en décembre 2023.

Sauvegarder la mémoire collective

Interrogée sur les défis auxquels font face les artistes et leaders communautaires autochtones, Stéphanie évoque une urgence. « Malheureusement, des personnes s’éteignent et emportent avec elles des traditions », déplore-t-elle. Son espoir est de transmettre le plus possible, pour garder vivant l’héritage de sa culture. « Même si je touche seulement un ou deux jeunes, c’est suffisant pour continuer », affirme-t-elle.

Stéphanie se souvient avec tendresse de ces ateliers où sa mère l’avait envoyée, contre son gré : « Je n’en voyais pas l’intérêt à l’époque. Mais aujourd’hui, je suis profondément reconnaissante. Quand je fais du perlage ou de la couture, je n’ai que des pensées positives. C’est un acte de guérison. »

Au-delà de l’artisanat, ses ateliers, organisés dans la communauté ou à Ottawa, sont devenus de véritables moments de partage. « C’est un moment de rire, de solidarité. Pour moi, c’est aussi une forme de médecine. »

À l’image de Stéphanie Tenasco, des figures engagées et actives dans leur communauté trouvent au Centre d’innovation des Premiers Peuples un accompagnement précieux pour découvrir leur plein potentiel et s’épanouir, tant sur le plan personnel que professionnel.


Un texte à deux voix de Wassim Aboutanos et Julie Moffatt

Quand la nature devient souffle

La nature inspire. Elle calme, recentre et ouvre un espace propice à l’expression, loin du tumulte du quotidien. Dans ce retour au vivant, plusieurs artistes trouvent le fil conducteur de leur démarche. Mais la nature ne se contente pas d’inspirer. Elle devient aussi matériau. Bois, pierre, argile, eau — des éléments vivants, bruts, qui réagissent et invitent à la collaboration plutôt qu’à la domination

Danou Charrette, artiste ébéniste, décrit son lieu de travail comme « un atelier vivant, où le geste entre en conversation avec l’arbre pour créer des pièces uniques et durables, chargées de mémoire et d’intention. » Ce lien naturel devient le point de départ d’une œuvre enracinée, prête à donner chaleur et vie aux maisons qui l’accueilleront.

L’artiste textile Solange Bellemare, résidente de L’Ange-Gardien, explore quant à elle la nature à même ses fibres. Autodidacte passionnée de couture et de techniques mixtes, elle s’est tournée vers la teinture et l’impression végétales pour créer des œuvres murales sensibles et uniques. Elle capte la mémoire du végétal et révèle, dans chaque pièce, les traces du vivant. Son travail témoigne d’un échange délicat entre substance organique, intuition artistique et lenteur assumée.

L’art qui s’ancre, l’art qui ralentit

Créer avec et dans la nature, c’est aussi une prise de position. Affirmer que le territoire n’est pas un simple lieu, mais un être vivant avec lequel composer.

Le Sentier des arts, porté par Traces Arts Visuels en collaboration avec la Municipalité de L’Ange-Gardien, incarne parfaitement cette démarche : un parcours où l’art s’installe dans le paysage, le révèle, le magnifie. Chaque œuvre est une invitation à s’arrêter, à ressentir, à se reconnecter. (Clin d’œil à Wassim ici, qui y a participé l’automne dernier.)

D’autres initiatives comme celles du campus Éco Echo s’inscrivent dans cette même volonté de cohabitation entre création et territoire. Ici, l’art devient levier de transition, un pont entre conscience et vivant.

L’art qui émerge de cette relation avec la nature ne cherche pas à éblouir. Il préfère ralentir, laisser place à l’émotion, au doute, à l’intime. Il nous ramène à l’essentiel, à ce qui résonne, et crée du lien à hauteur humaine.

Et si vous alliez y goûter par vous-mêmes? Une visite à la Galerie Old Chelsea, nichée au cœur du village, est une belle façon de vivre cette relation entre art et paysage. De là, pourquoi ne pas vous laisser tenter par une visite dans le Parc de la Gatineau? Prenez le temps d’y marcher sans but. De sentir la terre sous vos pieds, d’observer la lumière jouer dans les branches, de toucher l’écorce, d’écouter le vent. Laissez la nature devenir, elle aussi, votre complice. Parfois, un pas dehors suffit pour rallumer les étoiles.


À propos des auteur·es

Écrire à deux a été un élan naturel. Tous deux amoureux fous de culture, on partage la conviction que l’art a ce pouvoir unique de transformer les regards, d’enrichir une communauté et de retisser les liens entre humains. On rêve de voir les gens de l’Outaouais s’approprier leur culture, la vivre pleinement, la célébrer collectivement. Et, franchement, on a tous besoin de s’émerveiller et de s’ancrer dans du vrai, ces temps-ci. L’une de nous fait rayonner la créativité sous toutes ses formes. L’autre crée, ancré dans la scène, la musique et la collaboration. Deux approches, une même racine : la culture, quand elle est vivante et accessible, peut transformer notre coin de pays. Wassim a fait son arrivée sur la scène artistique comme auteur-compositeur-interprète il y a deux ans. Julie, elle, tisse des ponts entre idées, créateurs et publics, toujours avec ce désir profond de créer un impact collectif.

L’équipe du Pressoir est de retour avec une sélection des événements culturels incontournables de l’Outaouais pour le printemps 2025. À l’agenda : un festival mettant en vedette la création radiophonique, une célébration culturelle dans la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau, une exposition revendicatrice porteuse d’espoir, un classique théâtral québécois revisité, et un concert rock-soul dans une ancienne grange pionnière. Voici les événements culturels incontournables de l’Outaouais du printemps : 

Du 24 au 26 avril : L’édition 2025 du Festival Transistor 

Maintenant à sa 9e édition, le Festival Transistor continue de faire de l’Outaouais un épicentre de la création sonore au Canada. On lance le bal le jeudi 24 avril à la salle Odyssée avec en primeur le nouveau spectacle La disparition de Coyote Comeau, une création signée Julien Morissette et Louis-Philippe Roy tirée de l’univers du balado Hantées. La journée du vendredi est dédiée au volet professionnel, incluant des panels, conférences et entretiens avec de grands joueurs de l’industrie de la baladodiffusion au Centre culturel du Vieux-Aylmer, où le festival se poursuivra. En soirée, on lancera une nouvelle série balado documentaire de Transistor Média et Télé-Québec, suivi d’un enregistrement de Québec Nostalgie avec Catherine Forget, et terminant avec une soirée DJ. Samedi sera bondé de premières, enregistrements en direct de séries populaires, expériences sonores immersives, et des invités surprises. Découvrez l’ensemble de la programmation en cliquant ici. 

Du 28 avril au 3 mai 2025 : Festival Val-Gatinois à Lac-Sainte-Marie 

La MRC de la Vallée-de-la-Gatineau célèbrera l’arrivée du printemps grâce au Festival Val-Gatinois ! Le festival présentera quatre jours de spectacles jeunesse dans son volet scolaire, incluant de la magie, de la danse, du théâtre et de la musique. Ensuite, du 1er au 3 mai, l’église Saint-Nom-de-Marie sera l’hôte d’une série de trois concerts : une soirée country avec Guylaine Tanguay, une soirée blues avec Dawn Tyler Watson et Rebecca Noelle, et on termine avec une soirée soul avec King Melrose. Vous pouvez acheter vos billets à la carte ou bien économiser en achetant un « billet avantage » comprenant tous les spectacles en cliquant ici. 

Jusqu’au 25 mai : FemmExpo 2025 au Centre d’exposition Napoléon-Bourassa 

Chaque année depuis 2009, le Centre d’action culturelle de la MRC de Papineau célèbre à sa façon la Journée internationale des droits des femmes au-delà du 8 mars. Bien plus qu’une simple exposition, FemmExpo est un rassemblement de femmes créatives qui nous présentent des « plaidoyers poétiques et visuels » à travers leurs pratiques respectives. Cette année, ce sont 22 œuvres de femmes artistes qui sont présentées jusqu’au 25 mai au Centre d’exposition Napoléon-Bourassa, à l’intérieur du Centre d’action culturelle de la MRC de Papineau, qui vient tout juste de célébrer la prolongation de son bail à l’Hôtel de Ville de Montebello. De plus, les groupes scolaires et communautaires sont invités à communiquer avec l’équipe afin d’organiser des visites guidées ou des activités de médiation. Découvrez les artistes à l’honneur en cliquant ici. 

Du 7 mai au 1er juin : Les voisins au Théâtre de l’Île 

Depuis plus de 40 ans, Les voisins de Louis Saïa et Claude Meunier continue à confronter et divertir le public québécois à travers ses multiples représentations sur scène ainsi que grâce au film de Micheline Guertin, paru en 1987. Maintenant, c’est au tour de Magali Lemèle de nous offrir sa version de cette histoire de voisins banlieusards, joués par des citoyen·nes-acteur·trices, qui se réunissent pour une soirée qui tourne au vinaigre. En plus d’être une metteure en scène chevronnée, Magali Lemèle est une comédienne et auteure prolifique, ayant d’ailleurs été couronnée Artiste de l’année en Outaouais lors de la 22e édition des Culturiades. Découvrez sa vision du 7 mai au 1er juin au Théâtre de l’Île et achetez vos billets maintenant en cliquant ici. 

Le 13 juin 2025 : Hanorah à la Grange de la Gatineau 

Originellement construite comme une grange pionnière en 1819, la Grange de la Gatineau est maintenant un bijou événementiel dans la MRC des Collines-de-l’Outaouais. Située aux abords de la rivière Gatineau sur un terrain pittoresque, elle est très primée en tant que salle de mariage, mais offre également un cadre rustique et enchanteur pour les concerts. Pourquoi ne pas la découvrir lors du spectacle de la chanteuse, compositrice et artiste visuelle Hanorah, qui sera en Outaouais afin de présenter son nouvel EP Closer Than Hell ? Après son premier album Perennial, paru en 2022, elle est de retour avec un projet qui frôle le rock et le shoegaze, sans perdre ses racines soul et R&B. La capacité limitée de la salle contribue au charme de la Grange de la Gatineau, donc ne tardez pas à réserver votre place et achetez vos billets en cliquant ici. 


Bonne aventure culturelle ! Partagez vos expériences en identifiant Tout culture dans vos publications sur les réseaux sociaux. Vous pouvez nous trouver sur Facebook et Instagram. 

Le Pressoir est une infolettre hebdomadaire qui porte un regard sur la scène culturelle à Gatineau-Ottawa et ses environs. 

Par Amine Harmach

Elles sont comédiennes, autrices, musiciennes ou artistes multidisciplinaires. Leur point commun ? Une volonté farouche de raconter le monde, de revendiquer une place bien à elles dans le paysage culturel de l’Outaouais.

Dans une région où les espaces de diffusion restent limités, ces créatrices ne se contentent pas d’exister : elles transforment l’espace artistique par leur engagement, leur résilience et leur audace.

Christine Bellerose incarne parfaitement cette liberté

Christine Bellerose_Séries performance movement écosomatique-recherche Hagitude Créature sensible_Tyuonyi _ Bandelier National Monument New Mexico 2022-2023. Crédit : Sarah West

Artiste de performance explorant la relation entre le corps, la nature et les éléments, elle a fini par s’installer en Outaouais en 2021, après un parcours qui l’a menée à travers les grandes métropoles du monde : Miami, Pékin, Mexico, Vancouver, Londres.

Loin des contraintes du marché et des institutions artistiques traditionnelles, elle trouve dans cette région un espace d’expérimentation inégalé, où le corps et l’environnement dialoguent. « Être hors du centre de diffusion, c’est refuser les stéréotypes. On n’a pas à choisir entre être une jeune femme fragile ou une vieille femme sage. Entre les deux, il y a un monde. Il y a nous. »

Elle découvre aussi un réseau d’artistes indisciplinés, mais solidaires, qui, bien que souvent autofinancés, continuent de créer envers et contre tout.

Cette dynamique, Élaine Juteau la connaît bien.

Naviguant entre théâtre, cinéma, arts visuels, écriture et mise en scène, elle refuse d’être enfermée dans une seule discipline.

« Mon travail est une accumulation de couleurs », dit cette Montréalaise d’origine, qui a étudié à Chicoutimi avant de s’installer en Outaouais en 2016.

Pour elle, le plus grand défi des femmes artistes reste la visibilité : « Nous devons souvent présenter nos productions ailleurs, faute de place ici ».

Elle ajoute : « Il faut creuser pour trouver les femmes artistes d’Outaouais. Mais elles sont là, elles se battent chaque jour pour exister. »

Crédit photo : Patrick Simard

L’opéra a-t-il sa place en Outaouais? Frédérique Drolet en est convaincue.

 Cette chanteuse lyrique native de la région, après une formation classique à Montréal, a fondé Opéra à la carte en 2007. Son objectif : rendre l’opéra et la voix lyrique accessibles à tous. 

Outre son engagement artistique, son parcours l’a menée à faire des études en gestion entrepreneuriale à HEC Montréal, un atout qui lui permet aujourd’hui de pérenniser son activité.

« Il faut sans cesse être en mode promotion, chercher des clients, organiser des spectacles et développer de nouveaux ateliers », explique-t-elle, assurant « qu’être artiste aujourd’hui, c’est aussi savoir gérer une entreprise culturelle. »

Et pour elle, revenir s’installer en Outaouais en 2020 a été un défi, mais aussi une opportunité : « Ici, où peu de choses se font en opéra, il y a un espace stimulant pour innover. » 

crédit photo : Kevin Calixte

Entreprendre et démocratiser l’art

Si la créativité est un moteur pour ces femmes, la colère l’est tout autant.

Corinne en témoigne à travers une simple phrase, gravée sur une plaque du parcours poétique de Gatineau : « La colère libère. Fâche-toi, fille ; tu le mérites. »

Comédienne, dramaturge, artiste aérienne et animatrice, elle s’engage dans des œuvres théâtrales percutantes qui explorent des thématiques difficiles, mais nécessaires. « Parmi mes pièces, plusieurs abordent les violences sexuelles, y compris celles touchant les enfants. C’est un sujet douloureux, mais essentiel à traiter. »

Féministe assumée, elle est également passionnée par les arts aériens — cerceau, poteau, tissus —, qu’elle pratique et enseigne. « C’est un levier d’empowerment puissant et amusant, surtout pour les femmes, qui sont majoritaires dans mon studio. »

Elle observe d’ailleurs une évolution des mentalités, notamment sur la perception de la sexualité féminine. « Le pole dance, par exemple, n’a pas toujours été vu comme un art légitime. Aujourd’hui, il est mieux accepté et les studios fleurissent. Cela témoigne d’une ouverture. »

Labo de la pièce "Os" de Vincent Leblanc-Beaudoin, à Toronto, à l'été 2022.
Crédit photo: Matthieu Taillardas (@mattlxb)

Labo de la pièce « Os » de Vincent Leblanc-Beaudoin, à Toronto, à l’été 2022. Crédit photo : Matthieu Taillardas (@mattlxb

Jessica Léveillée, autrice, partage cet optimisme tout en restant vigilante.

« Nous sommes de plus en plus nombreuses en Outaouais à prendre notre place. Dans notre association (l’Association des auteurs et auteures de l’Outaouais), des femmes écrivent du polar, de la science-fiction, des genres jadis dominés par les hommes. Nous prouvons que tout est possible. »

Sa récente publication, le premier tome de sa trilogie Aimerons-nous toujours le bleu ? interroge l’évolution historique de cette couleur, jadis associée aux femmes avant de devenir un symbole masculin. Ainsi pour elle les préjugés même s’ils restent tenaces doivent être brisés. « Lors du Salon du livre, j’ai souvent entendu que mes romans étaient destinés uniquement aux femmes. C’est une idée préconçue erronée. Nous devons briser ces stéréotypes. », revendique-t-elle.

Inspirantes et inspirées, les artistes femmes façonnent ainsi avec audace la scène culturelle en Outaouais. Elles créent, revendiquent et s’imposent, chacune à sa manière.

Toutes les occasions sont bonnes pour célébrer l’amour, et quoi de mieux que de le faire en découvrant une activité culturelle ? Que vous soyez seul.e, en famille, entre ami.es ou en couple, il y a toujours une belle façon de profiter de ce mois où l’amour est à l’honneur.  

On a rassemblé pour vous nos coups de cœur culturels du mois de février. Théâtre, exposition, cinéma, musique…il y en a pour tous les goûts. Et si vous cherchez encore plus d’idées, passez faire un tour sur notre plateforme Tout culture, vous y trouverez beaucoup d’autres suggestions. 

1- Au cœur d’Aznavour : un hommage à l’icône de la chanson française 

Le 7 et le 8 février 2025, à la Salle Jean-Despréz 

2- 9 ans de Minotaure avec TEKE::TEKE 

Le 8 février 2025, au Minotaure

3- Exposition photographique : Patrimoine délaissé 

Le 8 février 2025, au Musée de l’Auberge Symmes

4- Angélique Francis – Soirée Blues 

Le 14 février 2025, au Carrefour culturel Estacade – Salle Desjardins 

5- Salon du livre de l’Outaouais 

Du 20 au 23 février 2025, au palais des congrès de Gatineau  

6- Ciné Jonction présente BERGERS  de Sophie Deraspe 

Le 22 février 2025, au Musée canadien de l’histoire

Nous espérons que vous trouverez l’inspiration dans nos coups de cœur culturels et que vous passerez un mois de février riche en découvertes.

N’oubliez pas de partager vos moments sur les réseaux sociaux en nous taguant avec #toutculture ! 

En ce début d’année, nous souhaitons inspirer chacun à faire de la culture une priorité dans son quotidien. À travers cet article, nous vous invitons à découvrir comment les résolutions culturelles peuvent enrichir votre vie et soutenir la scène artistique locale. Pour en parler, nous avons rencontré Julie Martineau, directrice générale de Culture Outaouais, qui partage sa vision et ses idées pour s’engager pleinement dans l’écosystème culturel de la région. 

1. Julie, pourquoi la culture devrait-elle figurer parmi les résolutions des citoyen.nes cette année ? 

La culture permet la découverte et offre une autre perspective sur le monde qui nous entoure, tout en étant porteuse de sens. Sans compter les bienfaits sur la santé mentale de participer à une activité culturelle ! 

2. Quels conseils donneriez-vous à celles et ceux et qui souhaitent intégrer davantage de culture dans leur quotidien ?  

Évidemment, le hub culturel Tout culture est un bon endroit pour commencer puisqu’il permet de découvrir une panoplie d’activités ou d’ateliers gratuits ou payants. 

3. Quels sont vos coups de cœur culturels pour cette nouvelle année ? 

La programmation du prochain Salon du livre de l’Outaouais est envoûtante et plus particulièrement la série hors les murs. Aussi, le spectacle « 9 ans de Minotaure avec TEKE :: TEKE » est également sur ma liste ! Et, plus tard dans l’année, j’aimerais bien aller au Festival Trad de Ripon que je n’ai pas encore eu le temps de découvrir !  Sinon, j’ai eu l’occasion d’essayer une ruche d’art au Centre Apollo à Gatineau avec ma fille où elle a fabriqué son propre petit livre. C’est certain qu’on va y retourner au courant de l’année ! 

4. En tant que directrice générale, quelle est votre propre résolution culturelle pour 2025 ?  

Lire davantage, aller voir plus de spectacles de danse et m’organiser de petites escapades un peu partout en Outaouais. 

5. Un dernier mot pour inciter les citoyens et citoyennes à prendre des résolutions culturelles ? 

Osez ! Rentrez dans une galerie près de chez vous, rendez visite à votre libraire ou offrez-vous une sortie entre ami.es ! 

Cet entretien avec Julie nous rappelle l’importance de prendre des résolutions qui favorisent la découverte tout en tissant des liens grâce aux expériences culturelles. En consultant le site web Tout culture, vous trouverez une programmation riche qui vous permettra de vous engager dans une année riche en expériences culturelles.