En cette période de réjouissance, pourquoi ne pas donner un nouveau sens au temps des Fêtes en offrant ou en s’offrant la culture en cadeau?

Offrir la culture, c’est encourager les créateur·trices d’ici, soutenir l’économie locale et témoigner de notre solidarité envers une communauté artistique vibrante et dynamique. Chaque achat, petit ou grand, contribue à faire rayonner la culture ici, chez nous.

À l’heure où les enjeux de santé mentale occupent une place importante au sein de notre société, il est essentiel de rappeler que la culture constitue un précieux remède et un levier de prévention en matière de mieux-être. S’offrir une expérience culturelle, quelle qu’elle soit, c’est vivre des moments d’émotion où le temps est suspendu. Quand nos vies roulent à pleine vitesse, la culture nous procure une accalmie, nous libère du stress quotidien et nous invite à faire une pause en nous laissant envoûter.

Nous vous avons convaincu ou encore fait rêver? Dans ce cas, voici cinq idées 100 % Outaouais pour glisser sous le sapin et faire vibrer les cœurs.

Propulsion scène – Photo : Maude Poulin

1. Des billets pour un spectacle
Humour, théâtre, danse, musique : nos salles — la salle Odyssée, le Théâtre de l’Île, le Minotaure, l’Estacade, Propulsion scène, la Fab sur Mill, Les Productions Deux Vallées et bien d’autres — ont tout pour offrir une soirée inoubliable, sous le signe de la découverte ou de la nostalgie!

Si vous êtes plus du type festivals, certains événements proposent déjà en prévente leurs passeports, parfaits à glisser dans le bas de Noël! Le Salon du livre de l’Outaouais, le Festival d’humour de Gatineau, le FMG, l’Outaouais en fête ou l’Igloofest offrent tous des forfaits avantageux.

2. Un livre d’un auteur ou d’une autrice de l’Outaouais
Rendez-vous chez une librairie indépendante et laissez-vous guider vers les talents littéraires d’ici à travers leur vitrine consacrée aux créateurs et créatrices de la région.

Muraï céramique – Photo : Maude Poulin

3. Une création artisanale locale
Bijoux, céramique, arts visuels, objets décoratifs : un cadeau unique, créé avec soin, qui soutient directement un·e artiste d’ici. Pour trouver le cadeau parfait, visitez quelques boutiques ou ateliers de la région tels que la Galerie Old Chelsea, la Galerie Deux Regart, Laurin atelier galerie (secteur Buckingham), l’atelier de Danou Charette à Cantley, La Shed qui tourne et la boutique la Fouinerie du Centre d’exposition Napoléon-Bourassa à Montebello ou découvrez les artisans du Tour des ateliers Chelsea-Wakefield.

Le Centre d’art populaire du Québec et le Centre d’innovation des Premiers peuples offrent également des boutiques en ligne.

4. Une carte-cadeau culturelle
Offrir une carte-cadeau pour un lieu culturel que l’on aime demeure une option flexible et polyvalente : elle suggère une expérience sans l’imposer, tout en laissant à son détenteur la liberté de choisir ce qui lui plaît et de découvrir la culture locale à son rythme.

Festival de la fibre Twist – Photo : Maude Poulin

5. Une expérience culturelle à vivre ensemble
Atelier, visite guidée, activité immersive… offrir du temps partagé, c’est offrir ce qu’il y a de plus précieux.
Le Centre d’exposition l’Imagier offre une rétrospective des 50 ans du Centre dans l’exposition Au fil de l’imaginaire, à l’affiche jusqu’au 20 février 2026. Après une séance de patinage à la marina d’Aylmer quoi de mieux que de flâner et de rêver dans ce lieu mythique d’Aylmer, de découvrir les fondateurs Yvette et Pierre Debain et de devenir membre pour profiter de rabais dans les commerces locaux? Une belle façon de soutenir l’achat local.

Pour les plus aventureux·ses, Amuzart, et Muraï céramique offrent des ateliers à l’année, tandis que le Festival de la fibre Twist organise une retraite printanière à Montebello pour les amoureux·ses du tricot.

✨Joyeuses fêtes culturelles!✨

Vous aimez vibrer devant une pièce, vous laisser emporter par un roman ou vous perdre dans les textures d’une toile ? En tant qu’amateur·trice de culture, vous êtes bien plus qu’un public passif : vous jouez un rôle actif dans le parcours des artistes, en tant que témoin et parfois moteur. Chaque œuvre choisie, chaque billet acheté, chaque émotion partagée contribue à faire rayonner la création.

Certain·es artistes ont vu leur travail salué par leurs pairs aux Culturiades — un gala qui célèbre le talent artistique et culturel de l’Outaouais. Organisée par Culture Outaouais, cette soirée met en lumière les créateur·trices émergent·es, les professionnel·les et les organismes qui font vibrer la région.

Les Culturiades ne se limitent pas à remettre des prix : elles révèlent des trajectoires, des voix singulières, des démarches à découvrir. Chaque lauréat·e incarne une facette vivante de la création locale, et leur reconnaissance témoigne de l’effervescence artistique qui anime l’Outaouais. En explorant leur travail, vous prolongez ce geste de reconnaissance et contribuez, vous aussi, à faire vivre la culture.

Voici quelques lauréat·es dont le parcours illustre pleinement la portée de cette distinction.

Mathieu Lacombe, ministre de la Culture et des Communications et Julien Morissette
Source : Marie-Andrée Blais

Julien Morissette : Artiste de l’année 2024

Réalisateur, concepteur et musicien originaire de l’Outaouais, Julien Morissette se souvient de l’émotion ressentie lors de la remise de son prix.

« J’ai accueilli ce prix avec beaucoup de surprise et d’étonnement. Recevoir cette distinction en novembre dernier a été une belle reconnaissance de la part du milieu en Outaouais, explique-t-il.

« Dans un secteur culturel qui fait face à des défis de structure, de financement et de couverture médiatique, savoir que mon travail est reconnu par un jury de pairs et par la communauté donne de la crédibilité à ma démarche. » ajoute-t-il

Cette reconnaissance, insiste-t-il, agit comme une « tape dans le dos » et une source de motivation pour continuer à créer.

Morissette est aussi directeur artistique de Transistor Média, la boîte de production balado qu’il a cofondée et qui a reçu la Bourse de résidence de création 2023.

« Cette bourse nous a donné le luxe du temps et un lieu pour créer, à la maison Fairview. Nous avons pu travailler deux semaines sur un projet de création, sans viser un résultat concret immédiat. C’est précieux de pouvoir explorer, remettre en question, creuser des idées, sans être dans une logique stricte de productivité. Ces espaces manquent dans les démarches artistiques. »

S’il touche à la musique, à la réalisation et aux arts numériques, un fil conducteur traverse toute sa démarche : raconter des histoires avec les sons, la parole, la musique, mais avec un cachet bien local.

« Dans mes projets numériques, mes installations, mes créations sonores, je vois la pertinence d’écrire des récits qui se déroulent ici, dans lesquels les gens de la région peuvent se reconnaître, mais aussi qui permettent à d’autres, au Québec ou à l’étranger, de découvrir notre paysage et d’y associer des voix, des récits, des histoires », soutient Julien Morissette.

Nadine Deschamps, coordonnatrice régionale, direction de contenu éditorial et partenariats pour Télé-Québec et Lauranne Faubert
Source : Marie-Andrée Blais

Lauranne Faubert-Guay : Coup de cœur 2024

La danseuse et chorégraphe Lauranne Faubert-Guay a reçu le prix Coup de cœur 2024. Basée à Montpellier, en Outaouais, elle se dit profondément touchée par cette marque de reconnaissance pour son art et sa discipline.

« Ce prix m’a fait chaud au cœur. Il s’agit d’une belle et généreuse marque de reconnaissance de la part d’une institution essentielle dans le milieu culturel en Outaouais. »

Pour elle, cette distinction est aussi un tremplin. « Il est difficile de me prononcer sur les effets directs, mais je présume qu’il a donné plus de visibilité à mes dernières réalisations. Certainement, il favorisera le développement de ma carrière et facilitera mes démarches de rayonnement. »

Engagée dans le milieu de la danse contemporaine comme chercheure, chorégraphe et interprète, elle a fondé en 2020 le studio Devenir(s) corps, un lieu de résidence et de pratique des arts vivants dans la Petite-Nation. Sa mission : développer et démocratiser les arts vivants en milieu rural.

Galerie UQO
Source : Maude Poulin

Marie-Hélène Leblanc : la Galerie UQO consacrée

En 2019, la Galerie UQO a reçu le prix Organisme de l’année, une étape importante dans le parcours de cette galerie universitaire née en 2015. Pour sa directrice et commissaire, Marie-Hélène Leblanc, cette distinction venait souligner un travail collectif.

« En 2018-2019 seulement, trois projets majeurs ont été réalisés – Temporaire, Re : Travailler ensemble et La robe de chair au Musée national. Ces initiatives ont contribué à positionner la Galerie comme un espace incontournable de recherche, d’expérimentations et de diffusion. »

Ce prix a confirmé le rôle unique que peut jouer une galerie universitaire dans une région comme Gatineau-Ottawa, en incitant l’institution à multiplier les collaborations et à mieux s’intégrer à la communauté artistique.

Depuis sa création en 2015, la Galerie UQO s’impose comme un lieu de recherche et de diffusion en arts contemporains où convergent théorie, critique et engagement social par l’innovation artistique et commissariale.

Source : Culture Outaouais

Manon Larin-Picard : Radio-Hull, une idée née de la pandémie

En 2020, le Centre de production DAÏMÔN a été récompensé par le prix Organisme de l’année. Sa directrice générale, Manon Larin-Picard, se souvient du contexte particulier :

« Nous avons été récompensés pour la mise en place du projet Radio-Hull, né en pleine pandémie. Nous voulions offrir des occasions de création et de diffusion qui respectaient les normes sanitaires, tout en demeurant artistiquement pertinentes. »

Ce festival, diffusé sur les ondes FM et en ligne, est aujourd’hui devenu un rendez-vous annuel de 28 jours, 24 heures sur 24. Il continue de rassembler artistes et public, tout en confirmant la pertinence des arts médiatiques et numériques dans la région.

Par ailleurs, cette reconnaissance a renforcé notre rôle dans la communauté. Depuis 2020, le nombre des membres du Centre de production DAÏMÔN qui accueille et soutient divers artistes, est passé de 75 à plus de 200, preuve que les arts médiatiques et numériques sont désormais au cœur des pratiques artistiques de la région. 

Une reconnaissance qui dépasse le symbolique

Au fil des années, le gala Les Culturiades a prouvé qu’il allait bien au-delà de la remise de prix. Il encourage la création, favorise les collaborations et donnent un élan aux artistes comme aux organismes.

Comme le résume Manon Larin-Picard, ce qui est célébré, au-delà des projets eux-même, c’est l’engagement collectif des équipes et des communautés artistiques à maintenir un bouillonnement culturel, même dans les périodes les plus difficiles.

Et si votre prochaine sortie culturelle devenait un hommage à ces créateur·trices ? Explorez leurs univers, laissez-vous surprendre, et devenez, à votre manière, un vecteur de leur rayonnement.

Suivez les récipiendaires sur Tout culture pour ne rien manquer de leur programmation :

Transitor Média

Devenir(s) Corps

Galerie UQO

Centre de production Daïmôn

Aussi, pour découvrir les lauréat·es des six dernières années, rendez-vous sur le site de Culture Outaouais.

Il n’est pas difficile de trouver des activités culturelles à faire cet automne en Outaouais. Le vrai défi, c’est de choisir ! Heureusement, notre équipe a parcouru l’abondante offre de sorties culturelles en Outaouais grâce au calendrier Tout culture. Nous vous proposons donc ici 6 idées de sorties pour tous les goûts et tous les âges. Au menu: un cabaret littéraire dans le secteur du Vieux-Hull, une saison d’humour portée par la Maison de la culture, une immersion cinématographique dans les coulisses de la musique populaire des années 60, 70 et 80, trois concerts dans un lieu champêtre accueillant, et une programmation musicale variée au cœur du centre-ville. Sortez vos agendas et prenez des notes : voici 6 idées de sorties pour profiter pleinement de l’automne culturel en Outaouais !

Un cabaret littéraire qui ébranle les certitudes 

À l’Espace René-Provost, la Maison des arts littéraires de Gatineau présente Sororités noires du nouveau millénaire , une expérience littéraire aussi intime que percutante. Ce cabaret met en scène des duos d’autrices noires de différentes générations qui, par le biais de lettres échangées, explorent le thème de la sororité dans toute sa complexité. À travers ces dialogues sensibles et engagés, le spectacle soulève des questions cruciales sur la place des écrivaines afro-québécoises dans le paysage culturel, les solidarités possibles face aux injustices, et le pouvoir des mots pour résister à la misogynie et au racisme. Une proposition artistique audacieuse, profondément humaine, qui résonne avec les enjeux contemporains et invite à la réflexion collective.

Documentaires au cœur de l’histoire

Au Musée canadien de l’histoire, les Soirées CINÉ+ : musique Rétro vous proposent une immersion cinématographique dans les coulisses de la musique populaire des années 60, 70 et 80. En complément de l’exposition Rétro – La musique populaire au Canada, cette série de films documentaires révèle comment les artistes de l’époque ont influencé la société, bousculé les normes et marqué durablement la culture canadienne. À travers des récits poignants et des images d’archives vibrantes, ces projections offrent une perspective nouvelle sur trois décennies de créativité musicale. Une sortie idéale pour les mélomanes nostalgiques ou les curieux en quête de découvertes culturelles.

Des spectacles intimes dans une grange à Cantley

À seulement 20 minutes de Gatineau, aux abords de la Rivière Gatineau, se trouve La Grange de la Gatineau, un lieu de rassemblement intime installé dans une grange pionnière centenaire. Le cadre parfait pour découvrir ou redécouvrir des talents musicaux d’ici et d’ailleurs, surtout à l’automne ! Cette saison, l’équipe propose un concert jazz et soul avec l’icône canadienne Kellylee Evans, une soirée à sonorités latines avec Rachelle Behrens, et la venue d’une des « voix les plus belles et les plus captivantes de la scène Americana » Lynne Hanson.

Exposition L’âme de la ville/Nouveaux regards de Sophie Roy au Centre d’exposition Napoléon-Bourassa

Situé à l’intérieur du Centre d’action culturelle de la MRC de Papineau (CACP), au cœur de Montebello, le Centre d’exposition Napoléon-Bourassa propose une programmation annuelle aussi diversifiée que divertissante, incluant les métiers d’arts, la photographie, la peinture, et beaucoup d’autres disciplines. Cet automne, l’œuvre de Sophie Roy est mise en lumière à travers deux séries de portraits mêlant photographie, archives et art numérique. La collection L’âme de la ville explore les tensions entre l’enracinement et la mobilité, tandis que sa série Nouveaux regards présente des paysages inédits, où réalité et imaginaire se confondent.

Le CACP est aussi l’équipe derrière le Symposium d’art in situ, une biennale où des artistes créent des œuvres sculpturales et des installations en direct. L’événement de cette année, se tenant au cœur du village de Ripon, est maintenant terminé, mais on peut faire une escale à la Place du marché de la Petite-Nation afin de voir le résultat du travail des huit artistes invité·es de cette année, incluant l’artiste conceptuelle Samuelle Desjardins, le métallurgiste Mustapha Chadid et le sculpteur Denis Marceau.

Un automne en humour grâce à la Maison de la Culture de Gatineau

Bien que la salle la plus récompensée du Québec propose des spectacles de tout genre, son offre en humour reste une des pierres angulaires de sa programmation. Et cet automne, la Salle Odyssée propose plusieurs voix féminines de la scène humoristique québécoise. Mégan Brouillard revient avec Chiendent, un spectacle à l’humour vif et bien ancré dans son époque. Ève Côté propose son premier solo, porté par son style imagé et son ton gaspésien distinctif. Katherine Levac, quant à elle, retrouve le public avec une nouvelle proposition scénique. Parcourez la programmation de la Maison de la culture pour repérer d’autres spectacles d’humour présentés à la Salle Odyssée et à l’auditorium Nicolas-Gatineau. 

De la musique pour tous les goûts au Minotaure

Des plus grandes vedettes de la scène musicale québécoise aux talents émergents locaux, le Minotaure propose des soirées pour tous les goûts. Si vous aimez la musique rock, vous trouverez sûrement votre compte le 19 octobre prochain avec Didier Wampas Psycho Attack. Vous êtes plutôt du genre rap ? Le rappeur québécois Lost vous fera vibrer le 22 novembre. Vous aimez faire une différence pendant que vous vous divertissez ? Pépé et sa guitare sera en visite le 6 décembre pour une levée de fonds aux profits de Moisson Outaouais. Bref, toutes les raisons sont bonnes pour visiter le Minotaure, mais sa programmation musicale demeure la meilleure ! 


Vous avez maintenant de quoi enrichir vos journées et soirées d’automne en Outaouais. Pour découvrir encore plus d’idées et obtenir tous les détails, visitez toutculture.ca et suivez-nous sur Facebook et Instagram. Chaque lundi, nous y publions des suggestions pour vous aider à planifier vos sorties de la semaine. 

La cloche vient de sonner. Autour de moi, les chuchotements s’étirent jusqu’au cadre de porte tandis que les élèves s’éclipsent un à un.
Enfin… presque toutes et tous.
Une petite fille s’attarde à son bureau. Sa main commence à froisser la feuille sur laquelle elle a écrit ses contes réinventés, notre sujet du jour.
Elle me demande :
— Qu’est-ce qu’on fait avec ça? On le met au recyclage?
Un « NON! » théâtral sort de ma bouche. Juste assez fort et dramatique pour qu’elle relève les yeux.
— Surtout pas! Elles sont précieuses, tes idées. Prends-en bien soin, que j’ajoute, avec beaucoup de sérieux.
Son geste s’interrompt, sa feuille en équilibre entre deux destins : poubelle ou trésor.
Notre conversation se poursuit encore un peu et ce n’est qu’au moment où elle retourne ranger sa feuille dans son pupitre que je sais que la magie a opéré.
Ses doigts lissent le papier, sa colonne se redresse. Dans ce silence qui nous enveloppe, je vois bien plus qu’une feuille de papier qui se défroisse.
Je vois une petite fille qui vient de découvrir la valeur de ses idées.

Qui suis-je ?

Cette rencontre illustre parfaitement pourquoi j’ai choisi ce métier. Je me présente : je suis Stéphanie, autrice pour la jeunesse et ancienne enseignante.
Aujourd’hui, je consacre une grande partie de mon temps pour aller à la rencontre des enfants dans les écoles afin de leur faire découvrir le pouvoir des histoires. Celles qu’on lit, celles qu’on écrit, et surtout, celles qu’on partage.

Offrir la permission de créer

À travers mes expériences d’animation, j’ai compris que la plus grande contribution d’une autrice est la suivante :
Offrir la permission aux enfants de se voir comme des créatrices et des créateurs d’histoires, d’idées, de solutions, de rêves. Pas dans un futur lointain. Mais dès maintenant, dès aujourd’hui. Ce message a du poids quand il vient d’une personne qui a fait le pari de croire en ses idées.
Pensez-y : avant de publier un livre, une autrice ou un auteur doit développer ses concepts pendant des heures sans savoir où ils vont la mener, essuyer les (nombreux) refus d’éditeur·trices, continuer d’écrire malgré le doute qui la ronge. Personnellement, quand je dis à un enfant « tes idées ont de la valeur », je connais le courage que cela nécessite de leur faire confiance… vraiment!

Créer, c’est aussi persévérer

Quand un·e élève commence à se voir comme créateur·rice, quelque chose change.
Une confiance nouvelle s’installe, comme en témoigne cette phrase envoyée par une enseignante après l’une de mes visites :
Les élèves se sont sentis compétents. Je pense que ça va leur donner confiance en eux lors de prochaines situations d’écriture.
Et cette confiance devient vite un terreau fertile pour la persévérance. Car quand on croit que ses idées sont précieuses, on y porte attention. On accepte de les travailler. De les reprendre. De les pousser plus loin.
C’est exactement que ce la recherche confirme : ces rencontres démystifient le processus d’écriture. Elles montrent qu’écrire, c’est reprendre et améliorer son texte, encore et encore. Comme le font les écrivain·nes.

Le programme Culture à l’école : cette expérience est à portée de main : au Québec, le programme Culture à l’école rend ces rencontres possibles en couvrant la quasi-totalité des frais.
Les centaines de personnes qui figurent dans ce répertoire, notamment des artistes de l’Outaouais comme Andrée Poulin, Katia Canciani, Éric Péladeau, Paul Roux, rivalisent de créativité pour offrir des ateliers amusants et éducatifs.
Mais chacun·e d’entre nous venons porter le même message aux enfants, celui-là même que j’ai partagé avec cette fillette qui s’apprêtait à jeter ses idées au recyclage : tes histoires ont de la valeur, ta vision du monde mérite d’être entendue. À toi maintenant de les chérir, de les polir, de les partager fièrement. En cette nouvelle année, laissez-nous joindre notre voix à la vôtre.


À propos de l’autrice : Stéphanie Boyer est l’autrice de quinze livres pour la jeunesse, traduits en cinq langues ainsi que lauréate ou finaliste de plusieurs prix littéraires. Lorsqu’elle n’invente pas des histoires, Stéphanie les fait circuler comme conseillère pédagogique, chargée de cours et animatrice dans les écoles. Elle accompagne chaque année des centaines d’enseignant·es et rejoint des milliers d’élèves en classe guidée par cette conviction : l’imagination est une forme d’intelligence précieuse qui mérite d’être cultivée. 

Crédit photo : Jonathan Lorange


Jusqu’au 3 octobre, le Sentier culturel invite à redécouvrir Gatineau à travers une trentaine d’œuvres disséminées dans l’espace public.

Des artistes de l’Outaouais investissent l’espace public. Chacun·e son histoire, chacun·e sa touche. Mais tous·tes participent à faire de la ville une véritable galerie d’art à ciel ouvert. Dans ce décor, le public redécouvre sa ville au fil des œuvres, et s’approprie tout un territoire insoupçonné.

C’est d’ailleurs l’objectif de l’initiative Sentier culturel qu’accueille la ville de Gatineau jusqu’au 3 octobre. 24 installations et 16 fresques hautes en couleur sont à découvrir. Parmi les artistes de la partie, Alex Davro participe pour la deuxième fois à cet événement.

Alex Davro présentant sa fresque intitulée Rez-de-jardin. Crédit Photo : Gracieuseté

Après une installation utilisant la réalité augmentée (édition 2024), elle revient au sentier avec une fresque intitulée Rez-de-jardin. Située dans le Vieux-Hull, exactement au 135 rue Eddy, la murale vise « à enjoliver le quartier et à apporter de la couleur au quotidien des gens » , explique l’artiste.

Après avoir présenté une première phase de sa fresque, elle ajoute cet été une deuxième phase sur le même bâtiment qui couvrira le deuxième étage et un mur du stationnement. Pour ce faire, Alex, qui a troqué depuis 2022 sa carrière dans la coopération internationale pour les pinceaux, s’est initiée cette année aux techniques de la peinture en nacelle.

Loin du sentier, une autre réalisation illustre l’engagement de l’artiste au sein de la communauté. Sollicitée par la Ligue des voisins du Manoir des Trembles pour créer une illustration de chandail, elle a rapidement élargi le projet à une murale au centre communautaire des Trembles.

« Le slogan, c’était Ici, on est aux petits oiseaux ! parce que les rues du quartier portent des noms d’oiseaux », sourit-elle.

Une déambulation artistique plurielle

Au fil du Sentier culturel, d’autres artistes transforment les rues de Gatineau en terrain d’expression. Jean-François Lacombe signe Gatineau Bizarro, une sculpture qui présente une version de la figure d’Aphrodite, « mais actualisée avec un hoodie et un écran CRT en lieu de tête ». « L’œuvre convie à voir les nuances de la ville : les terrains vagues et espaces interstices, les constructions vernaculaires et populaires qui racontent un pan de notre relation au territoire », explique Jean-François Lacombe qui propose un regard poétique sur ce qui échappe à la planification urbaine. Une ode aux marges, où la nature reprend ses droits et où l’imaginaire s’épanouit.

Dans un tout autre registre, M. Chadid attire les regards avec deux œuvres singulières. L’Ours et la clarté, installée devant le musée canadien de l’histoire, cette sculpture monumentale de métal aux arêtes géométriques s’illumine au passage du soleil grâce à ses insertions de plexiglas coloré. Bleu azur, vert émeraude, rose nacré… autant de nuances translucides qui projettent au sol des reflets mouvants. L’œuvre invite à la contemplation, fusionnant force brute et délicatesse lumineuse.

Sa deuxième installation, Havre de paix, imagine un monde où proies et prédateurs se retrouvent autour d’une source d’eau, dans une cohabitation pacifique. Une métaphore douce sur la tolérance et le vivre-ensemble.

Une mémoire déplacée au cœur du Vieux-Hull

Témoignage d’un projet de colonisation interrompu, l’installation Vieille école, signée Lieven Meyer représente une ancienne école de rang, originaire d’Abitibi, qui a été relocalisée et réinterprétée dans le parc Vaudreuil. Déformée, renversée, tournée vers l’extérieur, elle évoque l’histoire rurale effacée, le déplacement, mais aussi la mutation des récits collectifs.

Pour découvrir ces créations et plus d’une trentaine d’autres qui revendiquent un espace à l’art dans la ville, des visites guidées gratuites sont proposées tous les samedis, du 1er juin au 7 septembre.

Le départ se fait à 10 h devant la Maison du tourisme (101, rue Laurier), pour une balade d’environ une heure et demie, qui se conclut dans la ruelle Aubry — un lieu parfait pour casser la croûte et poursuivre la discussion.

Il n’est pas difficile de trouver des activités culturelles à faire l’été en Outaouais, mais le défi est de faire une sélection ! Heureusement, notre équipe a défriché l’abondante offre de sorties culturelles en Outaouais grâce au calendrier Tout culture, et vous présente ici 6 idées d’activités estivales pour tous les goûts et tous les âges ! On vous présente une série théâtrale en nature, un centre culturel dans un lieu pittoresque, un festival ancré en milieu rural et un autre qui vous fera monter au ciel, et deux séries d’événements modernes dans des lieux patrimoniaux. Sortez vos agendas et prenez des notes : voici 6 idées de sorties culturelles en Outaouais pour profiter de l’été au maximum ! 

Une nouvelle édition de Molière dans le Parc 

Crédit photo : Sylvain Sabatié Photographie  

Une de nos traditions estivales préférées, le Fâcheux Théâtre est de retour avec une nouvelle édition de Molière dans le Parc. Du 16 au 26 juillet au Parc Fontaine dans le secteur Hull, la compagnie de théâtre, qui a récolté le prix Organisme de l’année lors du Gala Les Culturiades 2024, nous propose une réinterprétation de L’École des femmes, un des grands succès de Molière. Adaptée en prose par Sylvain Sabatié, la pièce nous raconte l’histoire d’Arnolphe et de sa pupille Agnès, qu’il tient dans l’ignorance et la soumission afin de la marier. À vous de découvrir l’interprétation qu’en fera l’équipe du Fâcheux Théâtre, qui a le don d’adapter les classiques de Molière de manière à adresser nos enjeux sociaux modernes.   

Programmation estivale au Presbytère de Blue Sea 

Un des secrets les mieux gardés dans la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau, le Presbytère de Blue Sea est une ruche d’activités culturelles et communautaires. Nouveauté cette année : le Café culture Le Blisse, qui propose des ateliers créatifs, une ruche d’art, et des soirées de jam musical. La galerie du Presbytère accueillera plusieurs expositions cet été, incluant celle de Béla Simó, sculpteur notable de Val-des-Monts, qui sera accompagné par la harpiste Lucile Hildesheim pour le vernissage qui aura lieu le 19 juillet. Le 23 août on vous invite à la Presby’Fête, un après-midi festif placé sous le signe de la découverte, du partage et de la créativité.  

L’édition 2025 du FMG 

Le Festival de montgolfières de Gatineau (FMG) fête bientôt ses 40 ans et l’événement a beaucoup évolué au fil des années, devenant un des plus grands événements estivaux en Outaouais. Quoique les montgolfières sont toujours de la partie, c’est la programmation culturelle qui prime aujourd’hui. Du 27 au 31 août, le parc de la Baie à Gatineau sera l’hôte d’innombrables prestations artistiques, incluant de la musique, de l’humour, de la danse, des artistes drags, et même de la magie ! À la programmation on trouve notamment plusieurs artistes locaux, incluant la musicienne Mia Kelly, le magicien Daniel Coutu et le groupe Maple Whiskey. Du plaisir garanti pour toute la famille ! 

Une saison de concerts à Propulsion scène 

Crédit photo : Propulsion scène

Depuis 2012, Propulsions scène vise à rendre accessible la culture dans le secteur du Vieux-Gatineau. Nichée à l’intérieur d’une ancienne grange au cœur de la place Notre-Dame, la salle de spectacle intime accueille plusieurs événements culturels pendant les mois plus cléments. Cette saison vous y trouverez notamment un hommage à Plume Latraverse avec Daniel Morissette, un cabaret avec l’auteur-compositeur-interprète Wassim, le retour du guitariste renommé Van Hoan et une soirée avec la musicienne folk franco-ontarienne Geneviève RB. Si vous ne connaissez pas encore cet endroit charmant et accueillant, voici l’occasion de le découvrir ! 

Les beaux dimanches au Musée de l’Auberge Symmes 

Situé dans le secteur patrimonial du Vieux-Aylmer, le Musée de l’Auberge Symmes est un bijou architectural et historique. En plus de ses expositions permanentes, le musée propose également une programmation variée pour tous les âges. Sa série musicale Les beaux dimanches propose des concerts gratuits de musique classique et jazz dans les jardins de l’Auberge. Vous pouvez même rehausser l’expérience en réservant une table pour prendre le thé pendant le concert à coût très raisonnable. Les concerts seront suivis d’une visite guidée gratuite du musée avec l’historien Roger Blanchette. Profitez de votre visite pour faire l’expérience Vol à l’Aquatic Club, la nouvelle thématique de la chambre d’évasion du musée.  

Festival Petite Nation en fête à Thurso 

Le centre-ville de Thurso sera l’hôte d’une grande scène extérieure du 14 au 16 août pour accueillir le festival de musique Petite Nation en fête. Incluant des activités pour toute la famille, des camions de rue pour combler vos fringales, et une programmation musicale entièrement québécoise, le festival Petite Nation en fête est un rendez-vous estival à ne pas manquer ! Vous y trouverez notamment un hommage aux Colocs et un hommage aux Cowboys Fringants, en plus de prestations d’artistes tels que l’auteure-compositrice Sara Dufour, le chanteur country originaire de Maniwaki Matt Lang, et la rockeuse légendaire Marjo.

Avec des centaines d’activités culturelles sur l’ensemble du territoire, vous ne manquerez pas d’inspiration pour planifier vos vacances estivales en Outaouais. Vous en cherchez plus ? Découvrez d’autres événements et ateliers créatifs en consultant le calendrier d’activités ou abonnez-vous à notre infolettre ! 

Par Amine Harmach

La transmission est tout un art pour Stéphanie Tenasco, artiste qui représente fièrement la Première Nation Kitigan Zibi Anishinabeg de l’Outaouais et s’efforce de perpétuer leurs traditions.

Originaire de la communauté de Kitigan Zibi, où elle est née et a grandi, elle figure aujourd’hui parmi les divers·ses acteur·trice culturel·les partenaires du Centre d’innovation des Premiers Peuples.

Enfant, Stéphanie découvre l’art de créer toutes sortes d’œuvres, notamment en travaillant le cuir et en s’initiant au perlage pour confectionner des bijoux, des mocassins, des régalia et des mitaines, entre autres.

Tout a commencé à l’âge de huit ans, lorsqu’elle participe à un petit atelier de quelques jours. « Ma mère m’a envoyée au centre culturel local, où quelques femmes aînées nous enseignaient à fabriquer des mocassins, des mitaines et à faire du perlage », raconte-t-elle. Depuis, elle n’a jamais arrêté, continuant à perfectionner son savoir-faire.

Portée par l’héritage transmis de génération en génération, elle met tout son cœur et son âme dans chacune de ses créations, de la petite à la plus grande : des petits bijoux en forme de fraise, un symbole qui marque le temps de sa naissance en juin, au mur végétal qu’elle a signé, installé à l’Université d’Ottawa et qui fait six étages totalisant 23 mètres de hauteur.

« Je n’aurais jamais imaginé qu’en 1988, je serais encore ici en 2025, toujours aussi passionnée, et transmettant ce que j’ai appris enfant de ces femmes », confie cette passeuse qui affirme ne pas se considérer comme une artiste.

Créer pour exister

Pour Stéphanie Tenasco, également chanteuse et danseuse, chaque création autochtone, tout comme le travail communautaire, joue un rôle crucial dans la visibilité des Premières Nations « Nous faisons partie de l’histoire, nous existons toujours. Et nous sommes fiers de notre identité. »

Active dans sa communauté, elle s’investit aussi dans la revitalisation de la langue algonquine, s’inscrivant dans la Décennie des langues autochtones proclamée par les Nations Unies (2022-2032).

Elle documente, préserve et développe des outils pour « apprendre, entendre et voir cette langue essentielle », dit-elle.Et son travail est une affaire de famille : elle collabore étroitement avec sa mère, enseignante retraitée de langue algonquine, qui a contribué à plusieurs projets de traduction pour Ottawa, Gatineau, ainsi que d’autres organisations au Québec et en Ontario.Ensemble, elles créent des supports pédagogiques destinés aux écoles et aux organismes communautaires.

Pour rendre l’apprentissage de l’algonquin plus dynamique et attrayant, Stéphanie a lancé plusieurs initiatives numériques.« Algonquin Language Learning » est l’une de ses chaînes YouTube où sont regroupés environ 130 courtes vidéos pour apprendre des mots et phrases simples en algonquin.

On cite aussi « Kinew and Zabet », une autre chaîne mettant en scène deux marionnettes qui, en algonquin et en anglais, participent à des activités saisonnières comme la pêche, la raquette ou l’entaillage des érables. « Je voulais rendre l’apprentissage attrayant et dynamique », explique celle qui participe également à diverses expositions et initiatives artistiques.

Dans la même veine, elle a également participé à la création d’une application mobile d’apprentissage de la langue algonquine, lancée en décembre 2023.

Sauvegarder la mémoire collective

Interrogée sur les défis auxquels font face les artistes et leaders communautaires autochtones, Stéphanie évoque une urgence. « Malheureusement, des personnes s’éteignent et emportent avec elles des traditions », déplore-t-elle. Son espoir est de transmettre le plus possible, pour garder vivant l’héritage de sa culture. « Même si je touche seulement un ou deux jeunes, c’est suffisant pour continuer », affirme-t-elle.

Stéphanie se souvient avec tendresse de ces ateliers où sa mère l’avait envoyée, contre son gré : « Je n’en voyais pas l’intérêt à l’époque. Mais aujourd’hui, je suis profondément reconnaissante. Quand je fais du perlage ou de la couture, je n’ai que des pensées positives. C’est un acte de guérison. »

Au-delà de l’artisanat, ses ateliers, organisés dans la communauté ou à Ottawa, sont devenus de véritables moments de partage. « C’est un moment de rire, de solidarité. Pour moi, c’est aussi une forme de médecine. »

À l’image de Stéphanie Tenasco, des figures engagées et actives dans leur communauté trouvent au Centre d’innovation des Premiers Peuples un accompagnement précieux pour découvrir leur plein potentiel et s’épanouir, tant sur le plan personnel que professionnel.


Un texte à deux voix de Wassim Aboutanos et Julie Moffatt

Quand la nature devient souffle

La nature inspire. Elle calme, recentre et ouvre un espace propice à l’expression, loin du tumulte du quotidien. Dans ce retour au vivant, plusieurs artistes trouvent le fil conducteur de leur démarche. Mais la nature ne se contente pas d’inspirer. Elle devient aussi matériau. Bois, pierre, argile, eau — des éléments vivants, bruts, qui réagissent et invitent à la collaboration plutôt qu’à la domination

Danou Charrette, artiste ébéniste, décrit son lieu de travail comme « un atelier vivant, où le geste entre en conversation avec l’arbre pour créer des pièces uniques et durables, chargées de mémoire et d’intention. » Ce lien naturel devient le point de départ d’une œuvre enracinée, prête à donner chaleur et vie aux maisons qui l’accueilleront.

L’artiste textile Solange Bellemare, résidente de L’Ange-Gardien, explore quant à elle la nature à même ses fibres. Autodidacte passionnée de couture et de techniques mixtes, elle s’est tournée vers la teinture et l’impression végétales pour créer des œuvres murales sensibles et uniques. Elle capte la mémoire du végétal et révèle, dans chaque pièce, les traces du vivant. Son travail témoigne d’un échange délicat entre substance organique, intuition artistique et lenteur assumée.

L’art qui s’ancre, l’art qui ralentit

Créer avec et dans la nature, c’est aussi une prise de position. Affirmer que le territoire n’est pas un simple lieu, mais un être vivant avec lequel composer.

Le Sentier des arts, porté par Traces Arts Visuels en collaboration avec la Municipalité de L’Ange-Gardien, incarne parfaitement cette démarche : un parcours où l’art s’installe dans le paysage, le révèle, le magnifie. Chaque œuvre est une invitation à s’arrêter, à ressentir, à se reconnecter. (Clin d’œil à Wassim ici, qui y a participé l’automne dernier.)

D’autres initiatives comme celles du campus Éco Echo s’inscrivent dans cette même volonté de cohabitation entre création et territoire. Ici, l’art devient levier de transition, un pont entre conscience et vivant.

L’art qui émerge de cette relation avec la nature ne cherche pas à éblouir. Il préfère ralentir, laisser place à l’émotion, au doute, à l’intime. Il nous ramène à l’essentiel, à ce qui résonne, et crée du lien à hauteur humaine.

Et si vous alliez y goûter par vous-mêmes? Une visite à la Galerie Old Chelsea, nichée au cœur du village, est une belle façon de vivre cette relation entre art et paysage. De là, pourquoi ne pas vous laisser tenter par une visite dans le Parc de la Gatineau? Prenez le temps d’y marcher sans but. De sentir la terre sous vos pieds, d’observer la lumière jouer dans les branches, de toucher l’écorce, d’écouter le vent. Laissez la nature devenir, elle aussi, votre complice. Parfois, un pas dehors suffit pour rallumer les étoiles.


À propos des auteur·es

Écrire à deux a été un élan naturel. Tous deux amoureux fous de culture, on partage la conviction que l’art a ce pouvoir unique de transformer les regards, d’enrichir une communauté et de retisser les liens entre humains. On rêve de voir les gens de l’Outaouais s’approprier leur culture, la vivre pleinement, la célébrer collectivement. Et, franchement, on a tous besoin de s’émerveiller et de s’ancrer dans du vrai, ces temps-ci. L’une de nous fait rayonner la créativité sous toutes ses formes. L’autre crée, ancré dans la scène, la musique et la collaboration. Deux approches, une même racine : la culture, quand elle est vivante et accessible, peut transformer notre coin de pays. Wassim a fait son arrivée sur la scène artistique comme auteur-compositeur-interprète il y a deux ans. Julie, elle, tisse des ponts entre idées, créateurs et publics, toujours avec ce désir profond de créer un impact collectif.

L’équipe du Pressoir est de retour avec une sélection des événements culturels incontournables de l’Outaouais pour le printemps 2025. À l’agenda : un festival mettant en vedette la création radiophonique, une célébration culturelle dans la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau, une exposition revendicatrice porteuse d’espoir, un classique théâtral québécois revisité, et un concert rock-soul dans une ancienne grange pionnière. Voici les événements culturels incontournables de l’Outaouais du printemps : 

Du 24 au 26 avril : L’édition 2025 du Festival Transistor 

Maintenant à sa 9e édition, le Festival Transistor continue de faire de l’Outaouais un épicentre de la création sonore au Canada. On lance le bal le jeudi 24 avril à la salle Odyssée avec en primeur le nouveau spectacle La disparition de Coyote Comeau, une création signée Julien Morissette et Louis-Philippe Roy tirée de l’univers du balado Hantées. La journée du vendredi est dédiée au volet professionnel, incluant des panels, conférences et entretiens avec de grands joueurs de l’industrie de la baladodiffusion au Centre culturel du Vieux-Aylmer, où le festival se poursuivra. En soirée, on lancera une nouvelle série balado documentaire de Transistor Média et Télé-Québec, suivi d’un enregistrement de Québec Nostalgie avec Catherine Forget, et terminant avec une soirée DJ. Samedi sera bondé de premières, enregistrements en direct de séries populaires, expériences sonores immersives, et des invités surprises. Découvrez l’ensemble de la programmation en cliquant ici

Du 28 avril au 3 mai 2025 : Festival Val-Gatinois à Lac-Sainte-Marie 

La MRC de la Vallée-de-la-Gatineau célèbrera l’arrivée du printemps grâce au Festival Val-Gatinois ! Le festival présentera quatre jours de spectacles jeunesse dans son volet scolaire, incluant de la magie, de la danse, du théâtre et de la musique. Ensuite, du 1er au 3 mai, l’église Saint-Nom-de-Marie sera l’hôte d’une série de trois concerts : une soirée country avec Guylaine Tanguay, une soirée blues avec Dawn Tyler Watson et Rebecca Noelle, et on termine avec une soirée soul avec King Melrose. Vous pouvez acheter vos billets à la carte ou bien économiser en achetant un « billet avantage » comprenant tous les spectacles en cliquant ici

Jusqu’au 25 mai : FemmExpo 2025 au Centre d’exposition Napoléon-Bourassa 

Chaque année depuis 2009, le Centre d’action culturelle de la MRC de Papineau célèbre à sa façon la Journée internationale des droits des femmes au-delà du 8 mars. Bien plus qu’une simple exposition, FemmExpo est un rassemblement de femmes créatives qui nous présentent des « plaidoyers poétiques et visuels » à travers leurs pratiques respectives. Cette année, ce sont 22 œuvres de femmes artistes qui sont présentées jusqu’au 25 mai au Centre d’exposition Napoléon-Bourassa, à l’intérieur du Centre d’action culturelle de la MRC de Papineau, qui vient tout juste de célébrer la prolongation de son bail à l’Hôtel de Ville de Montebello. De plus, les groupes scolaires et communautaires sont invités à communiquer avec l’équipe afin d’organiser des visites guidées ou des activités de médiation. Découvrez les artistes à l’honneur en cliquant ici

Du 7 mai au 1er juin : Les voisins au Théâtre de l’Île 

Depuis plus de 40 ans, Les voisins de Louis Saïa et Claude Meunier continue à confronter et divertir le public québécois à travers ses multiples représentations sur scène ainsi que grâce au film de Micheline Guertin, paru en 1987. Maintenant, c’est au tour de Magali Lemèle de nous offrir sa version de cette histoire de voisins banlieusards, joués par des citoyen·nes-acteur·trices, qui se réunissent pour une soirée qui tourne au vinaigre. En plus d’être une metteure en scène chevronnée, Magali Lemèle est une comédienne et auteure prolifique, ayant d’ailleurs été couronnée Artiste de l’année en Outaouais lors de la 22e édition des Culturiades. Découvrez sa vision du 7 mai au 1er juin au Théâtre de l’Île et achetez vos billets maintenant en cliquant ici

Le 13 juin 2025 : Hanorah à la Grange de la Gatineau 

Originellement construite comme une grange pionnière en 1819, la Grange de la Gatineau est maintenant un bijou événementiel dans la MRC des Collines-de-l’Outaouais. Située aux abords de la rivière Gatineau sur un terrain pittoresque, elle est très primée en tant que salle de mariage, mais offre également un cadre rustique et enchanteur pour les concerts. Pourquoi ne pas la découvrir lors du spectacle de la chanteuse, compositrice et artiste visuelle Hanorah, qui sera en Outaouais afin de présenter son nouvel EP Closer Than Hell ? Après son premier album Perennial, paru en 2022, elle est de retour avec un projet qui frôle le rock et le shoegaze, sans perdre ses racines soul et R&B. La capacité limitée de la salle contribue au charme de la Grange de la Gatineau, donc ne tardez pas à réserver votre place et achetez vos billets en cliquant ici


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Le Pressoir est une infolettre hebdomadaire qui porte un regard sur la scène culturelle à Gatineau-Ottawa et ses environs. 

Par Amine Harmach

Elles sont comédiennes, autrices, musiciennes ou artistes multidisciplinaires. Leur point commun ? Une volonté farouche de raconter le monde, de revendiquer une place bien à elles dans le paysage culturel de l’Outaouais.

Dans une région où les espaces de diffusion restent limités, ces créatrices ne se contentent pas d’exister : elles transforment l’espace artistique par leur engagement, leur résilience et leur audace.

Christine Bellerose incarne parfaitement cette liberté

Christine Bellerose_Séries performance movement écosomatique-recherche Hagitude Créature sensible_Tyuonyi _ Bandelier National Monument New Mexico 2022-2023. Crédit : Sarah West

Artiste de performance explorant la relation entre le corps, la nature et les éléments, elle a fini par s’installer en Outaouais en 2021, après un parcours qui l’a menée à travers les grandes métropoles du monde : Miami, Pékin, Mexico, Vancouver, Londres.

Loin des contraintes du marché et des institutions artistiques traditionnelles, elle trouve dans cette région un espace d’expérimentation inégalé, où le corps et l’environnement dialoguent. « Être hors du centre de diffusion, c’est refuser les stéréotypes. On n’a pas à choisir entre être une jeune femme fragile ou une vieille femme sage. Entre les deux, il y a un monde. Il y a nous. »

Elle découvre aussi un réseau d’artistes indisciplinés, mais solidaires, qui, bien que souvent autofinancés, continuent de créer envers et contre tout.

Cette dynamique, Élaine Juteau la connaît bien.

Naviguant entre théâtre, cinéma, arts visuels, écriture et mise en scène, elle refuse d’être enfermée dans une seule discipline.

« Mon travail est une accumulation de couleurs », dit cette Montréalaise d’origine, qui a étudié à Chicoutimi avant de s’installer en Outaouais en 2016.

Pour elle, le plus grand défi des femmes artistes reste la visibilité : « Nous devons souvent présenter nos productions ailleurs, faute de place ici ».

Elle ajoute : « Il faut creuser pour trouver les femmes artistes d’Outaouais. Mais elles sont là, elles se battent chaque jour pour exister. »

Crédit photo : Patrick Simard

L’opéra a-t-il sa place en Outaouais? Frédérique Drolet en est convaincue.

 Cette chanteuse lyrique native de la région, après une formation classique à Montréal, a fondé Opéra à la carte en 2007. Son objectif : rendre l’opéra et la voix lyrique accessibles à tous. 

Outre son engagement artistique, son parcours l’a menée à faire des études en gestion entrepreneuriale à HEC Montréal, un atout qui lui permet aujourd’hui de pérenniser son activité.

« Il faut sans cesse être en mode promotion, chercher des clients, organiser des spectacles et développer de nouveaux ateliers », explique-t-elle, assurant « qu’être artiste aujourd’hui, c’est aussi savoir gérer une entreprise culturelle. »

Et pour elle, revenir s’installer en Outaouais en 2020 a été un défi, mais aussi une opportunité : « Ici, où peu de choses se font en opéra, il y a un espace stimulant pour innover. » 

crédit photo : Kevin Calixte

Entreprendre et démocratiser l’art

Si la créativité est un moteur pour ces femmes, la colère l’est tout autant.

Corinne en témoigne à travers une simple phrase, gravée sur une plaque du parcours poétique de Gatineau : « La colère libère. Fâche-toi, fille ; tu le mérites. »

Comédienne, dramaturge, artiste aérienne et animatrice, elle s’engage dans des œuvres théâtrales percutantes qui explorent des thématiques difficiles, mais nécessaires. « Parmi mes pièces, plusieurs abordent les violences sexuelles, y compris celles touchant les enfants. C’est un sujet douloureux, mais essentiel à traiter. »

Féministe assumée, elle est également passionnée par les arts aériens — cerceau, poteau, tissus —, qu’elle pratique et enseigne. « C’est un levier d’empowerment puissant et amusant, surtout pour les femmes, qui sont majoritaires dans mon studio. »

Elle observe d’ailleurs une évolution des mentalités, notamment sur la perception de la sexualité féminine. « Le pole dance, par exemple, n’a pas toujours été vu comme un art légitime. Aujourd’hui, il est mieux accepté et les studios fleurissent. Cela témoigne d’une ouverture. »

Labo de la pièce "Os" de Vincent Leblanc-Beaudoin, à Toronto, à l'été 2022.
Crédit photo: Matthieu Taillardas (@mattlxb)

Labo de la pièce « Os » de Vincent Leblanc-Beaudoin, à Toronto, à l’été 2022. Crédit photo : Matthieu Taillardas (@mattlxb

Jessica Léveillée, autrice, partage cet optimisme tout en restant vigilante.

« Nous sommes de plus en plus nombreuses en Outaouais à prendre notre place. Dans notre association (l’Association des auteurs et auteures de l’Outaouais), des femmes écrivent du polar, de la science-fiction, des genres jadis dominés par les hommes. Nous prouvons que tout est possible. »

Sa récente publication, le premier tome de sa trilogie Aimerons-nous toujours le bleu ? interroge l’évolution historique de cette couleur, jadis associée aux femmes avant de devenir un symbole masculin. Ainsi pour elle les préjugés même s’ils restent tenaces doivent être brisés. « Lors du Salon du livre, j’ai souvent entendu que mes romans étaient destinés uniquement aux femmes. C’est une idée préconçue erronée. Nous devons briser ces stéréotypes. », revendique-t-elle.

Inspirantes et inspirées, les artistes femmes façonnent ainsi avec audace la scène culturelle en Outaouais. Elles créent, revendiquent et s’imposent, chacune à sa manière.

Toutes les occasions sont bonnes pour célébrer l’amour, et quoi de mieux que de le faire en découvrant une activité culturelle ? Que vous soyez seul.e, en famille, entre ami.es ou en couple, il y a toujours une belle façon de profiter de ce mois où l’amour est à l’honneur.  

On a rassemblé pour vous nos coups de cœur culturels du mois de février. Théâtre, exposition, cinéma, musique…il y en a pour tous les goûts. Et si vous cherchez encore plus d’idées, passez faire un tour sur notre plateforme Tout culture, vous y trouverez beaucoup d’autres suggestions. 

1- Au cœur d’Aznavour : un hommage à l’icône de la chanson française 

Le 7 et le 8 février 2025, à la Salle Jean-Despréz 

2- 9 ans de Minotaure avec TEKE::TEKE 

Le 8 février 2025, au Minotaure

3- Exposition photographique : Patrimoine délaissé 

Le 8 février 2025, au Musée de l’Auberge Symmes

4- Angélique Francis – Soirée Blues 

Le 14 février 2025, au Carrefour culturel Estacade – Salle Desjardins 

5- Salon du livre de l’Outaouais 

Du 20 au 23 février 2025, au palais des congrès de Gatineau  

6- Ciné Jonction présente BERGERS  de Sophie Deraspe 

Le 22 février 2025, au Musée canadien de l’histoire

Nous espérons que vous trouverez l’inspiration dans nos coups de cœur culturels et que vous passerez un mois de février riche en découvertes.

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En ce début d’année, nous souhaitons inspirer chacun à faire de la culture une priorité dans son quotidien. À travers cet article, nous vous invitons à découvrir comment les résolutions culturelles peuvent enrichir votre vie et soutenir la scène artistique locale. Pour en parler, nous avons rencontré Julie Martineau, directrice générale de Culture Outaouais, qui partage sa vision et ses idées pour s’engager pleinement dans l’écosystème culturel de la région. 

1. Julie, pourquoi la culture devrait-elle figurer parmi les résolutions des citoyen.nes cette année? 

La culture permet la découverte et offre une autre perspective sur le monde qui nous entoure, tout en étant porteuse de sens. Sans compter les bienfaits sur la santé mentale de participer à une activité culturelle ! 

2. Quels conseils donneriez-vous à celles et ceux et qui souhaitent intégrer davantage de culture dans leur quotidien 

Évidemment, le hub culturel Tout culture est un bon endroit pour commencer puisqu’il permet de découvrir une panoplie d’activités ou d’ateliers gratuits ou payants. 

3. Quels sont vos coups de cœur culturels pour cette nouvelle année? 

La programmation du prochain Salon du livre de l’Outaouais est envoûtante et plus particulièrement la série hors les murs. Aussi, le spectacle « 9 ans de Minotaure avec TEKE :: TEKE » est également sur ma liste ! Et, plus tard dans l’année, j’aimerais bien aller au Festival Trad de Ripon que je n’ai pas encore eu le temps de découvrir !  Sinon, j’ai eu l’occasion d’essayer une ruche d’art au Centre Apollo à Gatineau avec ma fille où elle a fabriqué son propre petit livre. C’est certain qu’on va y retourner au courant de l’année ! 

4. En tant que directrice générale, quelle est votre propre résolution culturelle pour 2025 

Lire davantage, aller voir plus de spectacles de danse et m’organiser de petites escapades un peu partout en Outaouais. 

5. Un dernier mot pour inciter les citoyens et citoyennes à prendre des résolutions culturelles? 

Osez ! Rentrez dans une galerie près de chez vous, rendez visite à votre libraire ou offrez-vous une sortie entre ami.es ! 

Cet entretien avec Julie nous rappelle l’importance de prendre des résolutions qui favorisent la découverte tout en tissant des liens grâce aux expériences culturelles. En consultant le site web Tout culture, vous trouverez une programmation riche qui vous permettra de vous engager dans une année riche en expériences culturelles.