Dear Universe / Cher Univers. Maura Doyle

    mercredi 22 juin 2022
    12 h à 17 h
    du 22 juin au 6 août
    AXENÉO7
    80, Rue Hanson
    Gatineau J8Y 3M5
    Carte du lieu

    Exposition

    22 juin — 6 août 2022 

     

    AXENÉO7 vous convie à l'ouverture de l'exposition de Maura Doyle, en présence de l'artiste.

    Une soirée festive sera organisée le 6 juillet 2022, à l'occasion de l'ouverture d'été et de la Programmation estivale d'art public d'AXENÉO7. 

     

    Entrée libre

    Bar payant

    Stationnement gratuit 

     

    Dear Universe / Cher Univers 

     

    Dès le départ, Doyle a résisté à l'espace de la galerie et a plutôt développé des œuvres d'art qui fonctionnent en dehors de leur contexte. Elle s'est concentrée sur l'observation et la documentation d'animaux sauvages dans leur habitat naturel, près de sa maison familiale dans la campagne ontarienne, par le biais d'une correspondance élaborée — comme le projet de catalogue de vente par correspondance qu'elle a mené pendant dix ans avec son amie et collaboratrice Annie Dunning — et en proposant des actions hilarantes comme le largage par hélicoptère de 10 000 sacs de chips vides à travers le toit rétractable du SkyDome de Toronto. Dans chaque cas, c'est le procédé de travail de Doyle, plutôt que la forme finale de l'objet, qui est le véritable lieu de l'œuvre. Alors que ces procédés impliquent souvent un engagement ludique et obstiné dans une démarche – comme par exemple lorsque l'artiste a transporté une bûche rongée par un castor à travers le canal de Panama – ils s'appuyaient également sur des instruments « légitimes » de sollicitation et de recherche, tels que des campagnes épistolaires et des études de terrain pseudo-scientifiques. La logique structurée de ces activités, ainsi que leurs modes d'engagement, invite les communautés de spectateurs de Doyle à un réexamen espiègle du contexte, du travail, et de la valeur.

    Dans la pratique de Doyle, la forme matérielle a toujours suivi l'enquête conceptuelle en cours. Elle a commencé à expérimenter l'argile après être devenue mère, parce qu'il s'agissait d'un travail qu'elle pouvait faire à la main dans sa cuisine tout en s'occupant de son petit garçon. (Cela a également constitué un autre repoussoir subtil contre les présupposés sur la manière et l'échelle à laquelle une pratique artistique engagée de manière critique est soutenue.) En tant qu'objets presque aussi vieux que l'humanité elle-même, et déjà anthropomorphisés — nous disons que les récipients d'argile ont un cou, un ventre et des pieds — les pots ont offert à Doyle un véhicule pour explorer l'idée de soi. Avec leurs intérieurs souvent complexes et inconnaissables, les pots peuvent être abordés comme des conteneurs d'expériences vécues et, comme dans la pratique de l'écriture de Doyle, ils sont devenus des portails pour l'exploration spirituelle de l'artiste sur la relation entre nos mondes intérieurs et extérieurs. Mais comme dans son travail antérieur fondé sur l'activité, la céramique de Doyle résiste à l'uniformité et au polissage. Formées à la main et imparfaites, les surfaces de ses pots ne sont pas émaillées (et sont donc invendables en tant que récipients utilitaires), mais noircies et marquées par la fumée de sa technique de cuisson au feu de bois.

    En mettant l'accent sur ce qui est insignifiant et facilement négligé, en faisant passer le personnel pour le céleste et en monumentalisant le bas de gamme, Doyle remet en question la façon dont nous hiérarchisons et justifions ce qui est important pour nous-mêmes et pour les autres. Elle s'en prend à la grandiloquence patriarcale et à l'excès du capitalisme tardif (tout doit être supersized !), mais propose en même temps une méditation sérieuse sur la brièveté de l'existence humaine dans l'immensité du temps cosmique. Ce faisant, Doyle confirme que nous posons de grandes questions aussi bien que de petites, reconnaissant que les deux font partie de ce qui nous rend humains.

    — Kimberly Phillips

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