Il n’est pas difficile de trouver des activités culturelles à faire cet automne en Outaouais. Le vrai défi, c’est de choisir ! Heureusement, notre équipe a parcouru l’abondante offre de sorties culturelles en Outaouais grâce au calendrier Tout culture. Nous vous proposons donc ici 6 idées de sorties pour tous les goûts et tous les âges. Au menu: un cabaret littéraire dans le secteur du Vieux-Hull, une saison d’humour portée par la Maison de la culture, une immersion cinématographique dans les coulisses de la musique populaire des années 60, 70 et 80, trois concerts dans un lieu champêtre accueillant, et une programmation musicale variée au cœur du centre-ville. Sortez vos agendas et prenez des notes : voici 6 idées de sorties pour profiter pleinement de l’automne culturel en Outaouais !

Un cabaret littéraire qui ébranle les certitudes 

À l’Espace René-Provost, la Maison des arts littéraires de Gatineau présente Sororités noires du nouveau millénaire , une expérience littéraire aussi intime que percutante. Ce cabaret met en scène des duos d’autrices noires de différentes générations qui, par le biais de lettres échangées, explorent le thème de la sororité dans toute sa complexité. À travers ces dialogues sensibles et engagés, le spectacle soulève des questions cruciales sur la place des écrivaines afro-québécoises dans le paysage culturel, les solidarités possibles face aux injustices, et le pouvoir des mots pour résister à la misogynie et au racisme. Une proposition artistique audacieuse, profondément humaine, qui résonne avec les enjeux contemporains et invite à la réflexion collective.

Documentaires au cœur de l’histoire

Au Musée canadien de l’histoire, les Soirées CINÉ+ : musique Rétro vous proposent une immersion cinématographique dans les coulisses de la musique populaire des années 60, 70 et 80. En complément de l’exposition Rétro – La musique populaire au Canada, cette série de films documentaires révèle comment les artistes de l’époque ont influencé la société, bousculé les normes et marqué durablement la culture canadienne. À travers des récits poignants et des images d’archives vibrantes, ces projections offrent une perspective nouvelle sur trois décennies de créativité musicale. Une sortie idéale pour les mélomanes nostalgiques ou les curieux en quête de découvertes culturelles.

Des spectacles intimes dans une grange à Cantley

À seulement 20 minutes de Gatineau, aux abords de la Rivière Gatineau, se trouve La Grange de la Gatineau, un lieu de rassemblement intime installé dans une grange pionnière centenaire. Le cadre parfait pour découvrir ou redécouvrir des talents musicaux d’ici et d’ailleurs, surtout à l’automne ! Cette saison, l’équipe propose un concert jazz et soul avec l’icône canadienne Kellylee Evans, une soirée à sonorités latines avec Rachelle Behrens, et la venue d’une des « voix les plus belles et les plus captivantes de la scène Americana » Lynne Hanson.

Exposition L’âme de la ville/Nouveaux regards de Sophie Roy au Centre d’exposition Napoléon-Bourassa

Situé à l’intérieur du Centre d’action culturelle de la MRC de Papineau (CACP), au cœur de Montebello, le Centre d’exposition Napoléon-Bourassa propose une programmation annuelle aussi diversifiée que divertissante, incluant les métiers d’arts, la photographie, la peinture, et beaucoup d’autres disciplines. Cet automne, l’œuvre de Sophie Roy est mise en lumière à travers deux séries de portraits mêlant photographie, archives et art numérique. La collection L’âme de la ville explore les tensions entre l’enracinement et la mobilité, tandis que sa série Nouveaux regards présente des paysages inédits, où réalité et imaginaire se confondent.

Le CACP est aussi l’équipe derrière le Symposium d’art in situ, une biennale où des artistes créent des œuvres sculpturales et des installations en direct. L’événement de cette année, se tenant au cœur du village de Ripon, est maintenant terminé, mais on peut faire une escale à la Place du marché de la Petite-Nation afin de voir le résultat du travail des huit artistes invité·es de cette année, incluant l’artiste conceptuelle Samuelle Desjardins, le métallurgiste Mustapha Chadid et le sculpteur Denis Marceau.

Un automne en humour grâce à la Maison de la Culture de Gatineau

Bien que la salle la plus récompensée du Québec propose des spectacles de tout genre, son offre en humour reste une des pierres angulaires de sa programmation. Et cet automne, la Salle Odyssée propose plusieurs voix féminines de la scène humoristique québécoise. Mégan Brouillard revient avec Chiendent, un spectacle à l’humour vif et bien ancré dans son époque. Ève Côté propose son premier solo, porté par son style imagé et son ton gaspésien distinctif. Katherine Levac, quant à elle, retrouve le public avec une nouvelle proposition scénique. Parcourez la programmation de la Maison de la culture pour repérer d’autres spectacles d’humour présentés à la Salle Odyssée et à l’auditorium Nicolas-Gatineau. 

De la musique pour tous les goûts au Minotaure

Des plus grandes vedettes de la scène musicale québécoise aux talents émergents locaux, le Minotaure propose des soirées pour tous les goûts. Si vous aimez la musique rock, vous trouverez sûrement votre compte le 19 octobre prochain avec Didier Wampas Psycho Attack. Vous êtes plutôt du genre rap ? Le rappeur québécois Lost vous fera vibrer le 22 novembre. Vous aimez faire une différence pendant que vous vous divertissez ? Pépé et sa guitare sera en visite le 6 décembre pour une levée de fonds aux profits de Moisson Outaouais. Bref, toutes les raisons sont bonnes pour visiter le Minotaure, mais sa programmation musicale demeure la meilleure ! 


Vous avez maintenant de quoi enrichir vos journées et soirées d’automne en Outaouais. Pour découvrir encore plus d’idées et obtenir tous les détails, visitez toutculture.ca et suivez-nous sur Facebook et Instagram. Chaque lundi, nous y publions des suggestions pour vous aider à planifier vos sorties de la semaine. 

La cloche vient de sonner. Autour de moi, les chuchotements s’étirent jusqu’au cadre de porte tandis que les élèves s’éclipsent un à un.
Enfin… presque toutes et tous.
Une petite fille s’attarde à son bureau. Sa main commence à froisser la feuille sur laquelle elle a écrit ses contes réinventés, notre sujet du jour.
Elle me demande :
— Qu’est-ce qu’on fait avec ça? On le met au recyclage?
Un « NON! » théâtral sort de ma bouche. Juste assez fort et dramatique pour qu’elle relève les yeux.
— Surtout pas! Elles sont précieuses, tes idées. Prends-en bien soin, que j’ajoute, avec beaucoup de sérieux.
Son geste s’interrompt, sa feuille en équilibre entre deux destins : poubelle ou trésor.
Notre conversation se poursuit encore un peu et ce n’est qu’au moment où elle retourne ranger sa feuille dans son pupitre que je sais que la magie a opéré.
Ses doigts lissent le papier, sa colonne se redresse. Dans ce silence qui nous enveloppe, je vois bien plus qu’une feuille de papier qui se défroisse.
Je vois une petite fille qui vient de découvrir la valeur de ses idées.

Qui suis-je ?

Cette rencontre illustre parfaitement pourquoi j’ai choisi ce métier. Je me présente : je suis Stéphanie, autrice pour la jeunesse et ancienne enseignante.
Aujourd’hui, je consacre une grande partie de mon temps pour aller à la rencontre des enfants dans les écoles afin de leur faire découvrir le pouvoir des histoires. Celles qu’on lit, celles qu’on écrit, et surtout, celles qu’on partage.

Offrir la permission de créer

À travers mes expériences d’animation, j’ai compris que la plus grande contribution d’une autrice est la suivante :
Offrir la permission aux enfants de se voir comme des créatrices et des créateurs d’histoires, d’idées, de solutions, de rêves. Pas dans un futur lointain. Mais dès maintenant, dès aujourd’hui. Ce message a du poids quand il vient d’une personne qui a fait le pari de croire en ses idées.
Pensez-y : avant de publier un livre, une autrice ou un auteur doit développer ses concepts pendant des heures sans savoir où ils vont la mener, essuyer les (nombreux) refus d’éditeur·trices, continuer d’écrire malgré le doute qui la ronge. Personnellement, quand je dis à un enfant « tes idées ont de la valeur », je connais le courage que cela nécessite de leur faire confiance… vraiment!

Créer, c’est aussi persévérer

Quand un·e élève commence à se voir comme créateur·rice, quelque chose change.
Une confiance nouvelle s’installe, comme en témoigne cette phrase envoyée par une enseignante après l’une de mes visites :
Les élèves se sont sentis compétents. Je pense que ça va leur donner confiance en eux lors de prochaines situations d’écriture.
Et cette confiance devient vite un terreau fertile pour la persévérance. Car quand on croit que ses idées sont précieuses, on y porte attention. On accepte de les travailler. De les reprendre. De les pousser plus loin.
C’est exactement que ce la recherche confirme : ces rencontres démystifient le processus d’écriture. Elles montrent qu’écrire, c’est reprendre et améliorer son texte, encore et encore. Comme le font les écrivain·nes.

Le programme Culture à l’école : cette expérience est à portée de main : au Québec, le programme Culture à l’école rend ces rencontres possibles en couvrant la quasi-totalité des frais.
Les centaines de personnes qui figurent dans ce répertoire, notamment des artistes de l’Outaouais comme Andrée Poulin, Katia Canciani, Éric Péladeau, Paul Roux, rivalisent de créativité pour offrir des ateliers amusants et éducatifs.
Mais chacun·e d’entre nous venons porter le même message aux enfants, celui-là même que j’ai partagé avec cette fillette qui s’apprêtait à jeter ses idées au recyclage : tes histoires ont de la valeur, ta vision du monde mérite d’être entendue. À toi maintenant de les chérir, de les polir, de les partager fièrement. En cette nouvelle année, laissez-nous joindre notre voix à la vôtre.


À propos de l’autrice : Stéphanie Boyer est l’autrice de quinze livres pour la jeunesse, traduits en cinq langues ainsi que lauréate ou finaliste de plusieurs prix littéraires. Lorsqu’elle n’invente pas des histoires, Stéphanie les fait circuler comme conseillère pédagogique, chargée de cours et animatrice dans les écoles. Elle accompagne chaque année des centaines d’enseignant·es et rejoint des milliers d’élèves en classe guidée par cette conviction : l’imagination est une forme d’intelligence précieuse qui mérite d’être cultivée. 

Crédit photo : Jonathan Lorange


Jusqu’au 3 octobre, le Sentier culturel invite à redécouvrir Gatineau à travers une trentaine d’œuvres disséminées dans l’espace public.

Des artistes de l’Outaouais investissent l’espace public. Chacun·e son histoire, chacun·e sa touche. Mais tous·tes participent à faire de la ville une véritable galerie d’art à ciel ouvert. Dans ce décor, le public redécouvre sa ville au fil des œuvres, et s’approprie tout un territoire insoupçonné.

C’est d’ailleurs l’objectif de l’initiative Sentier culturel qu’accueille la ville de Gatineau jusqu’au 3 octobre. 24 installations et 16 fresques hautes en couleur sont à découvrir. Parmi les artistes de la partie, Alex Davro participe pour la deuxième fois à cet événement.

Alex Davro présentant sa fresque intitulée Rez-de-jardin. Crédit Photo : Gracieuseté

Après une installation utilisant la réalité augmentée (édition 2024), elle revient au sentier avec une fresque intitulée Rez-de-jardin. Située dans le Vieux-Hull, exactement au 135 rue Eddy, la murale vise « à enjoliver le quartier et à apporter de la couleur au quotidien des gens » , explique l’artiste.

Après avoir présenté une première phase de sa fresque, elle ajoute cet été une deuxième phase sur le même bâtiment qui couvrira le deuxième étage et un mur du stationnement. Pour ce faire, Alex, qui a troqué depuis 2022 sa carrière dans la coopération internationale pour les pinceaux, s’est initiée cette année aux techniques de la peinture en nacelle.

Loin du sentier, une autre réalisation illustre l’engagement de l’artiste au sein de la communauté. Sollicitée par la Ligue des voisins du Manoir des Trembles pour créer une illustration de chandail, elle a rapidement élargi le projet à une murale au centre communautaire des Trembles.

« Le slogan, c’était Ici, on est aux petits oiseaux ! parce que les rues du quartier portent des noms d’oiseaux », sourit-elle.

Une déambulation artistique plurielle

Au fil du Sentier culturel, d’autres artistes transforment les rues de Gatineau en terrain d’expression. Jean-François Lacombe signe Gatineau Bizarro, une sculpture qui présente une version de la figure d’Aphrodite, « mais actualisée avec un hoodie et un écran CRT en lieu de tête ». « L’œuvre convie à voir les nuances de la ville : les terrains vagues et espaces interstices, les constructions vernaculaires et populaires qui racontent un pan de notre relation au territoire », explique Jean-François Lacombe qui propose un regard poétique sur ce qui échappe à la planification urbaine. Une ode aux marges, où la nature reprend ses droits et où l’imaginaire s’épanouit.

Dans un tout autre registre, M. Chadid attire les regards avec deux œuvres singulières. L’Ours et la clarté, installée devant le musée canadien de l’histoire, cette sculpture monumentale de métal aux arêtes géométriques s’illumine au passage du soleil grâce à ses insertions de plexiglas coloré. Bleu azur, vert émeraude, rose nacré… autant de nuances translucides qui projettent au sol des reflets mouvants. L’œuvre invite à la contemplation, fusionnant force brute et délicatesse lumineuse.

Sa deuxième installation, Havre de paix, imagine un monde où proies et prédateurs se retrouvent autour d’une source d’eau, dans une cohabitation pacifique. Une métaphore douce sur la tolérance et le vivre-ensemble.

Une mémoire déplacée au cœur du Vieux-Hull

Témoignage d’un projet de colonisation interrompu, l’installation Vieille école, signée Lieven Meyer représente une ancienne école de rang, originaire d’Abitibi, qui a été relocalisée et réinterprétée dans le parc Vaudreuil. Déformée, renversée, tournée vers l’extérieur, elle évoque l’histoire rurale effacée, le déplacement, mais aussi la mutation des récits collectifs.

Pour découvrir ces créations et plus d’une trentaine d’autres qui revendiquent un espace à l’art dans la ville, des visites guidées gratuites sont proposées tous les samedis, du 1er juin au 7 septembre.

Le départ se fait à 10 h devant la Maison du tourisme (101, rue Laurier), pour une balade d’environ une heure et demie, qui se conclut dans la ruelle Aubry — un lieu parfait pour casser la croûte et poursuivre la discussion.